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IMPORTANCE DU NOM DES ESPRITS

valent : sainte Apolline (9 février), invoquée contre le mal de dents; saint Blaise (3 février), contre la puce maligne et la peste; sainte Hélène, contre l’effusion du sang ; saint Frémi, contre les hémorrhoïdes, εἴς... Mais grande est la différence : les saints sont des protecteurs, des personnages qui interviennent entre l’homme et certains faits, ou qui intercèdent auprès d’un Dieu supérieur en usant deleur crédit ; pour le primitif, les Esprits sont identifiés avec les phénomènes eux-mêmes et ne font qu'un avec eux.

8 4. — Importance du nom des Esprits.

Une particularité importante, c’est que le primitif ignore d’abord le nom et la forme des « Esprits » auxquels il croit. Le jour où 1] saura leur nom, il estimera avoir acquis sur eux un pouvoir considérable. Hérodote (1) dit que les Pélasges n’apprirent qu'assez tard, instruits par les Égyptiens, les noms de leurs divinités. En matière de magie, ce témoignage est fort intéressant.

En effet, dans cette période où l’homme primitif croit à des êtres invisibles sans rien savoir d’eux et sans leur avoir composé une légende, il ya des chants qui ont pour objet d'obtenir une révélation. Miss Fletcher (Etude sur la musique des Omaha, p. 43) fait une place à part, dans sa classification, aux chants exécutés pendant une veille de jeûne, où les « Pouvoirs invisibles » sont appelés à se révéler eux-mêmes aux suppliants sous une forme particulière. L'Indien cherche ce commerce secret avec l'Esprit, cette ὁμιλία que l’Hippolyte d'Euripide se flatte d’avoir avec Artémis. Le chant devient, entre l’homme et l'Esprit, le medium par lequel secours et assistance sont demandés, reçus et conservés. Il y a des sociétés diverses constituées d’après les révélations obtenues. Par exemple, si, dans une vision intérieure, l'Esprit s’est manifesté au chanteur sous la forme d’un cheval, le chanteur s’affilie aussitôt à une « Horse Society » où des chants spéciaux sont dits par les membres seuls de la société. Le chant qui a ainsi produit son effet devient un talisman pour tout le reste de la vie(2). Le cavalier ne manquera pas de le dire si son cheval est fatigué.

(2) 1bid., p. 49. — Aux ouvrages de miss Fletcher, qui ont une haute importance musicale et que j'ai dû souvent citer, il faut joindre celui d’une autre femme de cœur et de savoir, miss Natalie Curtis: The Indians’' Book (an offering by the American Indians of Indian Lore, Musical and Narrative, to form a record of the

$ 5. — La musique, moyen de communiquer avec les Esprits.

Par là nous voyons combien la musique des primitifs est loin de mériter le titre d'« œuvre d'art » ; elle n’est pas une fin : elle est un moyen, une opération magique, un acte religieux.

De ce fait important je citerai un exemple.

Une pièce recueillie par miss Fletcher sur un cylindre phonographique, puis notée et harmonisée par Arthur Farwell sous le titre Inketunga’s Thunder Song, nous montre un Indien dialoguant en quelque sorte avec Wakonda, le grand Esprit, le « Pleurant » qui fait tomber la pluie. Cette pièce curieuse commence par un bruit sinistre, traduit approximativement par le transcripteur à l'aide d'un accord dissonant dans le registre grave, et qui symbolise le tonnerre. C’est un effet d'imitation beaucoup moins exact que celui qu’on trouve dans la « scène aux champs » de la Symphonie fantastique (Berlioz), mais d’un tout autre caractère ; ce n’est pas un trait d'imagination pure, un tableau d'agrément fait avec complaisance, mais une manifestation du sentiment produit par l'approche d’une divinité. Il en est de même, immédiatement après, de l’imitation rudimentaire de l'éclair. L'éditeur de la Wa-Wan Press (cahier de 1901) donne, pour le reste du texte, le commentaire suivant : « Sur une simple note tenue, la disposition d'esprit change; le chanteur proclame, avec un grand sentiment religieux, que l'Esprit lui a parlé et s’est révélé à lui. Cet élan finit sur la note mystérieuse du début, qui reparaît, suivie du motif de l’éclair qui se répète. »

Chant du tonnerre

Emme

| δ 8 Σ΄ 99.9.9 υσηγθν ῖθε τ ΠΥ ΞΟ ΞΟ ἘΝ ᾿ ΞΞΞΕΞΞΞΞΞΞΞΞΞ ΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΞΗ͂ΞΕΞΞ Ξ ΞΘ Ξ a De façon mena çante, comme ff vite, comme l'éclair) A) DE pe ΠΕ τα ἐπ a l'approclhe du tonnerre. CA εἰς ΤῈΣ

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