MOUVEMENTS RÉFLEXES. Z
résultant constamment d’un trouble dans la motilité volontaire, c’est là un caractère commun à toutes les variétés ; et comme l’observation ne peut saisir aucune relation nécessaire et certaine entre telle ou telle condition pathogénique, et les caractères de la perturbation motrice volontaire, l’appréciation sémiotique, en définitive, a peu de lumières à attendre de cet ordre de phénomènes. Dans un cas, cependant, elle peut en être aidée ; la perte complète des mouvements volontaires, l’impossibilité absolue d’exécuter une seule contraction musculaire, même dans la station couchée, indique à coup sûr ou une paraplégie organique, ou une paraplégie hystérique ; il est alors facile de conclure d’après les autres signes. Mais dans toutes les autres circonstances, Userait téméraire de fonder un diagnostic pathogénique sur la considération des mouvements volontaires; quelque incomplète, en effet, jque^soit l’akinésie, ce seul caractère ne permet pas d’exclure la possibilité d’une pa: raplégie organique, car certaines .lésions de. la . moelle, en. raison de la lenteur de leur marche ou de leur localisation, peuvent se traduire pendant un temps souvent fort long, par une paralysie très-incomplète des membres inférieurs. Au point de vue du pronostic, en revanche, ces caractères ont une grande valeur; d’une manière générale, on peut annoncer que la paraplégie est d’autant plus grave que l’abolition des mouvements volontaires est plus absolue.
Mouvements réflexes . — Les conditions physiologiques des mouvements réflexes permettent de pressentir les indications diagnostiques qui peuvent en être déduites. Ces mouvements, qu’il est si difficile de déterminer à l’état normal, sont d’autant plus facilement produits, d’autant
hSll SÉMIOTIQUE DES PARAPLÉGIES.
plus intenses, d’autant plus étendus, que la moelle est plus complètement isplée de l’innervation prépondérante de l’encéphale ; de là cette conséquence pratique : lorsque chez un paraplégique, des mouvements réflexes succèdent à l’excitation la plus légère des membres inférieurs, c’està-dire, lorsque ces mouvements sont facilement mis en jeu, lorsqu’ils sont en même temps plus énergiques et plus généralisés que chez les individus sains, il est certain que le segment de moelle auquel aboutissent les nerfs excités à la périphérie, est soustrait à l’influence cérébrale , il est certain qu’une altération matérielle quelconque a interrompu la continuité des voies de communication entre le cerveau et cette portion de l’axe spinal. L’exagération bien constatée des mouvements réflexes chez un paraplégique est donc à elle seule un signe positif de paraplégie organique. J’ajoute que la valeur de ce signe est absolue : les mouvements réflexes, loin d’être exagérés, sont normaux ou nuis dans toutes les paraplégies névrolvtiaues, que la névrolysie soit le fait de l’ischémie, de la dyscrasie anémique, d’une dyscrasie toxique, ou d’une perversion fonctionnelle. Ce fait est parfaitement en. harmonie avec les idées que j’ai exposées touchant le mécanisme de ces diverses paraplégies; j’ai montré que dans tous ces cas, les voies delà transmission motrice étant intactes, la paralysie résulte de la diminution ou de l’anéantissement de l’excitabilité propre de la moelle ; il n’est donc pas surprenant que dans de telles conditions, les mouvements réflexes soient diminués ou nuis, puisque ces mouvements sont l’expression la plus directe de l’excitabilité intrinsèque du centre nerveux rachidien.