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III. — Les os des membres inférieurs

Les procédés employés pour mesurer les dimensions des os des membres inférieurs sont tout à fait semblables à ceux dont on s'est servi pour déterminer le volume des os des bras. Les mêmes observations doivent être faites sur la valeur des résultats. Jamais en opérant sur le squelette les auteurs n'ont mesuré la totalité des os de la jambe; les os du pied ont toujours été négligés. On ne s'est jamais occupé de déterminer la circonférence, mais uniquement la longueur du fémur, du tibia et du péroné.

I. Dimensio7is des os des membres inférieurs. — D'après Guldberg, c'est Arnold qui aurait

le premier attiré l'attention sur le fait qu'il existe aussi une inégalité entre les deux membres inférieurs. Des mesures qu'il a faites il résulte que sur i6 sujets adultes, 4 avaient les fémurs égaux, 4 le fémur droit plus long et 8, c'est-à-dire la moitié, le fémur gauche plus long que le droit. Si l'on veut admettre que la longueur du fémur est toujours en rapport direct avec la longueur du membre dont il fait partie, on doit conclure avec Arnold que si pour les membres supérieurs la majorité des sujets offre une prédominance à droite, pour les membres inférieurs on trouve chez la majorité des sujets une prédominance à gauche, du moins au point de vue de la longueur, Matiegka trouve pour les treize squelettes d'hommes adultes qu'il a mesurés et toujours d'après sa façon de compter : égalité 21 7o environ, prédominance à droite 10 ^o seulement et prédominance à gauche 69 7o-

Guldberg trouve à peu près 60 % de sujets qui ont les os du membre inférieur gauche plus longs que ceux du membre droit correspondant. MM. Garsonet et Manouvrier arrivent à une conclusion à peu près semblable; leur proportion est un peu moins forte. La moitié des sujets seulement ont les os du membre gauche plus longs que ceux du membre droit correspondant.

M. RoUet (i) a mesuré à part les fémur, tibia et

(i) Op, cit., p. 346.

péroné des deux membres inférieurs sur 50 sujets masculins adultes. Pour le fémur : « il y a inégalité de longueur d'une manière générale. » Cette* inégalité est peu marquée, 3 millim. environ. < Tantôt le côté droite tantôt le côté gauche l'emporte, »

Tibia : souvent égalité ou prédominance à droite, très rarement à gauche. — Péroné : très souvent égalité ou prédominance à droite, rarement à gauche.

Pour Tensemble du membre inférieur (fémur ^t tibia) il n'y a que deux cas d'égalité; la prédominance d'un des côtés se manifeste tantôt à droite, tantôt à gauche.

Chez les femmes on trouve d'après Matiegka un résultat inverse. Le nombre des gauchères étant relativement plus considérable chez les femmes {toujours d'après Matiegka), on devrait s'attendre à trouver plus souvent la prédominance des os du membre inférieur droit. C'est à cette conclusion qu'il aboutit. Sur sept squelettes de femmes adultes le membre inférieur droit l'emporte dans la proportion de 33 %» alors que chez les hommes l'avantage du côté droit ne se rencontre que 10 fois. Les os de la jambe gauche ne l'emportent 'en longueur chez la femme que 42 fois sur 100, pas même dans la moitié des cas.

M. Krause croyait pouvoir attribuer un caractère général à la diasymétrie constatée dans la charpente osseuse des extrémités, et il calculait

qu'en ce qui concerne le squelette, l'extrémité supérieure droite l'emporte de 04 % sur la gauche et 'que l'extrémité inférieure droite l'emporte de 0,2 7<> sur son homologue gauche (i).

Comme on le voit, Krause ne croit pas à la théorie de l'asymétrie croisée que Guldberg entre autres défend avec conviction-.

M. RoUet — Fémur : Chez la femme comme chez l'homme il y a inégalité de longueur entre les deux fémurs.

« Dans la moitié des cas, le fémur gauche prédomine, dans l'autre moitié c'est le fémur droit. L'inégalité atteint souvent 6 à 7 millim., dans un cas 10 millim. »

Tibia : Chez la femme, quand il y a inégalité, c'est le plus souvent en faveur du côté gauche.

