Ibid, ch. XVII, p
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pas qu'il ne soit rien : cl MiU, qui reconnaît des relations comme objets de pensée, ne saurait le soutenir. Ce lier, est dans l'esprit; on peut même dire qu'il est, en un sens, dans les choses : car les éléments de nos concepts ne sont Juxtaposés dans l'esprit que parce que les phénomènes qu Us expriment sont simultanés dans la réalité. Nous traduisons celte union réelle à notre manière; l'idée est l'équivalent subjectif de la loi objective qui préside à l'apparition des
phénomènes. ,.
Sur la nature et l'origine de ces concepts, diverses explications peuvent être proposées. On peut concevoir que l'esprit, au contact des choses, les trouve ou les retrouve, par intuition ou par réminiscence, de façon à les appliquer ensuite aux choses sensibles ou même à les substituer complètement aux choses sensibles, comme des vérités plus hautes et plus sûres. Telle était la doctrine de Platon. On peut concevoir que les choses sensibles soient, non seulement l'occasion à propos de laquelle l'esprit les connaît, mais une condition nécessaire ; l'esprit les découvrirait, les démêlerait peu à peu dans les choses elles-mêmes, de façon à entrer lentement en possession de ce qui lui appartient, les trouvant dans les choses parce qu'il s'y trouve lui-même, ressaisissant ce qui es à lui à pou près comme l'insensé ou l'homme ivre qui revient à la raison : telle est l'opinion d'Aristote. On peut concevoir nue l'esprit, pour imposer aux choses ses lois a pnori, se rende compte de l'application qu'il fait de ses lois à chaque groupe de sensations données, dégage la règle suivant laquelle il les construit, le mode ou, pour parler comme Pythao-ore, le nombre d'après lequel il les combine, ce mode, ce nombre, ou celle règle, ce monogramme ou ce schème étant à la fois distinct des images sensibles et des pures idées de a raison, et intermédiaire entre les unes et les autres : telle parait avoir été la pensée de Kant dans sa théorie du schématisme de l'entendement pur'. On peut même concevoir, a
1. . Le concept du chien, par exemple, désigne unerègle par laquelle mon
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LA LOGIQUE DE J. STUART MILL 401
un point de vue purement empirique, que chaque objet laisse dans l'esprit une sorte d'empreinte, et que, d une multitude d'empreintes semblables laissées par une multitude d'objets semblables, il naisse une empreinte unique qui en soit comme la résultante, à peu près comme dans les expériences de M. F. Galton, où vingt portraits de personnes d'une même famille superposés dans l'appareil du photographe donnent le type de cette famille : il doit être seulement entendu que ce type ou cette résultante n'est pas uniquement la loi inconnue et aveugle d'après laquelle les images se produisent et se groupent dans l'esprit : cette loi, du moins, tombe elle-même sous les prises de la conscience; elle ncst pas la cause invisible et présente de la juxtaposition des images, mais la loi connue et reconnaissable qui préside à leur groupement. L'esprit ne reconnaît pas seulement les choses semblables après qu'elles lui sont apparues : il sait qu'elles sont semblables et par quoi elles se ressemblent.
Sur la valeur objective de ces concepts, on peut aussi soutenir diverses opinions. On peut croire avec Platon et Arislote qu'ils sont la vraie réalité et existent plus et mieux que les choses sensibles elles-mêmes, qui n'en seraient qu'une ombre affaiblie. On peut croire avec Kant qu'ils n'existent que dans l'esprit, qu'ils sont imposés a priori aux choses sensibles, et que les choses ne pourraient s'y soustraire sans cesser d'être intelligibles. On peut croire enfin plus modestement que ce sont des symboles appauvris et diminués, que l'esprit substitue à la complexité des choses sensibles. L'essentiel est de remarquer que, dans tous les cas, les concepts sont des créations de l'esprit, que l'esprit, en les formant, s'affranchit de la réalité, soit pour la dépasser, soit pour l'égaler, soit pour la remplacer : il travaille pour son compte; les concepts sont sa chose, et, une fois qu'il les a formés, il n'a plus à s'occuper de ce qui lui est étranger. Voilà ce qui suffit à la logique et ce qui lui est nécessaire. C'est une des meilleures remarques de Stuart Mill que la logique n'a pas à s'occuper des questions de métaphysique. Elle demande cependant soit à la psychologie, soit à la théorie de la connaissance ou à la métaphysique, qu'il soit accordé que le concept est par lui-même quelque chose,
Bro'jhard. — Études.
