DEUXIÈME PARTIE
DÉTAILS nos EXPLICITES : RAPPORTS DES MOUVEMENTS DES ANIMAUX, OU DES PONCTIONS PB YSIOLOGIQl’ES, AVEC l’aTMOSPHÈRE INTÉRIEURE,
L’ ATMOSPHÈRE ENVELOPPE, ET l’ÉTAT ACTUEL DES TISSUS ÉLASTIQUES HtetJLATEURS DBS PRESSIONS DANS LES DIVERS MILIEUX DE l’économie ANIMALE (4).
SOMMAIRE
(<é) Respiration : t* Au point de vue chimique : l'atmosphère intérieure est une source des gax à» «s par la respiration; cas singuliers des expériences expliqués par là ; asphyxie dans l’acide carbonique; etc... 2° Au point de vue mécanique : les mouvement, oscillatoires de la respiration n'ont qu'une influence minime sur la vitesse de sortie de l’acide carbonique ou autres gaz rejetés peudant la respiration; l’atmosphère intérieur* est une force active dans les mouvements oscillatoires de la respiration, c'est
(1) Os voudra bien se rappeler ici encore, une fois pour tomes, les quelques mou «Sis (Me do ce volume , ,«t que nous ne prétendons pas publier autre chose que des «■de* «bachce», bien que nous y ayons passé de longues années.
l'élément régulateur de leur fréquence ; contraction du diaphragme périodiquement provoquée; mise en jeu du diaphragme i l'instant précis de la naissance; équilibre mobile des mouvements respiratoires avec l'atmosphère intérieure et celle enveloppante; appareils animaux compensés. — (fi) Circulation des liquides, spécialement du sang. 1“ Cas réguliers'; problème général de la circulation régulière du sang; force motrice; charge entière; résistances hydrauliques; la résistance des vaisseaux provient de deux termes dont l'un variable; principe de la rariation du calibre d'un taiueau et, par suite, de la variation de la circulation en un milieu; contraction du cœur périodiquement provoquée, à l'oreillette, au ventricule; équilibre mobile général de la circulation : la circulation est conjuguée, pour l'ensemble, à l'atmosphère intérieure et i relie envelopp:nle par les oscillations respiratoires; elle est conjuguée encore à la locomotion par les agitations et les chocs qui en proviennent; cas des aéronautcs, des bains d'air artificiellement variés dépression; équilibre mobile de la circulation, d'un organe i un autre; phases diurnes, annuelles, de la vie. 2“ Cas de perturbations extrêmes, [maladies : perturbations dans l'atmosphère intérieure; maladies saturnines; poisons en général et spécialement définition des poisons anti-septiques; difficulté fondamentale pour l'intelligence des perturbations extrêmes de la circulation, viscosité et qualités chimiques du sang variables, fluidité typhoïde; effet utile de l'hétérogénéité du sang; perturbations locales pour un état constant de viscosité et de qualités chimiques du sang; expériences nombreuses fournies toutes faites sur l'homme même, par suite de sa civilisation. 1° Cas avec solutions de continuité diverses : épine, piqûres, entamures, solutions profondes qui atteignent ou non la surface. 2" Cas sans solutions de continuité : perturbations locales abdominales, douleur de colique; difficulté fondamentale dans l'abdomen, cause d’erreur; cas où la respiration est influencée, ras où elle peut ne l'étre que peu ou point; aperçu résumé.
— (C) Digestion ; 1° Translation alimentaire : l'irritabilité propre de la muqueuse intestinale ne règle point la translation de l'aliment; contraction de l'intestin provoquée, selon le principe général des muscles, par la traction ; ordination précise des contractions motrices de la matière alimentaire; les fibres musculaires intestinales sont simplement involontaires; exceptions à l'estomac et en remontant, puis encore au rectum; occlusion passive du rectum, du cardia, généralement de tous les orifices mous, dans l'économie animale, mécanisme; accroissement de la circulation locale partout où sont des matières intestinales, fsurtout les gaz; odeur d'haleine d'origine intestinale, odeur inteslioate provenant du dehors. 8° Conditions chimiques spéciales dans les êtres et propres à y provoquer des composés chimiques spéciaux, instables. 5» Source de chaleur animale dans l'intestin, etc... — ( D ) Distribution des organes.
