ACTION SUR L’INTESTIN
vessie; souvent l’incontinence n’est qu’apparente, en ce sens qu’elle résulte simplement de la distension de l’organe; il y a alors miction par regorgement; l’obstacle opposé normalement par le sphincter à l’écoulement du liquide a été mécaniquement forcé, et le liquide accumulé s’écoule passivement jusqu’à ce que la diminution de la pression excentrique, dans la cavité vésicale, permette au muscle de revenir sur lui-même et de reprendre son rôle de constricteur; il n’y a pas dans ce cas là paralysie du sphincter vésical. Cette question se présentera de nouveau lorsque j’étudierai la sémiotique des paraplégies, car le médecin doit distinguer entre ces deux états différents.
Action sur l’intestin. — Les considérations qui précèdent me permettent de passer rapidement sur le rôle de la moelle dans les mouvements intestinaux et dans les mouvements plus complexes qui opèrent l’expulsion des. matières fécales. La question, jusque dans ses moindres particularités, est identique à celle qui vient de m’occuper; et, si la solution anatomique n’est pas encore donnée, l’analogie physiologique la fait pressentir, et dicte la conclusion.
L’excitation de la moelle dorsale pratiquée par Müller et Longet, mais surtout l’excitation du centre génito-spinal de Budge (1) provoque des contractions dans l’intestin grêle et dans le gros intestin; donc, la moelle exerce une influence motrice directe sur ces organes , et une lésion qui intéressera dans une épaisseur suffisante le segment correspondant de l’axe spinal, amènera la para-
(1) Müller, Longet, Budge, loc. cit.
PHYSIOLOGIE DE LA. MOELLE
lysie de la tunique musculaire de l’intestin, et l’anesthésie de la muqueuse, double condition, qui se traduira chez les paraplégiques, surtout au début, par une constipation opiniâtre ; ces fibres motrices, complètement soustraites à l’action de la volonté, naissent dans la moelle et sont distribuées par les rameaux émanés du cordon sympa* thique.
Mais les sphincters de l’anus soumis à l’acte volontaire, sont animés par des fibres spinales qui leur arrivent directement par les nerfs sacrés ; aussi ne sont-ils pas toujours paralysés en même temps que les muscles intestinaux proprement dits, et à ce point de vue, la constipation des paraplégiques est complètement analogue à la rétention d’urine, dont je m’occupais il n’y a qu’un instant. 11 se peut faire, d’ailleurs, que les fibres motrices des sphincters soient elles-mêmes atteintes, alors on verra succéder à la constipation des évacuations involontaires, phénomène de même ordre que l’incontinence dans le cas précédent.
On le voit donc : double influence de la moelle, indépendance fonctionnelle des deux groupes de muscles antagonistes, isolement possible du trouble pathologique dans chacun des deux systèmes moteurs; toutes les conditions sont identiques, et l’action de la moelle sur les intestins et sur la défécation, soit à l’état sain, soit à l’état morbide, est exactement la même que celle qu’elle exerce sur la vessie et sur la miction.
Action sur Tutérus. ■ — L’action propre de la moelle sur les contractions de l’utérus, est nettement démontrée par l’accomplissement régulier de l’acte de la parturition pendant le sommeil anesthésique; une ancienne observa-