‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 87 sur 105 · Ibid., ch. II · texte numérisé non relu

Ibid., ch. II

quent pas le droit de distinguer la loi de similarité de la loi de contiguïté, et de la lui opposer, de même qu'on n'oppose pas un genre à une de ses espèces. En réalité, quand on parle de la loi de similarité, on veut dire qu'une sensation ou idée actuelle réveille une sensation ou idée antérieure, par cela seul qu'elle lui est semblable, et alors même qu'elle n'aurait pas été donnée, en fait, en même temps qu'elle. Hamilton^ raconte que le Ben Lomond avait la propriété de le faire penser au système d'éducation prussien, parce qu'un jour, au sommet de cette montagne, il avait rencontré un Allemand. Voilà une association par contiguïté. Penser à un original parce qu'on voit un portrait, reconnaître — c'est un exemple de M. Bain — une personne dans la rue parce qu'on a vu son portrait, voilà une association par similarité. Dans tous les exemples de ce genre, la ressemblance de l'idée présente avec l'idée rappelée — attraction of sameness — est la raison qui explique pourquoi c'est cette dernière, de préférence à toute autre, qui reparaît à la conscience. Elle est le lien qui les unit, la puissance évocatrice, la baguette magique, si l'on ose dire, qui ressuscite les idées éteintes et les force à prendre place dans le cortège des idées nouvelles.

Rien ne semble plus clair et plus légitime que cette distinction, et on comprend qu'elle ait été acceptée par presque tout le monde. A y regarder de près cependant, elle n'est peutêtre pas rigoureusement exacte, et nous allons essayer de montrer que les associations par similarité ne sont au fond que des associations par contiguïté. A défaut d'autres avantages, cette réduction, si elle est exacte, aura du moins le mérite de simplifier la théorie. Mais nous indiquerons quelques-unes des conséquences qu'elle entraîne, et qui sont importantes.

D'abord il assez malaisé de comprendre ce que serait la ressemblance d'une idée présente à l'esprit avec une autre qui, par hypothèse, n'est pas actuellement connue, puisque

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