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Ascenzi, loco citalo

2. Consulter à ce sujet les travaux de Bruce. (Soc. Roy. d’Edimbourg, 1383.) — Proust (Arch. f. Psycli., 1901, Bd XXXIV.) — Golduerg ( Thèse de Kônigsberg, 1905) etc. — Von Monakow a publié récemment un cas d’atrophie du corps calleux: pendant la vie on n’avait pas constaté d’apraxie.

3. La thèse de Lévy-Valensi est parue pendant l'impression de cet ouvrage; on y trouvera de très importants détails sur la physiologie et les fonctions du corps calleux. (Le Corps calleux; chez Steinheil.)

commence les premiers accidents. Catola est plus explicite, mais lors du début des phénomènes pathologiques sa malade travaillait en France loin de sa famille et il ne paraît avoir interrogé personne en contact direct avec elle à cette époque. Dans les deux cas, le syndrome mental assez délicat à mettre en évidence a pu passer inaperçu d un entourage indifférent ou peu observateur.

Quand les deux auteurs examinèrent leurs malades, ils étaient dans un état psychique interdisant tout examen mental un peu approfondi; Zeppilli, avait meme porté le diagnostic de démence involulive présénile et la tumeur du corps calleux fut une trouvaille d’autopsie.

Reste le cas de Muggia : l’examen de cet auteur paraît avoir été beaucoup plus complet, surtout en ce qui concerne les troubles psychiques, bien que. là encore, l’observation ait été un peu tardive, deux mois seulement avant la mort, à une époque où la tumeur devait déjà être fort développée, puisque 1 autopsie montra qu elle infiltrait non seulement le corps calleux mais le lobe frontal gauche, et, à droite, les circonvolutions orbitaires, la circonvolution du corps calleux, etc.

Il existait, dans ce cas, des troubles psychiques importants; en particulier, le malade, un homme de cinquante-deux ans, lorsqu’on lui demandait son âge disait successivement qu’il avait quarante-cinq, cinquante-cinq, cinquantehuit ans; il racontait qu’il était marié depuis trente ans, que sa femme avait quatre ans lors de son mariage, etc., sans s’apercevoir de l’absurdité de ses réponses.

Ces troubles mentaux qui ne s’accompagnaient pas d’un affaiblissement intellectuel général paraissent à Muggia de simples lacunes de la mémoire ; je ne suis pas de cet avis, je crois que les fonctions d’association, le jugement sont également troublés ; j’aurais tendance à considérer ces troubles psychiques comme une forme fruste du syndrome que j’ai décrit. Ce syndrome, j’en ai montré plus haut les particularités, et j’ai insisté sur ces caractères qui le distinguaient des troubles psychiques qu’on observe d’une façon banale, presque constante au moins à la période terminale, dans les tumeurs cérébrales : c’est le considérer d’une façon beaucoup trop simpliste que de le ramener avec Muggia à de simples troubles de la mémoire. Je ne conteste pas que les troubles de la mémoire soient fréquents dans les tumeurs cérébrales cl tout particulièrement dans les tumeurs du corps calleux, ainsi que l’a établi Muggia dans son article très documenté; mais ces troubles de la mémoire, s’ils jouent un rôle dans le syndrome psychique que j’ai en vue, n’en constituent qu une partie et peut-être la moins importante; les facultés supérieures, association des idées, jugement, sont troublées et c’est ce trouble qui amène ces bizarreries de raisonnement, de conduite et de caractère (pii me paraissent si spéciales.

LES TUMEURS DU CORPS CALLEUX

Ainsi donc le fait que Catola et Zeppilli n’ont pas constaté dans leurs cas ce syndrome n’enlève rien à sa valeur; d’autre part, il s’agit bien d’un syndrome psychique complexe et non d’un syndrome banal, de simples troubles de la mémoire comme le voudrait Muggia.

Je passe maintenant aux critiques adressées à la valeur diagnostique de ce syndrome pour une localisation au niveau du corps calleux.

