‹ Études de philologie musicale IIIChapitre 84 sur 169 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

δι, — Les gammes de sept sons.

La gamme, ou échelle des sons compris dans un intervalle d’octave, est le fondement de notre musique. C’est un système délicat, œuvre instinctive de l’esprit populaire, sujet de subtiles controverses pour les théoriciens qui, cherchant à en donner l’explication, s'efforcent depuis des siècles de mettre la réalité entièrement d’accord avec les principes admis par hypothèse, et proposent constamment des retouches. Des nombreuses questions que l’on pourrait examiner au sujet de la gamme, je n’en aborderai qu’une seule. Dans un intervalle d’octave, il y a des centaines de sons intermédiaires ; pourquoi l'usage (règle du musicien comme du littérateur) n'en a-t-il adopté qu’un petit nombre ἢ Ce choix numérique est-il arbitraire ? Les explications qu’on a proposées sont-elles satisfaisantes, ou bien en faut-il chercher une autre?

Notre gamme a sept notes maitresses, privilégiées, normales, appelées parfois « naturelles », représentées par les touches blanches du piano. Comme nous admettons, en employant un mot très impropre, que chacune de ces notes peut donner lieu à un « accident », c’est-àdire être élevée ou abaissée d’une valeur de 25/24 ou 24/25, bémols et dièses ; comme nous employons aussi les doubles dièses et les doubles bémols, chacune des sept notes peut souffrir quatre accidents quand elle n’est plus à « l’état de nature » : soit, en tout, trente-cinq notes à l'échelle, distinguées par des signes spéciaux dans notre écriture musicale, et réalisables par les bons chanteurs comme par les bons exécutants qui jouent d’un instrument à cordes. Mais le mot « accident » lui-même indique bien qu’il y a des notes principales (sept) et des notes exceptionnelles.

Si nous remontons quelques siècles dans le passé, nous voyons que

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