NERFS VASO-MOTEURS
phénomènes sont donc reliés entre eux par une subordination constante, la dilatation des petites artères est le premier anneau de la chaîne.
En même temps, Budge et Waller découvraient le centre cilio-spinal de la moelle, ils constataient que Y hémisection de ce centre a sur les pupilles, sur les vaisseaux de la conjonctive et sur ceux de l’oreille, les mêmes effets que la section du sympathique cervical, d’où cette conséquence irrécusable, que cette partie de l’axe spinal contient les filets vaso-moteurs et oculo-pupillaires qui se rendent dans le tronc du sympathique au cou ; ce centre cilio-spinal s’étend de la cinquième vertèbre cervicale à la sixième dorsale (1). La découverte de cette influence toute spéciale de la moelle fut une première atteinte portée à la théorie de l’indépendance du système vasomoteur ; mais d’ailleurs, Schiff, poursuivant ses travaux, trouvait l’origine des nerfs vaso-moteurs dans la moelle, il démontrait en même temps que ces nerfs ne sont pas exclusivement distribués par le système ganglionnaire, et qu’ils sont fréquemment unis aux nerfs spinaux proprement dits; c’est ainsi, par exemple, que les vasomoteurs du membre supérieur sont contenus en partie
(1) Dès 1851, Budge et Waller avaient assigné un trajet spécial aux fibres du grand sympathique qui vont à l’iris ; en 1861, Coloman Balogh a repris cette étude, et il est arrivé aux mêmes conclusions que ses devanciers, savoir, que toutes les fibres motrices qui tiennent sous leur dépendance les mouvements de l’iris (fibres oculo-pupillaires de Bernard), passent par le ganglion de Gasser.
Budge et Waller, loc . cit.
Coloman Balogh, Ueber einen neuentdeckten Weg der pupilleneru;ci-> terden Nervenrohren (Moleschott’s Untersnchungen , VIII, 1861),
Comparez :
Cl. Bernard, Des phénomènes oculo-pupillaires produits par la section du nerf sympathique cervical {Compta rend , de l’Âcad , des scf, 1S62).
PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
dans le plexus brachial, et que ceux du membre inférieur viennent du plexus lombaire et du plexus sacré, fait qui a été vérifié par Pflüger.
De l’ensemble de ses expériences, Schiff (1) a pu déduire enfin le trajet général des nerfs vasculaires : les vaso-moteurs du pied et de la jambe viennent de la région lombaire de la moelle ; mais les origines ne sont pas toutes au même point, elles sont échelonnées de bas en haut ; une partie de ces nerfs se distribuent avec le crural et le sciatique, les autres se rendent directement aux vaisseaux qu’ils accompagnent. Les vaso-moteurs de la cuisse, des bassins et des parois de l’abdomen naissent un peu plus haut, de la terminaison de la région dorsale de la moelle. Les nerfs de ce groupe subissent une décussation presque aussitôt après leur entrée dans la moelle, ceux du pied et de la jambe ont un trajet direct. Quant au membre supérieur, les vaso-moteurs de la main et de la partie inférieure de l’avant-bras naissent avec les racines mêmes du plexus brachial; ceux du reste du membre viennent de la troisième, de la quatrième, de la cinquième et de la sixième paire dorsale, et ils gagnent l’artère sous-clavière par le cordon thoracique du sympathique. Les nerfs du bras et de l’épaule sont entrecroisés dans la moelle comme ceux de la cuisse et du bassin. Enfin les résultats fournis
(1) Schiff. Voyez, indépendamment des mémoires déjà cités : Untersuchungen zur Physiologie der Nervensystems. Frankfurt, 1855. — Sur les nerfs vaso-moteurs (quatre communications faites à l’Académie des sciences de Paris, 1862).
Pflüger, Vorllluflge Miltheilung üher die Einwirkung der vorderen Rüekenmarkswurzeln auf das Lumen der Gefüsse ( Allgem . mediz. Cenlralzeit., 1855-1856).
Von Bezold, Ueber die gekreuzlen Wirkungen des Rückenmarks ( Zeit sc}ir, für wissensch. Zoologie , 1858),