Péroné : Très souvent égalité, s'il y a inégalité, c'est d'ordinaire en faveur du côté droit, mais moins que chez Thomme. Il y avait 3 hommes sur 50 et 5 femmes sur 50 qui avaient le péroné gauche plus long que le droit.

Membre inférieur dans son ensemble (fémur et tibia), l'inégalité est aussi générale que chez les sujets masculins avec prédominance, tantôt à droite, tantôt à gauche.

Chez les enfants d'un certain âge, la différence de longueur entre les deux membres inférieurs est nettement appréciable. Ainsi Matiegka a trouvé

(i) Guldberg, op. cit., 32.

chez 26 squelettes de jeunes, gens de 12 à 21 ans, 43 7o environ de cas où les os du membre gauche l'emportaient sur ceux du côté droit; chez 8V0 des sujets on a trouvé une plus grande longueur à droite, et 39 % avaient les deux membres d'égale longueur. Sur 7 squelettes de jeunes filles de 9 à 19 ans la prédominance du côté gauche était le cas le plus rare : 25 Vo seulement; tandis que la prédominance du membre inférieur droit existait chez 40 7o des sujets. D'après ces données la prédominance de l'un des côtés sur l'autre est moins marquée chez les jeunes sujets, garçons et filles, et ici comme pour les membres supérieurs on constate que plus on se rapproche de l'époque de la naissance plus la symétrie des os semble parfaite. Y a-t-il même chez les nouveau-nés une asymétrie marquée?

Le savant anatomiste M. Krause déclare que chez les nouveau-nés il semble n'y avoir aucun écart appréciable entre les os des membres opposés, mais que cependant une différence existe certainement (i).

Par contre Arnold ayant mesuré les os d'un enfant de 3 mois et même ceux d'un enfant de 6 ans, ne trouva pas de différence. RoUet, sur les squelettes de 7 enfants nouveau-nés ou âgés de quelques jours, n'a pas trouvé de différence entre les os des membres inférieurs. Chez

(l) GULDBERG, Op, CtL p. 32.

un enfant de six ans il y a prédominance du côté gauche pour le fémur, du côté droit pour le tibia; pour Tensemble le côté gauche l'emporte. Hasse et Dehner ont mesuré chez des sujets vivants la longueur du membre inférieur depuis le grand trochanter jusqu'à la plante des pieds. Chez leur 5 141 militaires appartenant aux diverses armes, ils ont procédé de la façon suivante : le sujet se tient debout sur une planchette servant de support De chaque ..côté sur le fond est fixée une règle verticale de i mètre de haut; sur ces règles glissent des tiges mobiles qui peuvent monter, descendre et tourner autour de la règle verticale. Le sujet posant les deux talons à plat sur le support (la planchette de fond) on fait glisser les tiges mobiles jusqu'à ce que leurs pointes soient au niveau du point le plus saillant du grand trochanter. Je n'ai pas assisté aux expériences faites d'après ce procédé; mais telles qu'elles sont décrites, elles n'échappent pas à la critique; les sujets de Hasse et de Dehner sont placés dans la position habituelle, le corps portant sur les deux jambes à la fois; pendant que le sujet se trouve dans cette posture, on fait glisser simultanément, d'après ce que j'ai cru comprendre, les tiges mobiles jusqu'à ce que la droite touche le grand trochanter droit et la gauche le point correspondant du grand trochanter gauche. Sur l'homme vivant on mesure non seulement les os et dans le cas