— (As) Physique animale et médecine physique. — (F) Aperçu de ces questions en anatomie comparée, diaphragmes divers; les tissus et fluides élastiques intérieurs existent dans tons les animaux ; ivresse, effetsjdc l'ammoniaque ingérée dans l'intestin ; mal de mer, vomissement ; limite de la taille des oiseaux. — (G) Extension de ces considérations physiques au mouvement moléculaire dans les végétaux ; cause triple du mouvement de la sève, équilibre mobile, changement de signe du mouvement; va-
nations diurnes, eo-mctéorologiques, annuelles. — (H) Propositions : cause seconde de la phthisie pulmonaire; chlorose, scorbut.
{A) Rapports de la respiration des animaux avec leurs fluides et tissus élastiques.
1° Au point de vue chimique. — La production dos gaz intestins est une source des gaz émis par les voies respiratoires.
Le tube intestinal contenant toujours de l’acide carbonique, de l’azote, un peu d’oxygène, et variablement de l’hydrogène sulfuré, des vapeurs alcooliques, etc.., il sortira, parla respiration dans l’atmosphère terrestre, de l’acide carbonique, et cncorcde l’hydrogène sulfuré, des vapeurs d’alcool, etc... s’il en existe. Il pénétrera de l’oxygène et de l'azote, s’il s’en consomme dans les réactions intérieures. Si l’animal est placé dans des atmosphères spéciales, par exemple dans une atmosphère d'hydrogène, il sortira de l’acide carbonique, de l’azote, et il pénétrera de l’hydrogène. Des cas de oe genre ont été constatés par les expérimentateurs; et ces cas singuliers, inexpliqués jusqu’à présent, deviennent ainsi des cas réguliers, fhcilcs à comprendre et à prévoir.
Dans une atmosphère extérieure où se trouverait beaucoup d’acide carbonique, il n’en sortirait que peu de l’intestin , ou même il pourrait se faire qu’il en pénétrât : cela dépendrait du rapport des pressions propres de ce gaz dans l’atmosphère intestinale et dans l’atmosphère ambiante. Si l’acide carbonique se trouve à une grande pression propre dans l’atmosphère extérieure , la pression propre du même gaz dans l’atmosphère intestinale peut monter approximativement d’autant, au-dessus de sa grandeur normale : ranimal a 'subit alors comme une véritable ivresse, la pression croit dans l’abdomen comme elle y croit dans l'ivresse alcoolique, et tout est troublé dans la circulation et dans les mouvements respiratoires, ainsi que nous le dirons bientôt, c’est un cas d’asphyxie.
La sortie de l’acide carbonique et la pénétration de l’oxygène par
>la voie respiratoire pourraientdoncn’ètrequ’unequestion secondaire comparativement à la question* majeure de la pression dans l’atmosphère abdominale régulatrice de toutes les fonctions : pression qui est entretenue longuement, et modérée dans sa détente, par ces échanges respiratoires. Comme il ne s’agit ici que de généralités sur ces questions, nous laissons de cèté tous détails.
2* Rapport des gaz intérieurs avec la respiration au point de vue mécanique. — À ce point de vue mécanique de la respiration , . après un examen attentif, on«st confirmé dans l’aperçu précédent ,, que la nature des gaz échangés pendant la respiration, bien que liée essentiellement aux phénomènes, pourrait être moins fondamentale que les conditions mécaniques qui résultent de ces échanges dans le système de l’économie animale. En effet : d’abord .la vitesse d’échange (ou la sortie et l’entrée des gaz échangés) est peu accélérée par les mouvements oscillatoires du thorax, par l'entrée et la sortie de l’air. Il n’entre en effet et ne sort à chaque inspiration qu’une fraction assez, petite de l'air contenu, c’est comme un pistou d’air qui se meut à l’entrée des poumons : des gaz près de sortir sont refoulés è l’intérieur pendant l’inspiration aussi bien que< des gaz profonds sont amenés au dehors pendant l'expiration : c’est là uac simple oscillation superposée à une propagation d’autre origine, rétciproquc, indépendante : et ainsi, en somme, l'échange des gaz hétérogènes dépend généralement des lois communes de la vitesse de propagation des gaz dans les gaz hétérogènes. Il en est uniquement, rigoureusement, ainsi dans les animaux à trachées.
