‹ Etudes de physique animaleChapitre 12 sur 12 · SS · texte numérisé non relu

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emmener le gaz présent et à rétablir l’équilibre, c’est le cas régulier. De même les fibres musculaires de celle portion tiraillée de la paroi intestinale seront provoquées à la contraction, elles se contracteront donc, à époque précise, et eo lieu précis, pour Caire passer outre le gaz et le liquide intestinal, pour qu’ils se répandent plus uniformément; c’est encore là le cas régulier pour la contraction de la fibre musculaire intestinale. Mais s’il se rencontre, par accident singulier, un empêchement , comme un volvulus, une hernie, ou tout autre obstacle, qui retarde ou empêche la translation de la matière alimentaire, le gaz ni le liquide ne pourront passer outre convenablement, il surviendra tension extrême en ce lieu, et de. là en remontrât, douleur de colique dans l'intestin distendu outre mesure, exactement comme survient la douleur d’entorse; le malade se pressera le ventre de ses mains instinctivement, il se roulera dans son lit, comme pour favoriser le passage et la répartition plus uniforme partout : sa respiration en sera coupée parce que les mouvements du diaphragme portent jusque sur l’intestin distendu : le sang viendra en abondance dans cet intestin dilaté dont le mésentère est tendu, outre mesure; il pourra même s’y coaguler, s’altérer chimiquement, et alors mille accidents.

Ce que uous voulons ici faire remarquer surtout, c’est que, pour ce cas (comme pour beaucoup d’autres de l’abdomen), la tension somme de toutes les bulles intestinales, la knsiou générale, celle de La paroi même de celte grande cavité, pourra ne rien dénoncer rela~ H vemerl à la tension locale de l'inkslin. Il se trouve là ensemble, dans l’abdomen, un mélange de bulles partielles isolées plus ou rooius par les coudes de l'intestin, et chacune variablement comprimée. Le mécanisme local tend à une répartition uniforme, comme il sera discuté; mais cette répartition peut n’avoir point lieu, par accident, par cas singuliers, et cela constitue des maladies; il peut survenir dans les rapports des bulles nombre de combinaisons physiques, outre les altérations chimiques et physiques des matières alimentaires. Dans tous ces cas généralement, on ne peut point con*

dure l'état local de tension intestinale de l'état général de tension abdominale observable, ni conséquemment de l'état actuel de la respiration; ni même de la circulation, jusqu'à un certain point. Car c’est surtout la pression générale, celle résultant de la somme des bulles intestinales qui affecte la respiration et en même temps {a circulation, etc... par te diaphragme, dont elle hâte les contractions. D’un autre côté, néanmoins, la circulation générale peut être spécialement et à part influencée par l’accroissement de calibre des vaisseaux mésentériques d’une bulle intestinale dilatée, accroissement de calibre dû à l’élasticité mise en jeu dans le mésentère tendu, et qui rend moins résistante, hydrauliquement, la voie du cœur au cœur par cet embranchement vasculaire : l’effet final sera donc trèsvariable, selon la grandeur de toutes ces influences accumulées, et presque impossible à prévoir. La douleur locale indiquerait mieux la tension locale intestinale. Si, au contraire, la répartition de la matière qui émet les gaz est convenablement uniforme, comme après un grand repas conduit à bonne fin, nulle bulle n’est dilatée à l’extrême, nulle douleur n’a lieu; toutes les bulles sont ensemble et chacune un peu plus amplement dilatées, les mouvements respiratoires sont plus fréquemment provoqués, c’est-à-dire, quq la circulation est activée et dépense les gaz : le calme revient ainsi partout. Tandis que la tension locale de l’intestin en quelques bulles, les autres ne l’étant que fort peu, ne hâtera pas toujours la contraction du diaphragme, ni, par suite, la respiration et la circulation. Il pourrait même y avoir tension extrême de quelques bulles, pression en elles à déchirer l’intestin, douleurs atroces dues aux tractions, douleurs d’entorse ; que néanmoins si les autres bulles ne sont que peu ou point tendues, comme cela peut arriver dans un volvulus, une hernie, l'abdomen dans son ensemble ne sera lui-même que peu tendu : c’est bien évident à comprendre.

