XII PRÉFACE
Par exemple^ quand le philosophe rencontre en dehors de lui-même un étre^ homme ou animal, dont les mouvements expriment Tinlelligence^ Tactivité ou la sensibilité, le philosophe est en droit de prononcer que cet être, homme ou animal, a une' âme, et que cette âme est semblable à la nôtre dansv la mesure même des puissances dont Têtre ob-i serve produit extérieurement les signes. Onconçoîti que cette méthode, très -prudemment employée, puisse conduire à une certaine psychologie desgen^ res inférieurs à l'homme^ et, par conséquent» à une certaine métaphysique de la nature. Croire que, dans l'homme, ce qui connaît, agit et sent est né* cessairement une âme ; et croire au contraire que l'animal connaît, agit avec choix, souffre et jouit sans avoir une âme, ce n'est pas seulement une inconséquence, c'est une flagrante contradiction. Il y a dans la nature une loi de gradation des âmes comme il y a une loi de gradation des organes et des corps. Cette admirable et double loi, le génie d'Âristote l'a reconnue et posée. Mais quand il la proclamait à l'égard de^ âmes« des entéléchies, ainsi qu'il les nomme, il se comportait, quoi qu'il en dise, en psychologue bien plusqu'en naturaliste, et 5a métaphysique se fondait sur la psychologie autant pour le moins que sur l'histoire naturelle. Cette dernière science lui donnait le spectacle de la vie extérieure et de l'organisation des genres inférieurs