‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 66 sur 105 · Log., I · texte numérisé non relu

Log., I

LA LOGIOUE DE J. STUART MILL

rieure. Mais puisque, pour Suart Mill, les concepts ne sont rien, puisque le véritable objet de la pensée, ce sont les phénomènes extérieurs, la croyance ne peut plus être un seul instant négligée : car c'est par la croyance que les phénomènes représentés dans l'esprit sont connus et réels. Il est donc impossible « de séparer l'idée du jugement de l'idée de la vérité du jugement* >>. La croyance est l'équivalent subjectif de la réaHté objective. Ce n'est pas que Mill considère la logique comme ayant pour mission de déterminer la nature et les conditions de la croyance; c'est là un des plus difficiles problèmes de la métaphysique 2. H ne s'attache qu'aux croyances concrètes, à la croyance formée, de quelque manière que ce soit, aux choses crues. Par cette théorie, qui est une conséquence rigoureuse de ses principes, l'idée même de la logique est complètement bouleversée : la logique n'est plus une science formelle, ou du moins il faut distinguer la logique de la conséquence (consistency), qui a pour objet les rapports des idées entre elles, et la logique de la vérité, qui a pour objet les choses elles-mêmes, qui ne distingue pas la matière et la forme, et qui est seule intéressante ^

La théorie du raisonnement doit, à son tour, être transformée. Si l'on admet avec les anciens logiciens que la conclusion d'un syllogisme est tirée de la majeure, comment répondre à ceux qui signalent dans tout syllogisme une pétition de principe? Car il est évident que la proposition générale : Tous les hommes sont mortels^ n'est vraie que si la proposition particulière : Le duc de Wellington est mortel, l'est aussi. Non pas sans doute qu'en exprimant la première on sache que la seconde est vraie *, mais on Vaffîrme, et le paralogisme est évident à apporter en preuve de la mortalité d'un homme une assertion générale qui la présuppose. Puisque la proposition générale n'est vraie objectivement, absolument parlant, que si la particulière l'est aussi, on n'a pas le droit de l'affirmer tant qu'on ne sait pas si cette dernière

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