‹ Etudes de philosophie greeque & latineChapitre 5 sur 20 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

jusqu'à un certain points la nature et les puissances des causes dont elle n'a pas Taperception immédiate.

Le sens commun fait à chaque instant de telles inductions. Sans ces inductions, nous ne saurions à qui nous avons affaire et la vie serait impossible. L'enfant fait à son image tous les êtres qu'il rencontre ou qu'il voit. Il est vrai que lorsqu'il bat et croit châtier la pierre contre laquelle il s'est heurté, son induction est trop prompte et sa métaphysique fausse. Il n'en fait pas moins de la métaphysique, car il affirme en dehors de lui une cause qu'il conçoit à l'image de celle dont il sent la présence en lui-même. Les savants les plus sceptiques à l'égard des causes imitent cet enfanta Pendant qu'ils nient l'âme avec obstination, il leur arrive d'attribuer à une molécule chimique une énergie de causalité et des puissances ordonnatrices qui n'appartiennent qu'à l'âme pensante et même à l'âme divine.

Pour sortir de lui-même et étendre sa connaissance de la cause tantôt au*dessus de lui-même, tantôt au*dessous,. tantôt du côté delà nature, tantôt du côté de Dieu, le philosophe emploie le^ême procédé ; mais il doit en user avec plus de précaution et de mesure, sous peine d'affirmer ce qui n'est pas évident ou ne peut être démontré, c'est-à-dire d'enlever d'avance à ses assertions toute valeur scientifique.

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