Voy. Taioe, De Vintelligence, liv. II, p, 1, ch. i
Brocuard. — Études*
c'est lassocialion qu'il s'agit d'expliquer. Il n'y a point de ressemblance s'il n'y a au moins deux termes; or on ne pour^ rait supposer deux termes comparables entre eux quen commettant un cercle vicieux. La ressemblance ne peut ère connue de l'esprit qui associe les idées : s .1 la connaît, les idées sont déjà associées; s'il ne la connaît pas, ce n est pas en raison de la ressemblance qu'il fera l'association.
Dira-l-on que cette ressemblance existe cependant, qu elle est réelle, objective, indépendante de la '^o""«/^«";;^\". "" esprit individuel peut en avoir à un moment donné? Mais U y a quelque difficulté et même quelque danger à transformer en choses en soi nos représentations. En supposant que ce te métamorphose fût légitime pour les idées, elle serait absolument inadmissible lorsqu'il s'agit des >-«PP°--lf^,«,« f,^f ,j! la ressemblance est évidemment un rapport 1 ^ut être Platon pour concevoir la Ressemblance en soi, le Même en soi, sans objets qui soient semblables ou qui soien les mêmes Une ressemblance ne peut exister que par rapport a un esprit
et dans un esprit. , , i i^o
Il ne reste plus qu'à dire que la ressemblance entre les idées qu'il s'agit d'associer existe virtuellement par rappor à tous les esprfts ou à un esprit quelconque. Mais s. elle n est que virtuelle, comment peut-elle exercer une action quel, conque sur une idée virtuelle aussi, puisqu il s agit de la faire passer à l'acte? Comment ce qui n'est pas encore pense peut-il faire en sorte que nous pensions à une chose que nous avons cessé de penser? De quelque côté que Ton se ourne, i faut ou renoncer à se faire une idée des associations par similarité, ou recourir à des formules -^y'^f^^]"^^^^^^^^^^^ celles dont nous nous sommes servi nous-même tout à 1 heure Mais les formules mythologiques sont vides de sens, et il laut les bannir de la science.
On demandera peut-être pourquoi la même question ne serait pas posée à propos des rapports de contigui é : pas plus qu^e la ressemblance, la contiguïté n'est représentée dans resprit au moment où une première idée apparaît; elle ne peut pas non plus être conçue comme existant objectivement en dehors de toute pensée, ou comme exerçant une action quoique virtuelle. Mais au moins les associations par conli-
guïté, si elles sont rationnellement inexplicables, présentent cette différence qu'elles sont une application particulière d'une loi plus générale, la loi de l'habitude. L'esprit, en effet, se borne à accomplir les mêmes actes qu'il a déjà accomplis, sans les modifier et sans y rien ajouter. Que cette loi même de l'habitude soit en dernière analyse inexplicable, c'est ce qu'il serait difficile de ne pas accorder : on doit l'accepter à titre de fait. Il faudrait accepter de même, sans la comprendre, la loi de similarité, si elle s'imposait de la même manière : mais on conviendra qu'il vaut mieux faire autrement, si on le peut. Or on le peut.
Considérons d'abord le cas où des idées, qui paraissent associées par similarité, sont des concepts. La ressemblance alors ne peut être que partielle. Car deux idées qui seraient entièrement semblables ne seraient qu'une seule idée. Par exemple, le papier blanc qui fait penser à la neige ne lui est semblable que par la couleur et en diffère par toutes les autres qualités. Au lieu de comparer entre elles deux idées prises en bloc, nous comparons deux parties que l'attention détache pour un moment du tout où elles sont comprises : nous pensons, comme dit Stuart Mill S « par parties de concepts ». Que se passe-t-il alors dans l'esprit? Au moment où il éprouve la sensation de blanc, si cette sensation a quelque intensité, si pour cette raison ou pour une autre elle s'isole du groupe dont elle fait partie de manière à occuper la conscience, ne fût-ce qu'un instant, il se retrouve, qu'il le reconnaisse ou non, dans un état où il s'est déjà trouvé auparavant : les idées qui ont accompagné la sensation la première fois qu'elle s'est produite (supposons que ce soit en voyant de la neige) reparaissent d'une manière immédiate, automatique en quelque sorte. Elles font irruption dans la série des idées nouvelles que l'esprit est en train de former et s'y mêlent. A chaque instant, quoi que nous fassions, nous sommes sollicités par des associations de ce genre, suggérées par les diverses parties des idées qui nous occupent ^ C'est de là que viennent les distractions. Il dépend de nous sans doute de
i. Philos, de Hamilton, ch. xvii, p. 383, trad. Gazelles. 2. Voy. Taine, De Vintelligencey liv. H, p. 1, ch. i, 5.
Brocuaro. — Études.
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PHILOSOPHIE MODBRUE