D’ailleurs, dans la respiration régulière, par exemple, pendant un sommeil paisible, l’expiration suit imraédiamcnt l'inspiration, et un intervalle do temps sépare l’expiration de l'inspiration suivante : or ce devrait être l'inverse si les mouvements respiratoires avaient pour but spécial, avant tout, d'introduire de : l’air destiné à agir sur le sang.
Ces mouvements respiratoires alternatifs, et les états alternatifs de plus grande et de moindre pression qui en résultent, dans les roi-
lieux divers de la grande cavité splanchnique paraissent, avoir poon but plus spécial de contribuer à la circulation des liquides ( influence admise du reste par les physiologistes et sur laquelle insiste Mi'P. Bérnrd), et de là régler, comme il sera bientôt dit.
D'autre part, la force élastique des gaz abdominaux est un élément actif dans les mouvements oscillatoires de la respiration : c’est une force expiratrioe, et la fréquence de ces mouvements oscillatoires de la respiration est conjuguée à la tension somme des gaz abdominaux, par cela que c’est le diaphragme qui les produit dans la res*, piration paisible, régulière (t). Or la fréquence do contraction du diaphragme dépend de la tension somme des gaz abdominaux , tension provocatrice de la contraction du diaphragme selon le principe général des muscles.-
Celte force élastique de l’a tmosphère intérieure provoque la contraction du diaphragme, d’abord sa première contraction a l’instant précis de la naissance, pois périodiquement toutes ses autres contractions non volontaires , toute la vie durant et jusqu’à la mort. Lo diaphragme est un muscle volontaire, non-différent de tout autro muscle volontaire : il se contracte en effet quand nous le voulons; et s’il se contracte encore sans l’influence de la volonté, périodiquement, c’est qu’il y est périodiquement provoqué selon le principe général des muscles. Cette provocation survient ainsi par suite des conditions exceptionnelles de ce muscle, c’est-à-dire, parce qu’il est exceptionnellement tendu sans cesse, et périodiquement plus tendu, au degré provocateur. Ce muscle diaphragme en effet n'est que peu tendu immédiatement après qu’il a opéré la dépression des viscères abdominaux, et pendant que l’élasticité des gaz intestinaux (jointe à celle du poumon, etc... ) remonte vers lui ces viscères -. mais une fois qu’ils sont rendus en haut, la force élastique des gaz abdominaux pousse sur le diaphragme avec plus d’intensité, sa contraction est
(1) Celte opinion que les mouvements complexes de la respiration paisible sont du* à la seule contraction du diaphragme, était déjà enseignée du temps de Galien; et nous la croyons maintenant établie par un travail commun à M. Beau et a nous sur ce sujet.
provoquée , et ainsi périodiquement, pendant toute la vie extrautérine.
Dans le sein de la mère ( ou dans l’œuf, car la question est générale pour toutes les enveloppes, jusqu'à la naissance), la pression enveloppante est grande , et comme elle agit sphériquemcnt sur l’ovoïde aplati d’avant en arriére que représente la grande cavité splanchnique, elle l’aplatit encore davantage, et maintient sous un certain volume les gaz qui alors déjà existent dans l’abdomen : le diaphragme ne subit point de traction exceptionnelle. Mais dès que les eaux se sont écoulées , et alors surtout que la cavité splanchnique a franchi la vulve, la pression sur l’enfant diminue tout à coup; au moment même les gaz prenant du volume, le ventre s’arrondit, le diaphragme se trouve provoqué, et la respiration commence. On peut même dire que toute l’enveloppe de la grande cavité splanchnique est provoquée, tiraillée, l’enfant vagit, et le vagissement dénonce par sa vivacité la grandeur de l’action provocatrice et de la réaction , du l’énergie des conditions de la vie , dans cette nouvelle existence, comme on le sait par l’observation. Ainsi donc, la vie extérieure commence, la circulation change, etc... à instant précis, puis la provocation périodique du diaphragme continue jusqu’à la mort. On conçoit dès lors (abstraction faite de la pression sur le cordon ombilical) le danger constaté pour l’enfant, d’un accouchement par les pieds , si la tête reste prise quelque temps encore quand déjà la cavité splanchnique est libre dans l'atmosphère extérieure, déchargée de la pression due à la mère.
