LE VERS MUSICAL
Les vers musicaux qui viennent d’être cités sont formés d'idées mélodiques et rythmiques se répétant avec de très légers changements. Ils sont du même type que les quatre premières formules d’incantation citées plus haut. Mais il y a aussi en musique des vers faits d’éléments hétérogènes, du même type que le carmen 7x mon dercomarcos axalison, et quicompensent la diversité de leurs éléments composants par la répétition globale :
a τ --.-..ο.ὄ.-. | pas Ι 4 de:
2° vers ΞΞ a
(Mozart, andante de la Sonate n° 1.)
ou encore :
on CERTES Le
{Mozart, andante de la Sonate n° 2.)
Il y a enfin en musique, dans un même système — et je n’ai pas besoin de le montrer par un long étalage d'exemples — des vers d'étendue fort inégale : tantôt c’est une brève formule d'introduction, une sorte d’épiphonème (exclamation) placée en tête d'un développement, comme les deux accords par lesquels débute la symphonie héroïque de Beethoven ; tantôt c'est une phrase très courte, indépendante au point de vue rythmique, liée seulement au contexte par l'harmonie et qui sert de transition entre deux strophes ; tantôt c’est un rappel d'idée réduit à une indication, une réminiscence ; tantôt c'est une idée nouvelle qui s’insère brusquement dans le discours musical et qui produit un excellent effet, précisément parce qu’elle est très brève et comme isolée (cas fréquent dans les pièces de R. Schumann) ; tantôt enfin, après une longue péroraison qui a définitivement conclu sur la tonique, c'est la reprise des deux dernières mesures, inutile au triple point de vue du sens, de l'harmonie
et du rythme, mais soulignant le mot de la fin et formant une petite phrase à part. Le carmen Exi hodie nata, etc., cité plus haut, avec ses vers inégaux mais ses groupes rythmiquement symétriques, reproduit assez exactement la structure d’une strophe musicale de ce genre.
$ 5. — La strophe magique et la strophe musicale.
Dans un texte d’incantation magique publié par Miss Fletcher, et qui sera étudié un peu plus loin, nous trouvons, avec une brève introduction et l'appel nominal à un Esprit, la formule l'hare, ‘hare, ‘ahe, répétée trois fois :
l'hare, ’hare, ’ahe,
l’hare, 'hare, ‘ahe, l'hare, ’hare, ‘’ahe.
Cela fait un rythme ternaire double : le même mot est reproduit trois fois avec une abréviation, et le vers dans lequel il est reproduit se répète lui-même trois fois. L'ensemble constitue une s{rophe (ce que les anciens appelaient souvent aussi une période).
Voici la mélodie de la première strophe chantée sur ces paroles ; elle est répétée dans toutes les strophes suivantes :
Tantous LP ΓΓΓ CAES CP CES CS CR CNT
D ὡ ΞΞΞΙΞΞΙΞ ΞΞΞΞΞΞΞΞ = 3 EEE.