La médecine est donc en grande partie là dans la grande cavité splanchnique et dans les conséquences des perturbations de l’élasticité en elle, dans tel ou tel lieu. Mais ces cas sont fort difficiles,

compliqués qu’ils sont encore, outre les difficultés précédentes de l’état chimique et de l’état physique, soit de la matière contenue, soit du sang circulant dans la paroi et dont les mouvements doivent ramener l’équilibre. Il faudra donc bien des travaux et le concours des plus habiles, en toutes sciences, pour préciser peu à peu les cas possibles, et comprendre quelques-unes de nos maladies.

Les maladies sont nombreuses pour nous qui vivons, par suite de la pensée intelligente, dans tant de conditions d’existence singulières entre celles des autres animaux. Les brutes possèdent, en compensation de la non-intelligence des choses, des conditions d’existence régulières, à périodes annuelles constantes. Chez elles, l’état d’équilibre est généralement toujours maintenu, par suite probablement, comme ces idées conduisent à le comprendre , de ce que chaque animal est obligé de vaguer chaque jour, de se mouvoir régulièrementet de pourvoir lui-mèmé à sa propre subsistance: car l'animal n’obtient l’aliment qu’avec meàurc et à grande peine par un travail continu durant toute sa veille diurne.

Pour résumer ce qui vient d’ôtre dit : les forces accélératrices nées de l’élasticité des tissus tendus et de l'élasticité de l’atmosphère incluse, telle serait la cause physique fondamentale des phénomènes réguliers de la translation moléculaire dans les animaux.

Et ce serait encore dans des cas singuliers la cause physique de certains phénomènes morbides. Parmi tous les cas de ce genre, il s’en trouve de ceux qu’on désigne par cas d’inflammation, dans le langage médical, et qu’on attribue à l’irritation. On voit, clairement pour quelques-uns, qu'ils ne sont que des conséquences de la variation de l’élasticité dans les éléments de l’économie animale , et on entrevoit qu’il en peut être de même pour le reste : ce sont là véritablement des questions physiques, on peut donc écarter toute hypothèse spéciale pour en chercher la solution. On peut abandonner, du moins dans toutes les questions que nous avons parcourues, l’hypothèse non définie de l’irritabilité vitale spéciale et de l’irritation. Que représenterait en effet ici l’irritation comme cause expii-

catrice, puisqu’on ne fa définit point? Et qu’est-ce véritablement que l'irritation en général, pour les mouvements de la matière pesante, sinon une raison transitoire, comme l’horreur du vide?

(€) Digestion.

1° Translation alimentaire.

fl se passe dans l’abdomen un ordre entier de mouvements, la translation de la matière alimentaire, où l’on Ibit encore figurer l’irritabilité spéciale comme qualité propre au tube digestif. En vertu de cette irritabilité spéciale, le tube digestif percevrait le contact de l’aliment, avec des nuances de perception d’un aliment à nn autre, selon qu’il serait plus ou moins irritant; par suite, le tube digestif se contracterait péristailiqucment pouf faire cheminer l’aliment, et il se contracterait ainsi avec des nuances de fréquence et d’intensité selon fe degré irritant de cet aliment. De même qnc l’on dit, pour la circulation, que la surface de la paroi interne dn cœur perçoit la présence du sang, en vertu d’une irritabilité spéciale, et que l’oreillette, le ventricule, se contractent sous l’influence de l’irritation produite par le sang affluent. Comme il y a loujonrsdu sang dans les cavités du cœur , la non-irritation n’existant jamais, l’irritation devient raisonnablement impossible; et l’on en peut dire à peu prés autant du tube digestif. On voit donc clairement que dans ces explications qui ont cours, il se trouve autant de causes spéciales admises que de phénomènes spéciaux à expliquer; partant if n’y a réellement point de principe commun, ni d’explication réelle.