Ultérieurement dans la vie, la provocation du diaphragme devient plus fréquente avec la plus grande production des gaz abdominaux. Cette contraction du diaphragme régie la sortie des gaz en réglant la circulation : et ainsi le système est compensé, comme il sera dit avec détails.
Généralement tous les appareils animaux paraissent compensés et leurs fonctions stables, en état d’équilibre mobile. Nous en discuterons plusieurs cas ; et l’on voit d’avance, avec un peu de réflexion, que
les idées physiques que nous présentons conduisent naturellement à de semblables mécanismes, compensés, modérés. En effet, l’idée générale est : gaz moteurs premiers, et mouvements qui dépensent les gaz ; aliments qui les restituent... ; il en devra donc résulter des étals continus, grâces à l’aliment source de gaz; et ces mouvements seront variés en maximum et minimum par des oscillations conju-' guées, de toutes sortes, dont un élément fondamental sera la grandeur de la force élastique de l’atmosphère intérieure.
(B) Circulation des liquides , spécialement du sang.
i‘ Cas réguliers.
Tous les mouvements des liquides (et généralement même tous les mouvements des fluides pesants), dans l’économie animale, dépendent des forces accélératrices nées dans les tissus tendus, et sont réglés par l’atmosphère intérieure; mais, pour ne considérer cette question que d’une manière générale et simplement sous un point de vue hydraulique, choisissons la circulation du sang qui est le mouvement de liquide majeur dans l’économie animale.
Du cœur gauche au cœur droit, à travers le système général dès vaisseaux, et du cœur droit au cœurj gauche à travers le système pulmonaire, il n’y a point à tenir compte de la différence de niveau aux deux extrémités des conduits multiples, puisqu’il n’en existe pas. Il n’y a point à tenir compte non plus de la différence de pression (comme on le fait en hydraulique quand la pression diffère sur l’orilice d’entrée et sur l’orifice de sortie du liquide) : la pression enveloppante est ici la même aux deux extrémités, sur les deux cœurs, Ou sur l’aorte et sur les veines caves, puisque tous ces organes sont dans le même milieu, dans le médiastin.
On peut même encore écarter, pour la discussion générale, la question du cœur. En effet le cœur exerce son action sur la circulation par moments seulement, ou d’une manière intermittente, rapide, et presque instantanée. Sa contraction a pour résultat final de remonter, àchaque période, le terme de la charge entière du système
des vaisseaux vers une grandeur moyenne, constante pour un temps court, et peu variable entre deux contractions, comme l’ont prouvé les expériences de Haies et spécialement celles de Barrv,de M. Poiseuille. L’effet du cœur est comme celui de la main qui remonte une horloge. La vraie force accélératrice continue, motrice avec la pesanteur, c’est t élasticité de la paroi artérielle : élasticité susceptible d’être mise très-simplement en expression de charge liquide, comme dans le cas où, en hydraulique, il existe une pression sur le réservoir, et comme nous l’avons déjà fait nous-inême dans un autre travail sur cette question. Ainsi l’aorte est un réservoir fermé où la pression sur la paroi, égale à la réaction aortique, est la vrai e force motrice du sang, et exprime, si on la traduit en hauteur de sang, la grandeur de ta charge entière de la circulation.
