Phil. de Hamilton, ch. xviii, p
groupe de faits est dans la réalité accompagné d'un autre fait ou d'un autre groupe de faits. Quand je dis : L'eau rouille le fer, j'entends exprimer que l'un des phénomènes accompagne l'autre. Ce qui est affirmé dans toute proposition, ce qui est le fundamentum relaiionis, ce n'est pas une ressemblance entre les idées, mais une relation objective entre les faits, tantôt une coexistence, tantôt une succession, ou une causalion, ou une ressemblance*, toujours quelque chose que l'esprit constate, mais qui est sans lui. Ici encore, c'est la réalité ou ce qui dans l'esprit en est l'équivalent, qui est le seul objet de la conscience.
Par suite, en logique, il faudra cesser d'envisager les termes comme se contenant les uns les autres : les cercles d'Euler représentent fort mal les opérations de l'esprit. D'abord il est absurde d'interpréter les propositions en extension -. Quand je dis : Les hommes sont mortels, je ne veux pas entendre que l'espèce humaine fait partie du genre mortel, mais bien que l'attribut mortel fait partie de ceux que possèdent les hommes. Tout au moins faudrait-il interpréter la proposition en compréhension : « On peut bien écrire les propositions et les raisonnements en extension, mais on les comprend toujours en compréhension^ ». Mais c'est encore mal s'exprimer que de dire : L'idée d'homme contient l'attribut mortel. Ce qui est vrai, c'est que les attributs connotés par le mot homme et les attributs connotés par le mot mortel sont toujours donnés ensemble, que la mortalité réelle accompagne toujours les attributs réels de l'homme*. Comme le nom exprime des attributs qui sont toujours donnés ensemble, la proposition exprime deux collections d'attributs qui ne vont pas l'une sans l'autre.
Un point qu'il importe de noter, c'est que, dans cette théorie, il est impossible de faire abstraction de la croyance : juger, avant tout, c'est croire. L'ancienne logique pouvait, comme les mathématiques, considérer les idées dans l'esprit à titre de simples pensées, et quelle que soit la réalité exté-