Mais, si l’on tient compte des gaa intestinaux , toute eetto question rentre naturellement dans ha question d’élasticité, et la contraction des fibres musculaires qui intervient rentre elle-même dans le principe général de la contraction musculaire. Outre qne si l’on ne tient point compte de l’élasticité des gaz, la contraction péristaltique serait inefficace à opérer le transport de la matière alimentaire. Et

même, In contraction' péristaltique n’existe évidente que chez les •mammifères.

Pour donner un simple aperçu de ces vues nouvelles, disons généralement que si la pression gazeuse grandit d’abord clans l’estomac (où se trouve initialement l’aliment), elle se propagera, de proche en proche, sauf les coudes à passer. Là, il faudra des muscles dans la -paroi intestinale : avec leur aide, et en tenant compte des conditions mécaniques, on trouve que gaz , matière liquide, et matière solide, tout devra passer outre , cheminer pou à peu, mélangé , et toujours mélangé. Parfois il pourra y avoir saccade, transport hrusque et gargouillement, comme on l’obseûrve en réalité. Ainsi successivement, de proche en proche, tout le tube enfin se trouvera être dilaté, généralement, presque uniformément, et l’abdomen tendu. Supposons, par exemple, une grande digestion, conduite à bonne fin : en somme, l’intestin sera amplement distendu, tiraillé, provoqué, et en somme, il se contractera fréquemment. Mais tous les points du tube ne sont pas également provoqués : ceux plus distendus à un moment donné se contracteront donc, spécialement, et la traction eu excès passera vers d’autres points; ceux-ci se contracteront à leur tour, et ainsi de suite auront lieu des contractions périclaltiques jusqu’à fin de digestion , dépense des gaz en excès, et retour au calme.

Ces mouvements péristaltiques seront, comme l’ont constaté les expérimentateurs, avivés par l’ouverture de l’abdomen qui est immédiatement suivie d’un accroissement de volume des gaz, ou d’un accroissement de la traotion provocatrice de la contraction intestinale. ’£.es muscles du tube intestinal sont donc simplement involontaire^, comme l’est le cœur , et leur contraction aura lieu toujours à époque convenable et avec l’énergie convenable, comme celle du cœur et par le même principe, celui général des muscles. Il se trouve néanmoins dans le 'tube intestinal des libres musculaires volontaires, pour des cas spéciaux, et qui reçoivent des nerfs d’un ordre convenable : c’est au cardia et, en remontant, à l’œsophage, au pharynx; puis, à l’autre extrémité, au rectum. C’est pour l’éructation, pour le

vomissement, pour la défécation , etc... comme il sera dit (ces remarques et celles faites sur le diaphragme ont de l’importance relativement aux divers ordres de nerfs).

La défécation , le vomissement, exigent encore l’action de la force élastique des gaz intérieurs, comme tout effort généralement.

Les gaz présents dans l’intestin et la somme de leurs bulles qui tend l’intestin, ferme encore le cardia, ferme l'anus. Le mécanisme de cette occlusion est le même que celui par lequel un liquide ou de l’air poussés dans une vessie en ferment les uretères. Il n’est donc point nécessaire d’admettre ici (exceptionnellement aux autres cas observables dans les animaux) des muscles incessamment contractés. Le constricteur de l’anus agit dans la défécation et pour des cas spéciaux; mais ce sont les gaz de l'abdomen qui déterminent l’occlusion de l’anus en continuité de temps. Ce mode d'occlusion est même général dans l’économie animale contre tous les fluides; il est peut-être même unique pour tous les orifices mous. Ainsi on le trouve aux uretères, aux conduits salivaires, biliaires, pancréatiques, spermatiques , aux trompes d’Eustachi , à la verge , au col de l’utérus , aux (rompes ovariques, etc... Même mode fondamental aux valvules du cœur, des veines. Partout deux parois molles qui se joignent d'autant plus que l’effort ambiant, ou la pression dans le milieu ambiant à ces parois molles, est plus considérable.