A ce point de vue général de la circulation, on déduirait immédiatement la vitesse théorique du sang de la connaissance de l’élasticité mise en jeu dans l’aorte, et la réduction de la vitesse théorique à la vitesse réelle ne dépendrait plus que des résistances dans le système des tuyaux. Ces résistances paraissent minimes dans les troncs et les branches, mais au delà clics croissent rapidement (c’est du moins ce qu’on peut déduire des expériences de M. Poiscuillc), et leur maximum est dans le système capillaire. Ces résistances proviennent initialement de la viscosité du sang, élément indéterminé, mais qu’on peut encore laisser en dehors de la question générale, quand il restera constant. Les résistances alors (provenant d’une même viscosité du liquide) seront liées surtout au calibre des vaisseaux, et seront au maximum dans les vaisseaux capillaires. Or ce calibre des vaisseaux capillaires ou autres est lié de son côté à la pression même dans le milieu où ils se propagent. C’est donc ici un point capital, soit pour les variations générales de la circulation, soit pour les variations locales, respectivement d’un organe à un autre, etc. En voici le principe, qui conduit très-loin : généralement, si la pression varie en un milieu de f économie animale, les vaisseaux y devront, par ce fait seul, varier de calibre; et, par suite, la circulation y devr
varier, selon les lois générales de l’hydraulique. En elfet, si l’on considère une portion de vaisseau (c’est-à-dire, d’un tuyau souple, amplement élastique, comme sont les vaisseaux des animaux), on voit qu’à un instant donné, le calibre actuel du vaisseau dépend d’un état d'équilibre mobile, entre, d’une part, la pression actuelle (hydrauliquement parlant) sur la paroi interne du vaisseau, pression excentrique (mensurabie au piézomèlre et dont le théorème de Bernoulli ferait connaître la grandeur, si l’on possédait toutes les données qu’il exige); et, d’autre part, la réaction égale à l'action précédente, mais de sens opposé, c’est-à-dire, concentrique. Or cette ■ réaction se compose de deux termes : l'un est dû à l'élasticité actuellement en jeu dans la paroi même du vaisseau considéré , et f autre est la pression enveloppante qui circonvient ce vaisseau, ou la pression dans le milieu qu'il traverse. Si ce second terme varie, le calibre du vaisseau devra varier et nécessairement. Cet effet qui doit résulter ou la variation du calibre du vaisseau sera d'autant plus ample, pour une même variation de la pression enveloppante, que la paroi même du vaisseau fournissait un terme moins grand à la réaction somme. Ainsi la variation de calibre sera minime dans les artères, grande dans les veineset grande encore surtout dans les vaisseaux capillaires qui paraissent avoir des parois très-minces, peu résistantes par elles-mêmes, et amplement élastiques. Une conséquence de ces idées c’est que le pouls serait dû à un choc rétrograde, un mouvement de recul, de toute la colonne artérielle sur les valvules sygmoïdes, à l’instant précis de leur occlusion exacte, et sous la réaction somme dite. Il y aurait de l’analogie entre ce phénomène physiologique et ceux purement physiques du bélier hydraulique, du marteau d'eau; c'est une proposition que nous développerons plus tard, revenons aux pressions.
Toute la circulation du sang , et même des autres liquides, parait ainsi comme conjuguée aux pressions dans les divers milieux , ou aux forces accélératrices provenant des membranes tendues qui règlent ces pressions intérieures concurremment avec la pression
ambiante à un animal, et, à partir de sa surface extérieure, jusqu’au centre de cet animal.
Dans les termes généraux où nous en sommes relativement à la circulation, un état de tous les vaisseaux étant donné , il y aurait, par les veines caves et par celles pulmonaires , une certaine vitesse de sortie. Mais ces veines étant fermées par un cul-de-sac, le cœur ui-même, le sang s’y répandra (dans l’oreillette et aussi dans le ventricule) , la pression y croîtra successivement et rapidement jusqu’à la hauteur due à la vitesse d’entrée du sang ; la pression sur la paroi du cœur croîtra donc et rapidement ; jusqu’à ce qu’enfin cette pression successivement plus grande devienne toulàcoupprovocatriee de l’oreillette ( mais seulement de l’oreillette dont la paroi est mince) ; l’oreillette alors se contracte, le sang passe en masse d’un seul côté, dans le ventricule, sous la charge due à l’oreillette en action. Par suite, la pression croît sur la paroi du ventricule, instantanément jusqu’à la grandeur provocatrice due à la contraction de l'oreillette, le ventricule part alors, se contracte lui-même, remonte la force élastique aortique, et ainsi périodiquement le sang circule toujours. On voit que ces deux contractions d’oreillette et ventricule devront être : celle de l’oreillette, d’une durée à peu près instantanée; et celle du ventricule, plus durable, mais presque simultanément consécutive : puisque l’oreillette n’a (sauf le reflux veineux) qu’à faire passer le sang dans le ventricule, tout d’un côté où il s'en trouvait déjà, aussi bien que dans l’oreillette, à l’instant où celle-ci est entrée en action.
