ACTION SUR LE CŒUR
lion de Chaussier (1), suffisait d’ailleurs pour l’établir; il s’agit, en effet, dans ce cas, d’une femme devenue paraplégique au septième mois de sa grossesse, et chez laquelle l’accouchement eut lieu à terme, et avec si peu de douleurs « que la femme ne s’en aperçut que par la déplétion de l’abdomen et les cris de l’enfant ». Nous avons vu déjà que les travaux de Budge et de Ptlüger ont établi la localisation de cette influence, dans le centre génitospinal (2).
Actions sur le cœur. — Je ne discuterai pas longuement l’action exercée par la moelle sur le cœur, et conséquemment sur le pouls ; et cela pour deux raisons. Cette question est beaucoup plus éloignée de mon sujet que celles qui m’ont précédemment occupé ; elle peut avoir un intérêt réel pour l’histoire de la myélite, (déjà Ollivier avait signalé les désordres de l’organe central de la circulation dans le cours de certaines myélites cervicales ou dorsales), mais elle ne présente pas d’application directe à l’étude du phénomène paraplégie. D’un autre côté, jusqu’aux travaux de Ed. Weber et de Budge, l’action suspensive du nerf vague sur le cœur est restée inconnue, de sorte que les vivisections qui ont été faites avant cette époque, n’ont point la valeur qui leur a été attribuée; les changements constatés par les anciens observateurs dans l’action du cœur, après la destruction ou l’excitation de certaines parties de la moelle, ne sont pas une preuve . suffisante d’uri rapport fonctionnel immédiat entre le
(1) Chaussier, Procès-verbal de la distribution des prix faite aux élèves sages-femmes de la Maternité. Paris, 1807.
(2) Voyez Frankenhauser , Die Dewegungsnervcn der Gebiirmuüer [Jenaisclie 7pitsch. für Medicin und Nalurw., 1864).
PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
cœur et Y axe spinal, car ces modifications, surtout lorsqu’elles consistaient en un ralentissement des battements pouvaient bien tenir à l’excitation simultanée des origines du pneumo-gastrique.
Il faut donc nécessairement s’en tenir sur ce point aux recherches plus récentes. Or, les expériences de Weber (I) ont montré que l’excitation de la moelle épinière accélère les battements du cœur, comme l’excitation du nerf sympathique lui-même, ce qui ne peut nous surprendre, puisque ce cordon nerveux a ses racines dans l’axe spinal ; Longet suivant une autre méthode, a vu la destruction complète déjà moelle chez un chien décapité, amener un affaiblissement sensible dans les contractions cardiaques, qu’il comparait à celles d’un autre chien également mutilé, dont la moelle était intacte. Mais, en revanche, Criconia (2) a constaté après la destruction de la moelle épinière un accroissement dans les battements, aussi bien qu’après la destruction de la moelle allongée. Il faut noter, du reste, que l’expérimentation au moyen des mutilations directes du centre nerveux, n’a donné sur ce sujet que des résultats absolument contradictoires; la raison en est simple et Yolkmann (3) l’avait signalée;
(1) Weber, art. Muskelbewegung , in Wagner’s Handworlerbuch der Physiologie . Braunschweig, 1846.
Longet, loc. cit.
Comparez :
Heidenhain, Disquisüio de nervis cordis. Berolini, 1854.
Budge, Die Abhangigkeit der Herzbewegung vom Rückenmarke und Gehxrne (Med. VierteljoMr. von Poser und Wunderlich, 1846).
(2) Criconia , Dell ’ influenza delV asse cerebro-spinale sui movimenli del cuore delle rane ( Giornale Venelo delle scienze mediche , 1863).
(3) Volktnann, Beilrag zur nüheren Kenntniss der motorischcn Ncrvenwirkungen (Muller’ s Archiv , 1845),