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DANS LES TUMEURS DE L’ENCÉPHALE

SOMMAIRE

Introduction et historique. — Les tumeurs de l’encéphale, surtout lorsque la compression cérébrale est intense, s’accompagnent fréquemment de symptômes d’origine médullaire ou radiculaire dont le plus objectif est la perte des réflexes tendineux des membres inférieurs.

C’est toutefois assez récemment que l’on s’est occupé des lésions de la moelle et des ganglions rachidiens dans les tumeurs cérébrales. Revue rapide des travaux sur la question : recherches de Schultze, Mayer, Batten et Collier, Hoffmann, Nageolte, P. Lejonne, etc.

Clinique : Observations. Rareté des cas où les symptômes radiculo-médullaires sont très accentués.

Résumé de l’observation d’Hoffmann et objections qu’elle soulève.

Exposé de deux observations personnnelles.

Première observation. — Petit garçon de dix ans; début en février 1904, par des signes de compression générale de l’encéphale; apparition ultérieure de troubles cérébelleux. A la période d état, signes de compression cérébrale et médullo-radiculaire des plus marqués. Mort en juillet 1906. Autopsie : gliome kystique du cervelet. Dilatation énorme des ventricules cérébraux.

Deuxième observation. — Homme de trente ans; début en mars 1906, par une crise avec perte de connaissance ; signes de compression progressive de l’encéphale devenue intense en septembre; h. cette époque, compression radiculo-médullaire très prononcée; mort à la fin d octobre 1906. Autopsie : gliome du lobe temporal gauche.

Au contraire, les cas de tumeurs cérébrales dans lesquels les signes de compression radiculo-médullaire sont d’intensité moyenne sont assez fréquents.

Résumé des deux observations parmi les cas observés ces dernières années à la Salpêtrière.

Première observation. — Jeune femme de vingt-quatre ans. Début des accidents en septembre 1902, par des signes de compression cérébrale; en novembre, ophtalmoplégie bilatérale totale ; hémiparésie droite plus marquée à la jambe, n’occupant à la face que le territoire du acial inférieur, accompagnée d’hyperesthésie du même côté. Signes de compression radiculomedullaire d’intensité moyenne. Mort au début de 1903. Autopsie : sarcome de la région optique in eneure droite, comprimant les tubercules quadrijumeaux et le pédoncule cérébral droit.

Deuxième observation. — Homme de cinquante-huit ans ayant présenté pendant la vie

«les signes indéniables de compression cérébrale et radiculo-médullaire, mais pas très accentués. Aulopsie : sarcome des deux tiers antérieurs du corps calleux.

Déductions cliniques. - Les signes cliniques d’une compression médullo-radiculaire modérée ne consistent qu’en quelques troubles de la sensibilité subjective. Si la compression est d’intensité moyenne, on observe l’abolition des réflexes tendineux particulièrement aux membres inférieurs ; des phénomènes ataxiques ; des troubles de la sensibilité subjective et objective; quelquefois des crises viscérales.

La compression très intense peut s’accompagner de symptômes tabétiformes.

Sauf dans les cas de compression radiculo-médullaire très intense, où l’on peut être amené à laii e ]«' diagnostic différentiel avec le tabes, le seul diagnostic est en général un diagnostiepositif.

L n bon moyen de mettre en évidence 1 excès de pression du liquide céphalo-rachidien, c’est de mesurei la pression avec un manomètre à eau, au moment de la ponction lombaire.

Anatomie pathologique . Les lésions anatomiques au niveau de la moelle et des racines i achidiennes, que la compression médullo-radiculairc soit faible ou forte, courte ou prolongée, peuvent différer d’intensité, mais non de nature ni de localisation.

Lésion primitive. — Elle siège au niveau des racines rachidiennes postérieures dans leur trajet à travers le canal durai juste au-dessus du ganglion (Nageotte).

Elle consiste essentiellement en une dislocation de la travée conjonctivo-vasculaire de la racine postérieure, avec irruption du liquide céphalo-rachidien qui s’est déposé à travers les mailles de ce tissu (Philippe et Lejonne). La racine antérieure est beaucoup moins atteinte.