En quelques mots : la translation moléculaire et spécialement la circulation régulière du sang, dans les animaux, se trouve dépendre de la pression dans les divers milieux de l’économie animale, parce que celle pression est régulatrice du calibre des vaisseaux. La circulation dépend plus généralement des forces accélératrices provoquées dans les tissus élastiques et de leurs variations : la circulation est donc liée : 1* aux oscillations de la pression dans la grande cavité splanchnique, c’est-à-dire, aux mouvements respiratoires;
2° par suite, à la grandeur moyenne de la pression dans l'atmosphère abdominale, pression en somme provocatrice du diaphragme et régulatrice de la fréquence de ses contractions : et partant la circulation se trouve liée à la production des gaz intestins ; 3* la circulation dépend encore des secousses de la locomotion qui mettent eu jeu l’élasticité des tissus, et d’où résultent des variations de la pression dans les milieux ébranlés; 4° enfin, la circulation variera encore quand surviendront des variations dans la pression extérieure à l’animal, pression ambiante régulatrice du volume des gaz intestins et dont la diminution produit le même effet, pour l’abdomen, que celui qui résulterait d’un accroissement de la pression dans l'atmosphère abdominale, celle enveloppante restant constante.
Pour entrer dans quelques détails : il y aura, toutes choses égales d’ailleurs, retard, moindre vitesse dans le mouvement circulatoire, pour cause de moindre pression abdominale , pendant le jeûne , le repos, le sommeil; accélération, après une nourriture abondante de mets aromatiques, ayant déjà subi un commencement de putréfaction, fermentation, ou de décomposition spontanée, et donnant lieu promptement, abondamment à des dégagements de gaz ; après l’ingestion de liquides à gaz dissous (1), de liquides contenant de l’alcool dont la vapeur agit comme un gaz à sa tension propre, et jusqu’à l’ivresse. Sous ce même point de vue, la circulation sera encore accélérée par les secousses de la locomotion, lesquelles agitent le liquide intestinal et accélèrent l’émission ou activent la mise en liberté des gaz qu’il contient, comme il arrive dans un liquide à gaz dissous et que l’on agite (2). Mais les secousses de la locomotion accélèrent la circulation surtout par les membranes élastiques qu’elles font jouer amplement, et parce que ces effets des chocs sont con-
(1) Nous devenons personnellement asthmatique, pendant une ou deux heures, pour deux ou trois verres de vin de Champagne pris par-dessus un repas copieux.
(2) C'est mime li, pour le dire en passant, une nouvelle preuve, entre tant d'autres, de l’influence des vibrations sur la stabilité d'agrégation moléculaire des corps.
vertis en effets utiles par le mécanisme des valvules des veines, comme il en sera traité spécialement.
Il y aura encore accélération de la circulation et de la respiration, sang à la peau, si la pression extérieure à l’animal, enveloppante, vient à diminuer ; et jusqu’à l’ivresse et à la mort, si elle diminue toujours; la pression dans l’atmosphère abdominale croissant d’autant, relativement à ses effets, que celle extérieure diminue ; cl les gaz intestins prenant du volume, distendant tout, jusqu'à rupture, si la pression extérieure est très-rapidement supprimée.
U y aura lieu à effets inverses et retour du sang vers les vaisseaux des milieux profonds, si, au contraire, la pression extérieure à l’animal croit : l’effet sera médicalement sédatif, calmant de tout, de la respiration et de la circulation.
L’expérience des aéronaules et encore les expériences de M. Junot qui ont été soumises à l’Académie, sont là pour confirmer toutes ces déductions et les justifier.
Dans tous ces cas divers, la circulation et la respiration accélérées tendent à dépenser plus rapidement l’atmosphère abdominale, et ainsi à ramener l’équilibre, le calme régulier.
Toutes ces membranes élastiques accélératrices du mouvement moléculaire dans l’économie animale, celles entre autres spéèialement bien importantes qui constituent les enveloppes et la trame des organes parenchymateux (et dont nous ne pouvons pour cela traiter ici où il ne s’agit que de généralités), toutes ces membranes, disons-nous, passent par des états de plus grande et de moindre tension, simultanément pour quelques-unes, alternativement pour d’autres, et plus ou moins périodiquement, avec les vicissitudes de l'aliment, de l’attitude, du repos en place ou de la locomotion, des saisons, etc., etc. : de là des vicissitudes incessantes dans la vie, balancées dans toute l’économie animale, d'un lieu à un autre, d’un organe à d’autres : de là l’état momentané, puis toutes les phases diurnes, puis toutes les phases annuelles, puis les phases successives de la vie. C'est donc une portion majeure' de la physiologie que tous
ces états d’équilibre mobile généralement incessants, en des appareils compensés et stables, sauf les perturbations accidentelles qui dépassent les limites : nous en discuterons ultérieurement plusieurs spécialement.
