‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 64 sur 105 · Log., II · texte numérisé non relu

Log., II

LA LOGIQUE DE J. STUART MILL

derniers phénomènes sont les seuls objets de la conscience, les seuls agents, les seuls ressorts de l'activité intellectuelle.

Par suite, en logique, il faudra renoncer à parler des idées et ne s'occuper que des noms. Par la même raison, on devra écarter les expressions qui impliquent la réalité de l'idée comme chose distincte, la compréhension et V extension. Une idée ne comprend rien et ne s'étend à rien, puisqu'elle n'est rien. Seuls, les termes de conno/a//o;i et de dénoiaiion devront être employés : l'un exprime seulement ce fait qu'un sujet possède certains attributs; l'autre désigne les sujets qui possèdent les mêmes attributs. Il suit de là que « la signification des mots n'est pas dans ce qu'ils dénotent, mais dans ce qu'ils connotent* ».

Cette théorie des noms exige une transformation radicale de la théorie du jugement ou de la proposition. Il est absurde de dire que juger c'est faire entrer une chose ou une idée dans une autre idée, c'est-à-dire dans une classe ou un genre. Quand je dis : « Le feu cause la chaleur, je n'entends pas affirmer que mon idée du feu cause mon idée de la chaleur; autant vaudrait dire que bêcher la terre, c'est mettre une idée dans une autre idée ^... ». « Les noms ne sont pas destinés seulement à faire concevoir aux autres ce que nous concevons, mais aussi à les informer de ce que nous croyons. Or, lorsque j'emploie un nom pour exprimer une croyance, c'est de la croyance à la chose, et non de la croyance à mon idée de la chose, que j'entends parler =^ ».

D'ailleurs, s'il en était autrement, il faudrait au préalable avoir fait provision de concepts ; mais comment former un concept sans juger*? Et « si la solution du débat entre Copernic et Ptolémée eût dépendu de la question de savoir si nous concevons la terre en mouvement et le soleil au repos, ou le soleil en mouvement et la terre au repos, je suis bien sûr que la victoire serait restée à Ptolémée ^ ».

Psychologiquement, juger, c'est affirmer qu'un fait ou un

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