‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 96 sur 123 · MOUVEMENTS RÉFLEXES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RÉFLEXES

conditions de la chute qui me permettaient difficilement d’admettre une fracture ou une luxation de la colonne dorsale, en raison de la soudaineté de la paraplégie, je m’arrêtai à l’idée d’une hémorrhagie dans la moitié inférieure de la région dorsale de la moelle. Les choses restèrent dans le statu quo pendant quelques jours, puis un matin, il me fut impossible de produire aucun mouvement réflexe, et il en fut ainsi jusqu’à la mort du malade, qui fut hâtée par le développement rapide d’eschares profondes. A l’autopsie, j’ai trouvé deux foyers hémorrhagiques dans la moelle : l’un, plus ancien, occupait la région dorsale de la sixième à la huitième paire; l’autre, plus récent et plus étendu, avait désorganisé la substance grise et les couches blanches profondes de toute la partie inférieure de l’organe. La première hémorrhagie avait isolé de l’influence cérébrale le segment lombo-dorsal, de là l’exagération des mouvements réflexes ; la seconde avait désorganisé ce segment, de là la cessation consécutive de ces phénomènes.

Indépendamment des mouvements réflexes que l’on provoque par le chatouillement, par des attouchements variés, ou mieux encore par l’application d’une éponge imbibée d’eau chaude sur les téguments, on observe chez les paraplégiques d’autres mouvements involontaires, qui se produisent sans excitation artificielle préalable, mais qui n’en sont pas moins des mouvements de l’ordre des réflexes; je veux parler des tremblements, des secousses, des convulsions partielles ou générales, dont sont parfois agités les membres inférieurs. Ces mouvements résultent de l’accroissement anormal de l’excitabilité spinale, c’est pour cela qu’ils éclatent sans excitation artificielle ; les

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impressions centripètes produites par le contact du lit, ou par les mains du malade, suffisent, pour mettre en jeu cette excitabilité exagérée, et des mouvements réflexes sont ainsi déterminés, qui ont toute l’apparence de mouvements spontanés automatiques. Chez les paraplégiques, ces phénomènes ont la même valeur que l’hyperldnésie réflexe dont je viens de m’occuper; ils constituent un signe précieux des paraplégies organiques. Chez un homme paraplégique, entré au mois de septembre dernier dans le service dont j’étais alors chargé à l’hôpital de la Pitié, j’avais négligé, contre mon habitude, défaire l’exploration méthodique de la colonne rachidienne; je cherchais à déterminer si j’avais affaire à une paraplégie organique, lorsque je vis les membres inférieurs être soulevés partiellement par des secousses convulsives; je dis au malade de porter la jambe droite par-dessus la jambe gauche, et au moment où il saisit avec ses mains le membre abdominal droit pour exécuter ce mouvement, je constate que le membre est pris d’un tremblement général qui persiste encore pendant une ou deux minutes après que la jambe a été replacée sur le plan du lit; j’admets, d’après ce seul signe, une paraplégie organique, et finissant alors par où j’aurais dû commencer, je trouve une déformation du rachis que les antécédents de cet homme permettaient de rapporter à la syphilis. Sous l’influence de l’iodure de potassium à haute dose, il est survenu déjà une amélioration notable dans l’état de ce malade.

Mouvements passifs . — Ces mouvements, encore appelés mouvements passivement associés, mouvements d’association (1), sont beaucoup plus rares chez les para-

(1) Voyez page 146.

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