‹ Études de philologie musicaleChapitre 25 sur 63 · ANALYSE DE LA COMPOSITION MODERNE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE LA COMPOSITION MODERNE

lyse de Pindare et de quelques parties de la poésie dramatique. Quant à la composition moderne (celle de nos grands musiciens classiques), elle n'a pas encore été analysée d'une façon complète, au moins en France.

Cette analyse est délicate, soit pour les œuvres antiques, soit pour les œuvres modernes, car les manuscrits des poètes grecs paraissent avoir contenu peu de signes relatifs à la séparation des membres de phrase; Bach n'a donné presque aucune indication de ce genre; et Beethoven en a donné très peu *. Tout reste donc à faire. Des éditeurs tels que Kôhler ont essayé de combler cette lacune : nous avons vu combien indécise, contradictoire et inexacte était leur méthode.

§ 7. Importance des césures masculine et

Le principe le plus important qui domine la kolotomie est évidemment la différence caractéristique des césures masculines et féminines, et la signification de l'anacruse qui en résulte. Voici un nouvel exemple de cette importance.

A l'origine, le mètre trochaïque était constitué de telle sorte que la protasis (première partie de la période) était séparée de l'apodosis* (seconde partie) par une césure féminine. Ainsi Archiloque disait :

J.\jJ.\j^\jJ.\^ I J. \j ^ \j J. \j JL

Anacréon a conservé cette coupe en employant plusieurs protases devant l'apodosis :

Cette forme du trochée hypermètre a été plus tard introduite par les lyriques dans la comédie, comme un rythme très bien approprié à l'expression comique; elle a servi dans les chœurs et les monodies. Lorsqu'après Anacréon, le grand Eschyle employa des trochées groupés par tétrapodies comme les précédents, que fît-il pour les approprier au sublime tragique? Il transforma la télrapodie akatalectique (celle qui est complète et finit sur le temps faible) en tétrapodie

1. M. Matbis Lussy (Traité de l'Expression musicaley p. 54, § 6) s'est trompé en attribuant aux « grands maîtres » des fautes dont les éditeurs seuls sont responsables.

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