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PHILOSOPHIK MODERNE
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sèment que « nous ne pensons pas P^y^^^^^P ^^'^ ^^,i„re, comme à la dérobée ces «""«'P 'ser R^n ne mettra mieux et dont le logieien ne peut se passer. R.en ne ^^
en lumière cette '^—potavC Herbert Spencer, discussion quil eut ^"^f ?"' ' g^gs conséquences le spencer, Von^^'^ip-^^^'^ ^^^Zn.^ire aux concepts, principe posé par M'"' ^ f«/" 1 aucun rôle dans le travail de ,„.e tels q- - -S.'^Lmme par exemple, dans le la pensée. Pour lui, ''" • n'apparaît pas dans la
paradigme ordinau^ J^/^^Sés communes à tous les pensée. On ne ?«- P^^/g";,,!^: est homme, car Socrate ne hommes quand on dit q"e socr connotés
possède pas /es "f « f J^rdetattributs exactement par le mot homme, mais «euiemen „„
lemblables ' : l'humanité d°'^. f "^r f -Xent. En d'autres attribut différent dans '^^^^^^^^^^^J^^^s seulement termes, il n'y a plus du tou J ^dée g né^ « ^^^^^^^
des faits particuliers; ce son bien celte fo ^^.^ ^^^^^^ ^.^^ et elles seules, qui sont lob^e de U^^ ^^^ ^.^.^^
ne veut pas «"«^ J"^^/; J „„ .^^note une ou plusieurs
^'^'"'l,:n"ces7enti le sensaUons produites en nous par les ressemblances (ent'« '^^ probablement pas que, si cent
objets extérieurs). 2^ n^^^^^^^^^^^ ,„ devra dire que
sensations sont ab,„^ ressemblance, et non qu'el e con-
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Les choses <^z:tr^:^^^^^- %
XTpréLrmttquelenomestcon.^^^^^^^^^^^^^^ corresponde à des sensations de son -n.^^ ^^^^ ^^^,^^,
rentes, •^''^^"/^^^te pis L sen's at^^^^ dérivées en une fois rnTorm:T"ulCanouies, ne peuvent pas plus revenir
. , • t 11 VI 6 P. 60, trad. Ribot et Espinas. 1. Principes de psychologie, t. U, VI, 0. P- ""'
LA LOGIQUE DE J. STUART MILL
que le même éclair. Il connole le type général des sensations constamment dérivées de tous les hommes, et le pouvoir (toujours un) de causer les sensations de ce type K »
Ainsi, tout à Fheure, le nom ne servait qu'à évoquer les images concrètes : à présent, il désigne, non plus ces images, mais la ressemblance constante que les groupes d'images présentent entre eux. Mais si la ressemblance, qui est connotée par le nom général, n'est plus une des images qui font partie du groupe, si elle n'est plus une chose réelle, ni une sensation, elle n'existe que dans l'esprit, car qu'est-ce qu'une ressemblance qui ne serait pas aperçue? Stuart Mill ne rétablit-il pas par là cette forme générale, ce rapport, qui ne va pas sans les images, mais qui est autre chose que les images, et que nous l'avons vu nier péremptoirement? 11 n'y a de concept, ou de signification du nom, que si la ressemblance est connue : or la ressemblance n'est pas perçue comme une sensation; elle est pensée. C'est donc un acte intellectuel qui fait le concept : Mill a passé sans s'en apercevoir du nominalisme au conceptualisme ; il est conceptualiste sans le savoir. Spencer ne s'y est pas trompé, et il a constaté expressément la grande différence qui sépare ici sa théorie de celle de Mill 2.
Par suite, on voit que c'est bien à tort que tout à l'heure, parlant pour un instant le langage de Mill, nous consentions à reconnaître une généralisation vague et irréfléchie; ce rapprochement d'éléments divers, qui se reproduit toujours le même, mais sans qu'on sache qu'il est le même, n'est qu'une ébauche, une ombre de généralisation : il imite la généralisation, comme Leibnitz disait que la mémoire imite la raison ; il est à la généralisation réfléchie, celle qui connaît la ressemblance, ce qu'un bégaiement est à la parole : c'est le premier effort d'une nature qui s'essaye à la généralisation et la pressent, sans y atteindre encore. Ce sont les matériaux de la généralisation; mais des pierres ne font pas un mur, ëf une cohue n'est pas une armée.
La théorie du jugement prête le flanc à des critiques