‹ Etudes de philosophie greeque & latineChapitre 16 sur 20 · VI · texte numérisé non relu

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La théologie et la morale d'Abélard confirmeraient au be-» soin notre appréciation. Nous ne saurions prolonger en* core une discussion déjà très^ongue. Disons cependant, en finissant, que le constant souci de la réalité du genre, et l'aperception, précoce à cette époque, des caractères essentiels de rindividu, accompagnent Abélard ici dans ses méditations sur le mystère de la Trinité chrétienne, là, dans ses pénétrantes analyses du péché, de l'intention morale, de la responsabilité et principalement de la volonté. Théologien, il affirme énergiquement la réalité du genre lorsque, sous plus d'une réserve et au prix de plus d'un danger, il compare le genre à Dieu le Père, c'est-à-dire à un être tellement réel, que, selon Abélard, aucune catégorie ne peut exprimer cette substance inexprimable (2). Théologien encore, il est frappé si vivement de la réalité

(4) Fragra. de Phiîos. Schoîast, p. ÎOO. t n maintint sous un autre nom les droits du nominalisme ; il le sauva en le tempérant, et, d*uo autre côté, sans le vouloir, en combattant le réalisme, il Pépura. »

(2) Introd. ad. Theolog., éd. Cousin, p. 88 et 98.

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individuelle des attributs coustitutifs de chaque personne dinne (t)^ que malgré ses précautions et sa bonne foi, il prête le flanc aux terribles reproches d'hérésie que lui lance saint Bernard. Moraliste^ il fouille dans Tâme jusqu'aux racines du pouvoir personnel, et met à nu l'élément le plus individuel de l'acte libre, Tinteation (2). Il va ainsi du genre à l'individu et de l'individu au genre, comme s'il avait à cœur d'opérer laborieusement la synthèse de ces deux extrêmes. Un merveilleux instinct le pousse vers tout ce qui reflète ua rayon du vrai. Quand il oscille» c'est qu'il aspire à l'équilibre. Quai?d il semble se contredire, c'est que sa raison recule devant l'exclusif et le faux. On sent fermenter dans ses ouvrages tout ce que ses successeurs dans la scholastique diront de meilleur. II méritait et son éditeur et son historien, car il eut, à un rare degré, le regard vaste qui embrasse tous les éléments d'un immense problème, et un commencement de cette force souveraine qui se plaît à les concilier. Bien des nuages, bien des ténèbres se mêlent encore à ses lumières et les empêchent de se. fondre en un seul faisceau de vérités. Mais n'oublions pas que n«us ne sommes ici qu a l'aube de la pensée moderne. Le soleil leyant ne plonge pas dans le fond des vallées; mais du moins il darde ses premiers rayons sur toutes les cimes de la même chaîne de montagnes, et fait entrevoir qu'une base unique et inébranlable les relie et les soutient.

(4) Introd. ad Theolog,, cd. Cousin, p. 95. Remarquez surtout la comparaison de la Trinité avec un homme doué de plusieurs facultés. (9) Ethicùt seu liber dictus Scito te ipsum, passim.

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