Log., II, 3, 2, note
est vraie, c esl-à-clire tant qu'on n'a pas résolu la question qu'elle doit servir à résoudre. Les observations du passé, les notes qu'on a prises sous la dictée de l'expérience ne peuvent pas d'elles-mêmes contenir l'avenir, à moins de supposer que le carnet où elles sont consignées « ne soit écrit, comme le Coran, avec une plume de l'archange Gabriel* >>.
De plus, si le raisonnement est une manière de montrer qu'une notion est une partie d'une autre notion, on ne peut comprendre que le rapport entre deux notions également présentes à l'esprit, insaisissable à la conscience immédiate, puisse être découvert à l'aide d'une troisième. « A, B, G sont trois concepts, et nous sommes supposés connaître que A est une partie de B, B une partie de G; mais jusqu'à ce que nous mettions ces deux propositions ensemble, nous ne savons pas que A est une partie de G. Nous avons perçu B en G intuitivement par comparaison directe : mais qu'est-ce que B? Par supposition, B est, et on perçoit qu'il est A plus quelque chose. Nous avons donc perçu par intuition directe que A plus quelque chose est une partie de G, sans percevoir que A est une partie de G -. »
Psychologiquement, il n'est pas vrai que, pour arriver à cette proposition : Le duc de Wellington est mortel, la pensée soit obligée de passer par cette proposition : Tous les hommes sont mortels. Si l'on va au fond des choses, une observation attentive découvre que quand nous affirmons la première de ces propositions, c'est simplement parce que nous nous rappelons la mort de certains individus, Jean, Thomas, etc. La véritable raison de notre assertion, les vrais garants au témoignage desquels la pensée se réfère, ce sont, ici comme précédemment, les faits concrets que la mémoire a conservés et que l'imagination représente. Ges faits sont la condition nécessaire et suffisante de l'inférence : la proposition générale n'ajoute pas un iota à la preuve. Gela est si vrai ^ que les enfants « qui ne généralisent pas » savent inférer : ils ne s'approchent plus du feu qui les a une fois brûlés.