CARTÉSIENNE
Il est généralement admis parmi les historiens de la philosophie que la philosophie de Descartes est absolument originale et ne doit rien aux systèmes qui Tout précédée : on sait que Descartes lui-môme affectait d'ignorer ce que les autres avaient écrit avant lui et se flattait de ne relever que de luimême. Si quelques historiens lui ont refusé cette originalité, ou du moins s'ils ne lui ont laissé d'autre mérite que d'avoir introduit une méthode nouvelle, tout en conservant des idées anciennes, ils entendaient que c'est à la philosophie d'Aristote*, par l'intermédiaire de l'École, ou à celle de saint Augustin ^ que Descartes avait fait des emprunts inconscients. Profondément imbu des principes de ces philosophies, familiarisé dès l'enfance avec leurs manières de concevoir le monde et surtout la divinité, il aurait fait de vains efforts pour se débarrasser d'idées qui avaient laissé dans son esprit une empreinte ineffaçable et l'avaient pour toujours tourné dans une direction qu'il ne lui appartenait plus de changer. Par un autre chemin, il serait revenu au même
1. Ritter, Histoire de la philosophie moderne^ trad. Challemel-Lacour, t. I,ch. 1.
2. Kuno Fischer, Geschichte der neuern Philosophie, Hd. I, Th. I, chap. 11. Maanheim, F. Bassermann, 1865.