2* Cas de perturbations extrêmes.
Les perturbations accidentelles qui dépassent les limites des vicissitudes régulières constituent des états maladifs : ces idées donc donnent naturellement une entrée physique dans la médecine. On voit d’abord que les perturbations les plus graves pour le système entier devront provenir surtout des perturbations propres de l’atmosphère abdominale ou intérieure, régulatrice de tout le mouvement moléculaire. Ainsi , par aperçu , dans les maladies saturnines où les gaz sont diminués dans l’atmosphère abdominale, il y a ralentissement, torpeur, de tout le mouvement moléculaire. De môme et plus promptement, dans les empoisonnements métalliques qui troublent immédiatement la production des gaz intestins : il est trèsprobable que, généralement, est poisontoute substance capable cC éteindre promptement la production gazeuse dans un milieu fermentant : ainsi, tout ce qui empêche la putréfaction. Et l’on en voit des exemples frappants dans le bi-chlorurc de mercure et dans les préparations arsenicales, substances éminemment anti-septiques. Si même les souvenirs de nos sensations ne nous trompent, le choléra (dont nous avons été atteint personnellement en 1832) pourrait bien avoir eu pour cause une diminution gazeuse extrême, de cause première restée inconnue. Cette opinion nous est suggérée par les symptômes de cette maladie , spécialement par la dépression abdominale qui permettait de sentir à l’épigastre les battements profonds de l’aorte ou de l’artère cœliaque, comme on l’observe dans les maladies saturnines ou dans certains empoisonnements. L’absence de gaz ou tout au moins leur diminution grande résulte encore des observations d’anatomie pathologique qui ont constaté généralement une grande réduction dans le calibre de l’intestin , réduction qu’on a attribuée à un état de contraction spasmodique. L’opinion qui nous
.semble juste serait encore confirmée par le sentiment de poids sur l’épigastre qu'on éprouvait et qui aurait été causé par la pression prépondérante de l'atmosphère extérieure.
Mais , pour rester dans les idées générales , dans tous ces cas troublés, maladifs, où l’on observe une variation extrême du mouvement moléculaire général ; depuis les maladies saturnines jusqu’à la fièvre , la question devient très-complexe ; et il faut se tenir en garde de tout. Toute force doit avoir son effet, comme dans le monde non animé , l’état chimique des liquides (et même des solides) peut varier en même temps que les forces élastiques. Cette variation de l’étal des liquides parait devoir provenir surtout de la nature des gaz émis par l’aliment dans l’abdomen. S’il s’y produit, par exemple, béaucoup d’ammoniaque, le sang en devra devenir plus noir et plus fluide : telle est probablement la cause première des cas typhoïdes. Quelle que soit la nature réelle de ces altérations chimiques du sang, l'altération physique concomitante, de sa viscosité, a été constatée; et peut singulièrement varier, depuis la viscosité type, modératrice convenable de la circulation régulière, jusqu'à la plasticité grande, ou jusqu’à la fluidité aqueuse. Toutes ces variations extrêmes de la viscosité du sang joueront un grand rôle dans toute question de circulation troublée, et cela nécessairement, d’après les principes même de l’hydraulique. Le problème sera donc toujours difficile, mais on y peut travailler physiquement, et les résultats physiques acquis restent : l’intelligence successive des hommes définira peu à peu chaque question.
La difficulté qui lient à la viscosité du sang est plus grande que celle des viscosités ordinaires, qui embarrassent les questions d’hydraulique. Le sang est un liquide hétérogène, peu susceptible d’être mis en expérience ; il ne parait pouvoir rester constant dans ses propriétés physiques qu’à l'état de chaleur limitée , de pression, et peut-être même à l’état vibratoire continu où il se trouve dans les animaux.