En même temps que l'intestin se contracte à temps précis là où sont des matières alimentaires liquides ou gazeuses qui le distendent, la circulation s’y concentre par suite du principe de la variation du calibre des vaisseaux : car des tractions mésentériques font diminuer la pression enveloppante des artères et veines d’une portion intestinale distendue; et ceci est important pour amener plus de sang à passer aux lieux où sont les gaz dont il doit se charger. C’est donc là un état d’équilibre mobile , et tous les gaz hétérogènes à l’atmosphère extérieure sortent ainsi de l’atmosphère abdominale. Si, parmi les gaz alimentaires, il s’en rencontre d’odorants, ils se manifestent à l’extérieur par l’haleine fétide qui coïncide avec les

mauvaises digestions : telle serait encore l'origine de l'haleine typhoïde : de même on comprend l’ haleine alcoolique, l’hateine fétide des bêtes carnassières dites bêles puantes; haleine qu’on change, dans le chien, par la substitution de l’alimentation végétale à l’ alimentation animale, etc....

Un cas de passage de vapeurs en sens inverse, mais toujours selon les mêmes lois, c'est cette ancienne expérience de Bichat qui constata l'odeur de cadavre dans des gaz intérieurs émis par lui-même peu après un séjour prolongé dans un amphithéêLe de dissection.

2° Relativement aux réactions de l'aliment, quand on lient compte physiquement des fluides élastiques intérieurs qui en proviennent, et de la pression dans les milieux où elle se fait, il se présente, en suivant ces idées, une voie chimique en partie inexplorée, pour la recherche des causes de la définition moléculaire spéciale de ces combinaisons chimiques instables, qui prennent naissance dans les animaux, ou même généralement dans les corps organisés. Ainsi, pour les réactions chimiques qui ont lieu dans la cavité alimentaire des animaux ou qui s’y continuent en dehors de celte cavité, dans leurs liquides et leurs tissus imprégnés des fluides provenus de l'aliment, on trouve : outre L’état naissant des molécules, une atmosphère spéciale , ou même une alternative de deux atmosphères différentes, une pression spéciale, une température spéciale, et l’absence de la lumière dans les réactions animales, sauf (mur quelques animaux diaphanes, comme sont les infusoires, dans lesquels aussi, d’après les observations modernes de MM. Morren, les réactions chimiques intérieures paraissent avoir lieu, sous la lumière agissante , comme à la surface verte des végétaux, puisqu’ils émettent comme eux de l’oxygène. Enfin, par-dessus toutes ces conditions variables dans les corps organisés, on y trouve, et plus spécialement dans les animaux, un état de mouvement, un état de vibrations continu bien propre à favoriser les combinaisons chimiques instables.

Il serait difficile de réaliser artificiellement et d'expérimenter à la fois un certain nombre de ces conditions physiques diverses accu-

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mutées ainsi dans les êtres , mais toutes doivent avoir leur effet puisqu’elles font varier incontestablement les actions moléculaires. Pour se convaincre de leur influence chimique , il suffit de se rappeler, entre autres expériences connues, le travail de M. Pelouse sur la différence des produits nouveaux provenant d’une même substance décomposée à des températures différentes; et l’influence majeure des mouvements vibratoires sur les agrégations moléculaires des corps, même sur un état acquis: témoin le fer, dont la constitution intime change par des vibrations prolongées, ainsi que l’a démontré M. Gay-Lussae. La température , l’état de mouvement, les pressions, l’atmosphère superposée, la lumière même, n’ont été que peu ou point encore étudiésà des degrés analogues d’ensemble, et sous le point de vue expérimental de leur influence.su r des réactions cb*miques comparables à celles de la digestion , sur celles d’un milieu fermentant complexe, par exemple. Il ne paraît néanmoins pas douteux que toutes ces conditions variables no doivent favoriser, dans les corps organisés, désagrégations moléculaires variables elles-mêmes avec ces mêmes conditions : depuis les premiers animaux, comme les mammifères, les oiseaux; jusqu’aux poissons, aux animaux diaphanes et aux végétaux enfin, qui sont inondés de lumière dans leurs feuilles, mais qui offrent dans leurs tissus et dans leurs fruits des lieux obscurs et des milieux comprimés par des membranes élastiques.

