ACTION DES NERFS VASCULAIRES. J
par une hémisection de la moelle allongée démontrent que les fibres vaso-motrices s’élèvent encore plus haut vers les parties centrales. Ces conclusions de Schiff ont été généralement acceptées en Allemagne ; von Bezold assigne aux nerfs vasculaires une origine et un trajet identiques ; un seul point est contesté, c’est la décussation partielle de ces fibres nerveuses.
Je ne veux point pénétrer dans l’étude des problèmes physiologiques qui se rattachent à l’innervation vasomotrice; le plus grand nombre des travaux qu’ils ont inspirés, se rapportent aux nerfs de la tète, des viscères ou des organes sécréteurs ('!); une telle étude ne nous
(1) Voici l’indication de quelques travaux importants sur ce sujet :
Plltiger, De nervorum splanchnicorum funclione. Berolini, 1855. — Das Hemmungsnervensystem. Berlin, 1857.
Biffi, Ricerche sperimenlale sul sistema nervoso arrestalore del tenue inlestino. Milano, 1857.
Kupffer und Ludwig, Die Beziehungen der nervi vagi und splanchnici zur Darmbewegung [ Sitzungsbericht der K. K. Wiener Akad., 1857).
Donders , Bijdragen op het gebied van het hœmodynamica [Ver si. en mededeel. van de K. Akad. van Wetenschap , 1855).
Van der Beck Callenfels , Onderzoekingen ged. in het physiol. Laboratorium de Ulrecht Hoogesch, 1854-1855. — Ueber den Einfluss der vaso molorischen Nerven auf den Kreislauf und die Temperatur (Henle’s und Pfeufer’s Zeitsch. Neue Folge , VII).
Peipers, De nervorum in secretiones aclione. Berolini, 1834.
Bidder, Erfahrungen über die funclionelle Selbstandigkeit des sympathischen Nervensystems (Müller’s Archiv, 1844).
Axmann, De gangliorum systemalis structura ejusque funclionilus. Berolini, 1847.
Haffter, Neue Versuche über den Nervus splanchnicus major ( Zeitschr . fur ration, medic., 1854).
Samuel, De vi nervorum ad vasa , iemperaluram et secretiones. Berolini, 1855. — Die Extirpation des Plexus cœliacus [Wiener med. Wochenschrift, 1856).
Pincus, Expérimenta de vi nervi vagi et sympathici ad vasa , secretiones, nutritionem tractus inlcslinalis et renum. Breslau, 1856.
PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
fournirait aucun enseignement utile pour la conception des phénomènes morbides observés chez les paraplégiques. Ï1 me suffit d’avoir établi que les nerfs vaso-moteurs naissent dans la moelle, car nous savons par là que cet organe exerce une action directe sur la circulation et la calorification de toutes les parties auxquelles ces nerfs se distribuent; et nous comprenons dès lors que les lésions de l’axe spinal, et notamment celles du segment dorsolombaire, puissent produire dans la nutrition des membres paralysés les désordres les plus graves ; d’un autre côté, la disposition échelonnée que présentent les origines des nerfs vasculaires des membres inférieurs, nous explique clairement pourquoi toutes les altérations du cordon rachidien ne déterminent pas ces troubles nutritifs, et elle nous rend compte des assertions contradictoires qu’ont émises les auteurs au sujet de la température des parties paralysées.
Toutefois, je ne dois pas laisser ignorer que l’interprétation de ces phénomènes n’est point encore définitivement assise; il serait imprudent, peut-être, d’attribuer à cette question une simplicité qu’elle est loin d’avoir, et je dois au moins signaler les deux théories principales qui ont été émises touchant cette action des nerfs vaso-moteurs.
Tant qu’on n’admit qu’une seule classe de nerfs vasculaires, il ne put y avoir qu’une seule explication pour les phénomènes qui succèdent à l’excitation ou à la paralysie de ces nerfs. Les vaisseaux se dilatant lorsqu’on coupe ces filets nerveux, cette dilatation était évidemment un effet passif, et, comme on l’a dit, une dilatation paralytique; et lorsque ce résultat de la paralysie des nerfs fut bien