‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 91 sur 123 · CAUSES · texte numérisé non relu

CAUSES

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Je ne sais point de ceux qui pensent que ce diagnostic peut toujours être fait; encore moins puis-je admettre un seul instant que ce jugement soit possible, si l’on ne tient compte que des caractères propres de la paraplégie; cette exploration purement physiologique, par laquelle la paraplégie est isolée du malade qui en est atteint, peut suffire à un physiologiste, parce que dans bon nombre de cas, elle permet d’affirmer l’existence ou l’absence d’une lésion de la moelle, mais elle ne peut satisfaire un médecin ; car lorsqu’il s’agit de reconnaître la nature de cette lésion, lorsqu’il faut en déterminer les caractères nosologiques, et la rattacher à l’histoire pathologique de l’individu, l’étude attentive du malade peut seule donner les éléments de cette appréciation toute médicale, et le diagnostic physiologique est frappé d’impuissance.

Signes tirés des causes. — Les renseignements anamnestiques peuvent déceler, suivant le cas, deux causes d’ordre bien différent, savoir la cause efficiente ou la cause occasionnelle. Ce n’est guère que dans les paraplégies d’origine traumatique, dans celles qui sont sous la dépendance d’une maladie antérieure, enfin dans les paraplégies toxiques, que le clinicien est éclairé d’emblée sur la cause efficiente du symptôme ; or, la valeur des signes fournis par cette notion est loin d’être la même dans ces diverses circonstances. La cause efficiente estelle une chute, une plaie, une violence extérieure quelconque exercée sur le rachis, la simple connaissance de ce fait permet d’affirmer qu’il s’agit d’une paraplégie organique; on pourra hésiter ensuite sur la nature, le siège ou l’étendue de la lésion matérielle (fracture, luxation des vertèbres, — hémorrhagie, — compression,

A 78 SÉMIOTIQUE DES PARAPLÉGIES.

— commotion), mais l’existence même de cette lésion ne peut être mise en doute.

La cause efficiente de la paraplégie est-elle une maladie aiguë ou chronique, actuelle ou antérieure, la connaissance de celte cause fournit encore des signes importants, à condition, toutefois, que cette causalité soit bien établie.

Lorsqu’un intervalle plus ou moins long s’est écoulé entre la terminaison delà maladie première et l’apparition de la paraplégie, il importe de compter avec la possibilité d’une coïncidence; il faut donc, avant de songer à déduire de la condition antécédente le mode pathogénique probable de la paralysie, s’assurer que cette condition est réellement la cause efficiente du phénomène. Ce n’est que par un interrogatoire minutieux et complet que le médecin pourra être éclairé; il s’attachera surtout à rechercher si depuis la guérison de l’affection primitive, le malade n’a pas été exposé à quelque influence professionnelle ou accidentelle qui soit par elle-même une cause suffisante de paraplégie. Cette cause d’erreur une fois écartée, il peut interroger avec confiance les signes tirés de la cause efficiente; dans quelques cas même, ces signes sont suffisants, à la condition que l’on connaisse les relations pathogéniques qui unissent ordinairement la maladie au symptôme. S’agit-il, en effet, d’une paraplégie développée sous l’influence de la syphilis, du rhumatisme ou de la goutte, on peut, en se basant sur les faits connus jusqu’ici, rapporter avec une entière certitude la paralysie à une altération matérielle. Une maladie des organes génitourinaires est-elle la cause efficiente du symptôme, il sera prudent, peut-être, de ne pas être aussi absolument affir-

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