3“ La production des gaz intestinaux serait encore une source de la chaleur animale : la chaleur en ce cas serait produite comme eelle observée dans toute fermentation ou putréfaction ; comme la chaleur engendrée dans les couches de fumier, etc... Ce terme de la chaleur animale rentrerait ainsi dans une explication commune à d’autres cas tout physiques.

N’y eût-il même que cette source de chaleur animale, on pourrait comprendre que, de ce lieu particulier d’origine dans l’animal, la chaleur dégagée par l’aliment dans l’intestin fût distribuée partout, «répartie dans son état observé, par le sang circulant quiem-

porte avec lni,en continuité, cettecbaleur abdominale, avec la matière constilulrice des organes provenant aussi du même lieu d’origine.

(D) Distribution des organes.

L’étude des gaz intérieurs et des tissus élastiques conduit à se rendre mécaniquement compte de la distribution des divers organes de l’économie dans les lieux qu’ils y occupent, et de leurs modes divers d'installation en place. Tous ces rapports anatomiques sont faciles et simples à' saisir quand on remarque que l’homme , par exemple, et divers animaux, éprouvent des chocs pendant leur locomotion : c’est mémo par là que I élude de la locomotion conduit naturellement à celle des gaz intérieurs. Ces gaz intérieurs sont nécessaires pour prévenir les effets destructeurs de ces chocs, ou pour en convertir les effets désordonnés en effets utiles : ce sera le sujet d’un mémoire spécial.

(£) On voit que toutes ces questions de mécanique animale sont abordables par les seuls principes admis pour l’étude des corps inertes, en y ajoutant le fait d’observation qu’on peut considérer comme un principe général et défini de la contraction musculaire. On pourrait donc rattacher ces études à la physique générale sous le nom àe physique animale. 11 s’y joindrait encore les mouvements de la locomotion, variés à la vérité par la contraction volontaire des muscles; mais la locomotion est réglée, au foud, comme on l’a vu, par un mécanisme spécial, tout physique; et parlant elle est ellemême physiquement dépendante des lois communes.

Ces deux ordres de mouvement dans les animaux, les uns moléculaires, les cadres locomoteurs, sont intimement solidaires, et nous discuterons ce point expressément.

On entrevoit ainsi une grande branche de la physiologie ou physique des êtres dégagée de tout principe spécial hypothétique. De même, des cas nombreux de perturbation fourniraient une portion grave delà médecine, dans l’abdomen, dans la poitrine, et ailleurs :

les cas se définiraient peu à peu, il ne s’agit que de travailler dans cette direction.

(F) Nous n’entrerons pas aujourd’hui dans des considérations détaillées d’anatomie comparée : l’exemple de l’homme peut faire comprendre combien la question deviendrait vaste : elle se transporte en effet tout entière dans tout le régne animal. Les gaz intestins s’observent dans tous les animaux. On les rencontre libres et sous grand, volume dans ceux supérieurs; plus ou moins volumineux ou dissous dans d'autres classes, variablement.

La production excessive des gaz cause, comme on sait, dans les ruminants la tension hors mesure de l’abdomen, et tout ce qui s’ensuit, depuis une sorte d’ivresse, jusqu’à rupture, si on n’y porte remède, soit par une ponction qui laisse échapper les gaz, soit par de l’ammoniaque ingéréequi produit dans l’intestin un carbonate. C’est encore de la même manière qu’intervient l’acétate d’ammoniaque, ce remède presque instantané de l’ivresse pour l’homme.

On constate des gaz libres dans les mollusques, dans les crustacés et même dans de très-petits insectes.