Le tube nerveux réagit localement dans son trajet radiculaire avec maximum au niveau du canal durai, et à distance au niveau de la moelle.

La lésion consiste en une désintégration granuleuse de la myéline, sans corps granuleux; la démyélinisation est quelquefois complète ; le cylindraxe, modifié dans les cas graves, semble toujours persister. Le ganglion rachidien est peu touché.

Nageotte accorde une grande place aux altérations inflammatoires de la racine postérieure : au contraire, d’après mes constatations et celles de mes élèves, les lésions vasculaires et inflammatoires sont très peu importantes quand elles existent.

Lésions médullaires. — Elles ont leur maximum au niveau de la zone d’entrée des racines postérieures. Les fibres endogènes sont habituellement respectées. La région cervicale est d’onlinaire la plus atteinte. Le tube nerveux présente les mêmes lésions histologiques qu’au niveau de la racine postérieure dans le canal durai; dans quelques cas il y aurait des altérations graves du cylindraxe et une prolifération névroglique intense. Les lésions du reste de la moelle sont peu importantes.

Pathogénie . — Les lésions observées dans la moelle sont consécutives à celles des racines postérieures.

II n’y a pas lieu de tenir compte des nombreuses théories qui cherchaient dans la moelle même l’origine des lésions, car les auteurs ne s’étaient pas préoccupés de l’état des ganglions rachidiens et des racines postérieures.

Nageotte a donné la première théorie de l’origine radiculo-ganglionnaire des altérations constatées.

Théorie inflammatoire.

Théorie mécanique de CL Philippe et P. Lejonne : irruption du liquide céphalo-rachidien sous pression, disloquant la charpente conjonctivo-vasculaire de la racine postérieure au niveau rie la zone fragile, et comprimant les fascicules nerveux. Celle théorie me paraît expliquer la grande majorité des faits

En conclusion , dans les tumeurs cérébrales, l’hypertension du liquide céphalo-rachidien lorsqu’elle est considérable et prolongée, peut se traduire par un syndrome clinique, pseudotabétique qui mérite le nom de syndrome de compression radiculo-médullaire, puisqu’il est dû a la dislocation des fascicules de la racine postérieure par le liquide céphalo-rachidien sous pression.

LA COMPRESSION RADICULO-MÉDULLAIRE

Introduction et historique

Les tumeurs de I encephale, particulièrement celles où lu compression cérébrale esl intense, s’accompagnent assez fréquemment de symptômes d’origine médullaire ou radiculaire dont le plus remarquable est la perte des réflexes tendineux des membres inférieurs; ces symptômes peuvent être assez accentués parfois pour évoquer l’idée d’un tabes surajouté à la tumeur cérébrale.

Je laisse bien entendu de côté les dégénérations descendantes dans la moelle dues à la tumeur elle-même. J’ai observé dans mon service, depuis plusieurs années, des cas de ce genre en assez grand nombre et c’est le résultat de leur étude clinique et anatomique que je veux exposer ici.

Ce n’est que récemment que l’on s’est occupé de letat de la moelle dans les tumeurs cérébrales; déjà, cependant, Schultze1, en 1870. avait trouvé une dégénérescence marquée des faisceaux de Goll et de Burdach dans un cas de tumeur du corps calleux, mais c’est Mayer2 qui en 1894 établit nettement la 'dation enlie 1 existence dune tumeur cérébrale et certaines lésions des cordons postérieurs.

Plus tard, différents auteurs, surtout en Allemagne, Piclc3, Hoche4, Ursin5, Kirchgasser Schüle7, etc., reprirent ou discutèrent la conception de Mayer, sans rien y ajouter de fondamental cS.

En 1899, parut le mémoire de Batten et Collier1», dans lequel se trouvaient décrits, d une façon très soignée, les symptômes cliniques et les lésions médullaires des cordons postérieurs.

Nagcolte établit enfin en 1900 10 que la lésion primitive siège sur le nerf radiculaire dans le canal durai, un peu au-dessus du ganglion.

L Cenlralblalt fur medec. Wissenschafl., U17(i

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