V. plus loin la signification de ces deux mots
katalectique (incomplète, finissant sur un temps fort) et introduisit même plusieurs katalexes dans le premier kôlon :
JL \j J. \j JL \j M I J. \j J. \j ± \j J.
J. \j JL JL \j J. I JL \j JL \j J. \^ J.
c'est-à-dire qu'il remplaça une terminaison féminine par une terminaison masculine dans la protase. (Pourvoir l'effet différent produit par ces deux rythmes, on peut comparer : Aristophane, Grenouilles ^\ . 1 109 et suiv.,éd. Didot, et Eschyle, A^am«mwon,v. 176 etsuiv.,éd. Buttler). Donc, la simple modification d'une césure semble avoir correspondu, dans la pensée d'un grand poète grec, à la distance qui sépare le genre comique du genre tragique!
§ 8. Les césures chez les poètes et les musiciens modernes.
Les poètes modernes paraissent sentir faiblement la différence d'expression attachée à la césure masculine et à la césure féminine. Les tragiques allemands, opposés en cela au sentiment d'Eschyle, semblent avoir considéré comme la plus pathétique, la versification où les kola n'ont pas de katalexes; ils ont même organisé avec deux kola sans katalexes le tétramètre trochaïque qui se terminait d'abord, comme nous venons de le voir, par un kôlon katalectique. (Platen, Vilmar, ont regretté cet abus, non sans raison).
Les musiciens ont-ils montré une oreille plus fine?
Oui, sans doute, et, dans une certaine mesure, c'est par l'usage de la césure que se distinguent les styles.
Les fugues instrumentales de Bach ont très peu de césures féminines. On peut citer exactement : dans le Clavecin bien tempéré (I, 24), la fugue en si naturel mineur; la fugue en la bémol majeur [ibicL I, 17), où les césures féminines semblent concourir à l'expression d'un jeu innocent, paisible, comme dans la var. 4 de la sonate 12 de Beethoven, mais avec plus de joie et de mouvement, sans fausse sentimentalité, un peu dans la manière de Haydn; la fugue en sol mineur (II, 16), la seule où le kôlon final ait une terminaison féminine; la fugue en la bémol majeur (2,3); — dans le Capriccio en si mineur (édit. Peters, 4, 9) la « Lamentation générale des amis », écrite sur le rythme trochaïque. En somme, Bach aime incomparablement plus les césures masculines