II. — Lésions médullaires
Dans la moelle, tous les auteurs sont d’accord pour dire que le maximum des lésions siège dans les cordons postérieurs et d’une façon plus précise dans la zone d’entrée des racines.
« Le processus dégénératif, dit Hoche1, prend naissance au moment du passage de la racine à travers la pie-mère, suivant une direction plus ou moins oblique, endroit où elle présente ses particularités de structure bien connues, étranglement et perte de la gaine de Schwann... En général, la dégénération commence juste au lieu de passage de la racine à travers la pie-mère, ou bien immédiatement en dedans vers l’intérieur de la moelle; ce n’est que rarement que le processus atteint une très petite portion de la partie extraspinale des racines en marchant vers le ganglion rachidien. »
Le processus dégénératif n’est pas strictement limité aux zones d’entrée, des racines. « De ce point, sur des coupes longitudinales favorables, on peut suivre les libres dégénérées dans les cordons postérieurs, aussi bien dans une direction ascendante que dans une direction descendante. »
On sait que la vieille division des cordons postérieurs en cordons de Goll et de Burdacb a surtout maintenant un intérêt historique et qu il \aul mieux diviser les fibres de ces cordons, selon leur origine, en fibres endogènes que s’envoient les différents étages de la moelle, et en fibres exogenes ou d origine radiculaire.
D’une manière générale, les auteurs qui emploient presque tous l’ancienne dénomination, ce qui fait que parfois leurs descriptions manquent de précision, concluent (pic la dégénération est bien limitée aux régions occupées pai les fibres radiculaires, « les fibres endogènes au contraire n étantle plus souvent
f. Hoche. Deutsche Zeitschrift J. Nervenheillc., vol. XI.
LA COMPRESSION RADICULO-MÉDULLAIRE
pas prises ou ne contenant que quelques libres dégénérées, toujours en bien moins grand nombre que les fibres exogènes1. »
Le processus dans les cordons postérieurs ne s’étend pas, en général, à toute la longueur des fibres atteintes; cependant, on a pu suivre quelquefois la dégénération jusqu’aux noyaux de Burdach et de Goll.
En ce qui concerne les fibres fines, fibres massées comme l’on sait au niveau des zones de Lissauer, presque tous les auteurs ont trouvé ces zones parfaitement normales. Dans deux cas Balten et Collier y ont observé quelques fibres dégénérées, mais cette dégénérescence était toujours très peu marquée.
Les fibres radiculaires irradiant dans diverses directions, on peut suivre le processus lésionnel, en dehors des cordons postérieurs, au niveau delà substance grise des cornes postérieures, dans les colonnes de Clarke, parfois même jusque dans les cornes antérieures. Ce sont là des lésions très rares et toujours très peu accentuées.
Les fibres endogènes, nous l’avons dit, sont ordinairement respectées et le processus est radiculaire; cependant Ursin-, contrairement à la grande majorité des auteurs, pense qu’il existe une lésion primitive des cordons postérieurs, lésion autonome, nullement d’origine radiculaire et que c’est seulement dans les cas graves qu’il y aurait, s’ajoutant à la lésion primitive, une dégénération secondaire ascendante d’origine radiculaire.
Mais tous les auteurs3 ont combattu unanimement cette manière de voir; aucun n’a retrouvé les lésions primitives des cordons postérieurs d’Ursin.
Les recherches entreprises dans mon service ont confirmé la lésion signalée par les auteurs, c’est-à-dire la lésion des cordons postérieurs avec maximum au niveau de la zone d’entrée des racines postérieures.
La lésion nous a paru strictement limitée aux zones radiculaires (zones cornuradiculaires, bandelettes externes, champs postérieurs internes et externes). C’est immédiatement en dedans du bord interne de la corne postérieure, au point précis où se lassent les grosses fibres de la racine correspondante que nous avons trouvé le maximum des lésions. Elles sont sensiblement moins accentuées à mesure que l’on s’éloigne du bord interne de la corne postérieure pour gagner la zone des bandelettes externes.
Si, par la méthode de Marchi, on peut observer quelques granulations excessivement rares, au niveau de la moelle cervicale, par exemple, dans la région cornu-commissurale, ces granulations ne dépassent pas en nombre celles qu’on rencontre dans toute espèce de moelle, indices à ce qu’il semble de la désin-
L Eatten et Collier, loco citalo.