‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 51 sur 123 · ACTION SUR LA SÉCRÉTION URINAIRE · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA SÉCRÉTION URINAIRE

Smith (1) a fait justice d’une objection capitale, qui avait été opposée à cette manière de voir. On avait dit, et la chose est certainement vraie pour un grand nombre de cas, que l’alcalinité de l’urine n’est point le fait de la lésion de la moelle, mais qu’elle résulte simplement du séjour trop prolongé et de la stagnation du liquide dans la vessie paralysée. Or, Smith a pris soin dans des cas semblables de faire des injections d’eau tiède dans la vessie, jusqu’à ce que le liquide sortant n’eût plus aucune réaction; puis vingt à trente minutes plus tard, il a évacué par le cathétérisme l’urine produite, et il l’a trouvée de nouveau alcaline,

Ces expériences ont paru concluantes, et la plupart des auteurs en ont inféré que burine arrive alcaline dans son réservoir, et que, par conséquent, elle est sécrétée alcaline par les glandes rénales. Cette conclusion n’est point justifiée par les prémisses; de ce que l’urine arrive alcaline dans la vessie, il ne s’ensuit pas le moins du monde qu’elle soit produite ainsi par les reins, et il peut très-bien se faire qu’elle perde son acidité normale, ou dans le bassinet ou dans les uretères. On sait d’ailleurs que Longet (2), chez des chiens, dont il avait détruit la moelle dorsale, a constaté dans l’urine une réaction acide; enfin, si l’opinion récemment professée par Traube (3),

(1) Smith, Medical Gazette. London, 1832.

Comparez :

Ségalas, Des lésions traumatiques de la moelle de l'épine , considérées sous le rapport de leur influence sur les fonctions des organes génitourinaires ( Mém . de l’Acad. de méd. Paris, 1844).

(2) Longet, loc. cit.

(3) Traube, Ueber die alkalinische Gührung des Harns ( Berliner klinische Wochenschrift , 1864.

PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

touchant la fermentation alcaline du liquide urinaire, se vérifie dans tous les cas, il faudra bien renoncer à attribuer à la moelle une influence quelconque sur cette altération ; elle résulte, en effet, d’après le professeur de Berlin, de la présence accidentelle de vibrions dans la vessie.

Ainsi le fait clinique reste, savoir l’alcalinité possible de l’urine chez les individus atteints de lésions graves de la moelle épinière, mais le fait physiologique, c’est-à-dire l’influence de la moelle sur cette altération, est de plus en plus problématique. Remarquons enfin, que même en regardant l’action de la moelle sur la réaction de l’urine comme réelle et positive, on ne doit pas s’attendre à voir cette action cesser dans tous les cas de lésion spinale ; il s’agit ici d’une action directe, et si une cause quelconque interrompt les voies de la transmission cérébrale, le segment inférieur de la moelle n’en remplira pas moins ses fonctions propres, tant qu’il possédera lui-même sa constitution normale.

Il résulte de quelques expériences de Schiff (1), que l’urine contient de l’albumine, et surtout de la glycose, après la destruction de la moelle dorsale, d’où l’on peut conclure, sans témérité, que l’intégrité de l’innervation spinale est une des conditions nécessaires de la fonction uropoïélique normale.

L’expérimentation n’a pas prononcé, touchant l’influence exercée par la moelle sur la sécrétion spermati-

(1) Schiff, Unlersuchungen Übcr die Zuclcerbildung in der Leber und den Einfluss des Nervensystems auf die Erzeugung des Diabètes. — Ce mémoire, couronné en 1857, par l’Académie royale des sciences de Copenhague, a élé imprimé à part en 1859. — Würzburg, 1859.

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