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PROBLÈME DE L'ORIGINE DES NEUMES

V. — RESTAURATION DU PLAIN- CHANT PAR L*£TUDE DIRECTE DES SOURCES; APPLICATION A L'ANALYSE DES MÉLODIES GRÉGORIENNES DES PRINCIPES DE LA GRAMMAIRE COMPARÉE.

Les Bénédictins de Solesmes, 1889. — La Paléographie musicale.

Tome !•'. — Principes de la Philologie musicale. — Les neumes. — La notatiou chîronomique. — Le monastère de Saint-Gall. — L'Antiphonale missarum, n* 339 de la Bibliothèque de Saint-Gall reproduit intégralement en fac-similés phototypiques.

Tome IL — Étude sur les neum es-accents : neumes ordinaires; neumes accentsliquescents ou semi-vocaux. — Le répons-graduel Justus ut palma reproduit en fac-similé d'après plus de 200 antiphonaires manuscrits d'origines diverses, du ix* au xvii* siècles.

Tome III. — De l'influence de l'accenl tonique latin et du Cursus sur la structure mélodique et rythmique de la phrase grégorienne. — Précis d*histoire de la notation neumatique. — Suite des planches du Justus.

Tome IV (capital). — Pour le texte, suite du volume précédent ; explication des lettres romaniennes. Pour les planches, reproduction intégrale de Tantiphonaire n^ 121 de la Bibliothèque d*Einsiedeln (ix^-xi» s.) ; ms. 381 de Saint-Gall et Lettre de Notker (d'après le ms. de Saint-Thomas de Leipzig).

Tome V. — Introduction sur la liturgie ambrosienne. — Reproduction (avec une traduction notée) de TAnliphonaire ambrosien, n^ 34209 Add. du British Muséum (en cours de publication).

L'histoire de Farchéologie musicale, pendant la première partie de ce siècle, et même jusqu'à une date assez récente, ressemble à un roman d'aventures plein de puérilités et de scandales. L'impression qu'elle laisse à un lecteur impartial, étranger à tout fanatisme, est franchement mauvaise. Ceux qui ont été pendant longtemps les représentants officiels de la science du plain-chant et qu'on pourrait appeler les pontifes du genre, ne se sont pas contentés de voyager au pays des chimères et de prendre pour réalités des rêves bizarres ; ce serait peu d'ajouter qu'ils manquent de goût, qu'ils ressemblent, commentateurs de saint Grégoire, à des moineaux piailleurs autour d'un aigle blessé, et qu'ils ont montré dans leurs polémiques ces jalousies et ces perfidies qui sont les lieux communs des discussions humaines: ce qu'il y a de plus grave, c'est qu'ils n'ont pas toujours été de bonne foi. Quelques-uns sont de grands mystificateurs. Je le prouverai. Ils ont, à plusieurs reprises, trompé volontairement le public, soit en faisant des promesses qu'ils ne pouvaient pas tenir, soit en proclamant avec emphase des « découvertes » qui n'existaient pas, soit en donnant le change sur certaines questions. Aujourd'hui l'archéo

logie musicale, possédant une méthode sûre, est entrée dans sa véritable voie; il ne sera cependant pas inutile de rappeler avec un peu de précision ses tâtonnements et ses ruses de la première heure; cette revue rétrospective est d'abord assez amusante; ensuite elle permettra d'estimer à leur juste valeur les conquêtes des vrais savants contemporains.

Je vais çxaminer la doctrine, l'œuvre générale et le caractère de ceux qui ont essayé d'expliquer l'origine des neumes ; mais auparavant je dois donner au lecteur quelques explications.

Lorsque le pape saint Grégoire le Grand (590-604) a fixé les mélodies qui devaient être en usage dans tout le monde chrétien et qui aujourd'hui encore portent son nom, il a employé un système de notation très primitif, simplement destiné à aider la mémoire des chantres en leur rappelant le dessin de la phrase musicale ; ce système, d'où la notation moderne est à peu à peu sortie, n'a pas été employé sous une forme identique et durant un temps égal dans tous les pays; mais il s'est maintenu pendant un millier d'années environ et a servi aussi bien pour la musique profane que pour la musique religieuse.

En voici un échantillon tiré d'un manuscrit de Virgile * et du célèbre passage de l'Enéide : Hei mihiy qualis eratl quantum mutatus ab iliOy etc.

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Ailleurs, le texte est accompagné d'une véritable pluie de pattes

1. Bibliothèque Laurentienne, à Florence, xi^* siècle, fonds Ashburnam, n" 3. Ce ms. tontient quarante^quatre vers de TÉnéide notés en musique; chose à peine croyable, cette

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