Nous ne parlerons ici que d’un caractère qui|se rattache à une question de maladie humaine, au mal de mer. Le mal de mer est une maladie dont la cause est bien incontestablement toute physique. On pourrait l’appeler plus généralement mal des perturbations du poids dans un animal , soit par l’effet d’une force centrifuge, soit par une vitesse ascendante acquise, comme dans un mouvement oscillatoire au moment du changement de signe , quand le poids est nul en partie. Le mal de mer, dans les animaux qui en pâtissent, dépend directement de l’installation intérieure des gaz abdominaux. Tous les mammifères quadrupèdes ou qui se meuvent par enjambées et sont naturellement exposés à des chocs, portés qu’ils sont sur des rayons locomoteurs, comme sur une roue dentée, sont plus ou moins passibles du mal de mer, et d’autant plus que leur intestin est plus ample. Tous les mammifères ont l’intestin mince, coudé, à

bulles ou espaces isolés entre ses plis; chaque bulle contient des gaz libres, le gaz en haut, des liquides en bas. On en déduit, avec un peu d’examen, et en tenant compte des pressions, comme nous le dirons dans le travail spécial de la translation alimentaire, que s’il vient à naître, par intervalles rapprochés, une force centrifuge ou une vitesse acquise verticale dans le système, les gaz chemineront outre, y compris celui de l’estomac; puis, après quelques effets momentanés semblables assez répétés, il ne restera plus dans l’estomac que du liquide. Or alors ce liquide chatouillera le cardia, ce qui parait être la condition physiologique du vomissement ; d’autre part, lesgaz profonds, emprisonnés dans les plis intestinaux, soulèveront à l’encontre du cardia, et l'estomac, et le liquide contenu; il ne restera plus qu’à contracter les libres longitudinales de l'œsophage, pour qu’une expression énergique de la cavité abdominale puisse faire tout partir, lesgaz poussant, comme nous disons d’avance qu’il se fait dans le vomissement et comme nous le discuterons en son lieu.

Les oiseaux qui sont naturellement, par leur mode de locomotion, exposés au roulis, ont un intestin proportionnellement plus épais, comme rigide, sinueux par courbures, mais non coudé : il n'y a point chez eux de ces bulles isolées, comme chez les mammifères, par des plis de l'intestin : on ne voit point non plus chez les oiseaux de mouvement péristaltique de l’intestin ; ce mouvement parait n’exister que chez les mammifères, et cela concorde avec le mécanisme des gaz. Quant aux oiseaux, chez eux la pression à l’origine fait tout cheminer devant soi, liquides et gaz, par bulles mélangées et ensemble continues dans un intestin étroit. Le roulis dés lors est sans influence perturbatrice sur ce système, et il parait que l’étroitesse du calibre nécessaire pour ce mécanisme est une des causes qui limitent la taille des oiseaux à sa grandeur observée. C’est d'autant plus probable que le plus gros oiseau, l’autruche, qui ne vole plus, qui n’a plus de roulis naturel à supporter, mais qui déjà, d’un autre côté, a quelques légers chocs à éteindre, commence aussi à montrer l’organisation du tube intestinal des quadrupèdes niammi-

féres qui se manifeste par quelques plis, en même temps que l'intestin y prend un grand calibre.

(G) Probablement enfin que la force élastique due aux gaz échan gés, à travers une paroi humide perméable , par une atmosphère intérieure hétérogène à celle enveloppante, se généralise à. tous les êtres, c’est-à-dire, s’étend aux végétaux comme élément moteur de la translation moléculaire en eux. On observe en effet dans tes tubes étroits des: végétaux des gaz libres et dès liquides, ces tubes sont perméables air gaz, et même il existe dans beaucoup de végétaux dos pore» corticaux analogues aux trachée» des insectes cl qui en mettent les vaisseaux profonds directement en rapport avec l'atmosphère enveloppante. Ceci posé, si, dans ces tubes intérieurs, se trouve uu principe sucré ou féculent; en conditions de (fermentation, il se développera des gaz quoloonques ( dut reste des observations directes ont démontré dan» la sève des gaz dissous, de l’acide carbonique entre autres), les gaz hétérogènes dè l'atmosphère enveloppante devront pénétrer, et des échanges avoir lieu : il en pourra résulter des forces accélératrices de tension intérieure , et ainsi un élément important de la translation moléculaire. Ces forces auraient même cette qualité propre de convenance, comparativement aux forces d’endosmose des liquides ou aux forces capillaires qui servent actuellement à se rendre compte des faits en question, à savoir: qu’elles varieraient, comme les phénomènes eux-mêmes, avec les vicissitudes diurnes et annuelles de la chaleur, qui feraient varier la fermentation intérieure et la force élastique des gaz, aux époques mêmes des vicissitudes de la lumière et do l'obscurité, qui, dans les végétaux, font varier l’action décomposante anx feuilles. Le mouvement de la sève pourrait donc ainsi être naturellement et convenablement réglé dans ses époques, son intensité, et peut-être même dans sa direction , c’est-à-dire , même changer de signe dans de certaines conditions, par le froid et la nuit.