Dans son article, Muggia fait remarquer que « le corps calleux, comme le dit Forli, n’est pas un organe à soi, doué de fonctions propres; il a autant de propriétés qu’en ont les centres qu’il met en rapport. »

Je neprétends nullement qu’une lésion du corps calleux puisse donner lieu à des symptômes psychiques qui n’appartiennent qu’à elle seule; les troubles psychiques qu’à mon sens elle peut engendrer sont dus à des lésions des fibres que s’envoient l’un à l’autre les deux lobes frontaux; une lésion d’un lobe frontal pourrait donc donner lieu à la même symptomatologie, et je suis d’accord sur ce point avec Zeppilli ; mais ces fibres resserrées en une zone étroite dans le corps calleux s’éparpillent ensuite au niveau de chaque lobe frontal; pour qu’une lésion frontale produise un syndrome de même ordre, il faudrait qu’elle s’étendît à presque tout un lobe frontal et il est bien évident qu’une tumeur aussi étendue s’accompagnerait presque forcément d’autres troubles, symptômes de compression accentuée, etc., de plus, en pareil cas, ce ne serait que d’une façon tardive qu’apparaîtrait le syndrome mental, alors qu’un grand nombre de fibres du lobe frontal seraient déjà détruites ; or, j’ai insisté à diverses reprises sur le fait que le syndrome mental doit être précoce cl par pour être caractéristique d’une lésion du corps calleux.

Une autre objection à la valeur de ce syndrome, c’est qu’il pourrait reconnaître pour cause des lésions cérébrales diffuses; « c’est une notion banale, dit Muggia, que souvent, pour ne pas dire toujours, dans les tumeurs cérébrales, on rencontre des lésions diffuses du manteau cérébral, les unes secondaires à celles dues à la tumeur, les autres dues à la compression, aux troubles delà circulation. »

“ Dans la genèse des troubles de la mémoire, écrit-il encore, les lésions corticales diffuses ont plus d’influence que les lésions des voies d’association ; si I intégrité des voies d’association est une condition nécessaire pour le fonctionnement normal et complet de la mémoire, on ne peut en aucune manière les élever à la dignité de centres. »

Je ferai remarquer en passant que, dans le cas qu’il décrit, Muggia n’a pas examiné 1 écorce cérébrale et que Zeppil I i ne semble avoir fait aucun examen histologique; tous deux raisonnent ainsi beaucoup plus d’après les cas des auteurs que sur leurs cas personnels.

J ai déjà insisté sur le fait que le syndrome calleux que j’ai décrit est un

syndrome très particulier et ne se rencontre que rarement ; c’est là un contraste frappant avec la banalité et la fréquence des lésions corticales dans les tumeurs ; cette discordance ne s’expliquerait pas si les lésions corticales étaient la cause du syndrome; d’autre part, c’est d’une manière précoce, je le répète, qu’apparaît le syndrome calleux, tandis que les lésions cellulaires corticales, qu elles soient d’ordre circulatoire ou toxique ou encore dues à la compression se montrent habituellement à une époque tardive. Que ces lésions soient susceptibles d’amener des troubles mentaux, cela ne fait pour moi aucun doute, et certaines modifications globales du psychisme, l'affaiblissement intellectuel, etc., leur sont en grande partie imputables, c’est un fait bien connu et sur lequel j’ai suffisamment insisté pour ma part.

Mais là n’est pas la question, et en dépit des diverses objections que je viens de passer en revue et qui m’ont semblé faciles à réfuter, je persiste à penser que le syndrome mental que j’ai décrit, lorsqu il est pur et se montre d’une façon précoce peut être considéré comme pathognomonique d’une lésion du corps calleux.

Au total, je crois donc que jusqu’à plus ample informé il faut attribuer mais avec quelques réserves à une lésion du corps calleux, à une tumeur par exemple, certains phénomènes d’apraxie motrice du côté gauche. J’espère que le syndrome mental spécial que j’ai décrit prendra rang parmi les symptômes d’une lésion de la grande commissure interhémisphérique. De même que dans cette commissure passent, ainsi que l’a montré Liepmann, des fibres que l’hémisphère gauche envoie à l’hémisphère droit pour régler son action, j’incline à penser qu’y passent aussi les fibres que s’envoient respectivement les centres psychiques et si je puis risquer cette hypothèse une lésion de ces fibres pourrait amener une désharmonie dans les processus psychiques et constituer ainsi le syndrome sur lequel j’ai attiré l’attention. Ce syndrome me paraît avoir, au point de vue psychique une certaine analogie avec ce qu est l’apraxie de Liepmann au point de vue psychomoteur : tous deux ont poui caractéristique le déclanchement de travers de réactions, psychiques dans un cas, psychomotrices dans l’autre, et pour aboutissant, au point de vue psychique, des sautes bizarres dans les idées cl les actes, dans 1 humeur et le caiactère, au point de vue psychomoteur, les mouvements ébauchés et ridicules qui caractérisent l’apraxie motrice.

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