L’étal hétérogène du sang (globules et sérum plastique) parait
avoir pour raison philosophique de cause finale, ou être une condition d’existence pour les animaux, par ce résultat (entre autres) de cette hétérogénéité que nous discuterons en son lieu, à savoir : qu’une plaie faite à l’animal, ce qui arrive à tous parfois, la sortie du sang est bientôt empêchée ultérieurement par le fait môme de la plaie qui fait varier l’élasticité du lieu et le calibre des vaisseaux, de ceux capillaires surtout, jusqu’aux dimensions à étreindre les globules. Dés lors ces globules se soudent entre eux et à la paroi par la fibrine coagulée du sqruin qui les unit : par suite, le tout peut, comme un ciment, tenir contre la charge de la circulation sur le lieu.
Abstraction faite de ces qualités chimiques et physiques du sang, et pour des qualités constantes de ce fluide visqueux, la variation locale, hors limites, et accidentelle de la circulation dépendra de la variation locale de 4’élasticité, ou de l’altération survenue dans la force élastique dos membranes influentes sur un lieu considéré.
Un exemple simple, c’est une épine plantée normalement dans la peau, et qui y reste en place. L’élasticité de la peau étant sensiblement homogène, les rapprochements moléculaires seront les mêmes sur tous les rayons, cireulairemcnt, autour de l'axe de l’épine : ces rapprochements feront varier l’élasticité actuellement en jeu et la pression circulairement dans la peau, les vaisseaux capillaires du milieu varieront de calibre circulairement; la tuméfaction inflammatoire qui en résultera sera une proéminence de révolution autour de l’axe de l’épine, se relevant autour de cet axé, insensible à une certaine distance, etc...; telle enfin qu’on l’observe. S’il en résulte ultérieurement lenteur de la circulation capillaire et, à la longue, coagulation du sang en ce lieu; des phénomènes chimiques, physiques, des tractions nerveuses, tous les phénomènes, eix un mot, de l’inflammation pourront résulter de celte simple variation première, toute physique, de l’élasticité autour de l'épine restée en place, et tant qu’elle y demeure.
Ces mêmes idées physiques étant prises pour premier aperçu d’une
fh*'“<3rie, permeltraîent déjà d’en déduire immédiatement nombre de faits observés. Car Jcs faits nous inondent en médecine, et nous avons, pour nous éclairer, des expérimentations de tous genres, sur l’homme lui-inème, livrées toutes faites par la civilisation dans laquelle il vit. Il en résulte en effet des habitudes et des conditions presque singulières pour chacun. Il ne s’agit que de lire ces faits. Jamais l’imagination même ne saurait mettre une matière vile dans tant de cas singuliers entre les conditions naturelles des autres animaux. Plusieurs de ces expérimentations livrées ainsi toutes faites exigeraient des années pour être artificiellement instituées ; et môme, quelques unes que nous citerons plus lard, nécessiteraient de 'a bonne volonté de lajpart de l’animal mis en expérience, ce qui serait impossible à obtenir, sans la civilisation de l’homme.
Pour rester dans les cas d’expériences classiques, on comprend immédiatement, par la conservation on Vallératim de l’élasticité, l’innocuité de l’acupuncture, la nocuité deseoupurcs, la nocuité extrême des destructions de texture profondes, à partir do la peau, ctla peau comprise, comme les désagrégations dues aux projectiles de guerre. De même, on comprend la nocuité moindre et la presque innocuité des déchirures profondes, par tiraillements non instantanés, et la peau,l~" grandes enveloppes restant sauves, comme dans les luxations des os : et, de même que ces luxations, on comprend les opérations sou~cu ta nées. Enfin on se rend compte encore de la restauration des parties et du rétablissement des plaies, par la rétraction des membranes qui résultent d'abord de la dessiccation des liquides visqueux émergés des tissus, membranes initialement cooenneuses, puis de plus en plus épidermiques, et enfin vraies membranes élastiques, puissantes, tissu inodutaire.
Pour passer à un exemple sans blessure, soit d’abord, dans l'abdomen, une bulle intestinale dilatée très-amplement par une plus grande pression intérieure, son mésentère en deviendra tendu à un plus haut point, par suite les vaisseaux y prendront un plus grand calibre , la circulation y fera passer plus de sang , ce sang tendra à