En somme: l’endosmose fournirait de l’eau par les radicelles ;

cette eou,. qui se mélangerait ineessamment avec la matière fermentante, serait incessamment élevée avec cette matière même par la force élastique îles gaz développés. Les forces capillaires concourraient au mouvement aidé probablement encore par les oscillations des tiges élastiques, quand les vents agitent le végétal. Le végétal resterait ainsi toujours plein jusqu’aux feuilles. La déperdition incessante d'eau, parla surface des feuilles, ramènerait des conditions incessantes de déplétion; et la capillarité, agissant tant que les tubes capillaires ne sont pas pleins jusqu'aux orifices mômes, réparerait incessamment oetto déplétion. Ce serait là une sorte d’équilibre mobile entre la vaporisation et la capillarité : cet équilibre rendrait compte encore des expériences récentes d’imbibition de liquides conservateurs après la troncation du végétal. C’ost en cela surtout que consisterait l’utilité des forces capillaires dans les végétaux. En résumé : endosmose aux radicelles , gaz dans les tiges , capillarité aux feuilles, le tout solidaire; et oscillations variables avec la chaleur, la lumière, la pluie ou la rosée sur les feuilles, qui font varier toutes ces conditions, et entre autres les forces capillaires de la surface des feuilles. En sorte que les liquides seraient généralement ascendants au printemps, le jour, et par un temps sec; descendants en automne, la nuit, et par un temps humide. Les directions mêmes des végétaux et les mouvements du sommeil des plantes pourraient tenir à ces causes, outre la lumière, par le rayonnement de la chaleur et l’équilibre mobile dans une enceinte hétérogène de température.

(M) Nous terminons ici cet aperçu général de diverses questions des phénomènes des êtres traitées physiquement, d’un point de départ commun , tout physique.

Ces études dans les animaux, et dans l’homme spécialement, nous ont conduit à un résultat spécial sur un point si grave que nous ne pouvons différer de le publier, afin que le contrôle de la statistique puisse s’y appliquer : il s’agit de la phthisie, de celle pulmonaire

surtout qui fait périr une si grande fraction du genre humain et nombre d’animaux domestiques : le résultat théorique dont il s’agit à cet égard , c'est que la phthisie pulmonaire serait produite (en cause seconde) par le silence et le repos du corps, principalement dans l’enfance : la locomotion et l'effort de parole , l’exercice de la voix en seraient les moyens préventifs sûrs : tel en serait encore le remède, s’il est employé à temps : bien entendu avec les conditions naturelles, fortifiantes, de l’alimentation choisie, succulente, de l’influence du grand air et du soleil, et, pour le parfait, avec le contentement moral, la gaieté même, qui font si bien se mouvoir, chanter et digérer les heureux qui les possèdent. Rien, dans tout ce que nous, avons pu nous procurer de renseignements sur l’homme ou sur les animaux, selon qu’ils sont libres ou enfermés, retenus pour nos besoins domestiques , ne nous a montré d’exception évidente à cette règle, et tout semble la confirmer.

Nous ajoutons, comme autres présomptions selon le même ordre d’idées, que la chlorose est due au repos et à la compression du ventre, soit par un corset, soit par une altitude habituellement infléchie sur l'abdomen.

Si, de plus, des alcalis, de l’ammoniaque, par exemple, se rencontrent en trop grande abondance dans le tube digestif, il surviendra l’état de scorbut.

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