présent le fémur, tibia et calcaneum, mais encore les espaces interarticulaires (dans la direction verticale). Or, quand un sujet quelconque se tient debout, il ne s'appuie pas également sur les deux membres inférieurs, mais davantage sur la jambe la plus forte, qui, nous le verrons plus loin, est la droite dans la majorité des cas. Si donc les sujets mesurés par Hasse et Dehner se sont tenus comme on se tient d'habitude, les espaces înterarticulaires du côté gauche ont été allongés, les espaces interarticulaires droits diminués. Nous ignorons s'ils ont évité cet inconvénient ^n mesurant la longueur de chaque jambe au moment où le sujet repose uniquement sur celle-ci et tient l'autre plus ou moins écartée. Dans tous les cas on constate que, d'après leurs mensurations, la proportion des cas où la jambe droite l'emporte sur la gauche est beaucoup moins considérable que d'après les mensurations des autres expérimentateurs (i6 "^/^ seulement). Le nombre des cas où le côté gauche l'emporte et de ceux où il y a égalité s'accroît d'autant {ensemble 84 ^/o). Chez cette infime minorité de droitiers . la prédominance du côté droit est -extrêmement accusée; car en prenant la somme de toutes les longueurs des membres inférieurs chez leurs 5141 sujets, Hasse et Dehner abou tissent à cette conclusion, que dans leur ensemble les jambes droites et gauches sont d'égale longueur (87 centimètres en moyenne).

De l'ensemble des travaux de mensuration il résulte que chez la moitié environ des hommes adultes et probablement aussi des femmes adultes les os longs du membre inférieur gauche remportent en longueur sur ceux du membre correspondant. N'oublions pas que. ces travaux ne déterminent qu'une seule dimension et que le volume des os dépend aussi de leur circonférence.

II. Poids des os des membres inférieurs. — M. L. Manouvrier, dans son savant mémoire sur le poids du crâne comparé à celui du squelette et du fémur, a pesé entre autres 20 squelettes d'Européens. Chez 55 °/o le fémur droit l'emportait. Si l'on additionne l'ensemble de ces résultats obtenus en pesant des fémurs de squelettes de races différentes, on trouve qu'il y a prédominance de poids du fémur gauche seulement 40 pour 100 des fois (i). Donc . d'après les expériences de M. Manouvrier le fémur droit semble peser davantage que le gauche dans 50 environ pour 100 des cas et comme il est plus court que le gauche à peu près dans le même nombre de cas, il faut bien admettre qu'il l'emporte en circonférence. Il faut observer que le poids du fémur seul ne peut pas remplacer celui de tous les os du membre. Il peut exister des compensations.

(l) GULDBERG, Op, cit., p. 45.

Bîschofif â le premier pesé l'ensemble des os des membres inférieurs, il trouve chez un homme adulte (il n'a mesuré qu'un seul sujet), que les os du membre inférieur droit pesaient 1 7 grammes de moins que ceux du côté gauche (os du membre gauche 1950 grammes, droit 1933 grammes). ,

Pour les deux sujets adultes masculins dont Liebig a pesé les os, on trouve chez l'un égalité <îe poids à i décigr. près ! Chez le second une prédominance de 58,6 grammes du côté droit et cela chez un droitier (bras droit 876,4, bras gauche 786,1 grammes).

Pour les femmes, Bischoflf, chez le seul sujet dont il a pesé les os, trouve égalité parfaite pour les deux membres inférieurs comme du reste pour les supérieurs.

Pour les enfants, Bischoff a fait des pesées relaftivement nombreuses sur les os de nouveau-nés €t même d'un fœtus. Chez un sujet il trouve pour If^îsemble des os du membre inférieur droit une supériorité de 2,5 grammes, soit de 1/19 environ sur le poids des os du côté giauche. Chez un autre nouiveaurné les os du membre gauche Tenir portant de i/i36(!) sur le droit. Chez le fœtus il y a prédominance du côté gauche qui l'emporte de i/io environ. Il est nécessaire d'ajouter qu'on ne saurait dire si ce fœtus et le second nouveau-né ne sont pas gauchers, attendu que les pesées des os des membres supérieurs donnent égalité, 30 et 30, 7 et 7 grammes.

Gaupp a également pesé des os de nouveaunés, mais lui-même fait remarquer que la valeur des différences est « si faible, qu'elle n'excède généralement pas les bornes des erreurs possibles de pesée > (i).

Si nous essayons de dégager les conclusions de ce rapide expos/é des principales mensurations faites sur les os du crâne et des membres, nous voyons que la tête chez l'homme droit est plus développée dans sa moitié gauche et que le développement en sens inverse s'observe chez l'homme gauche. Pour la femme il en est de même, sans que Ton puisse dire si l'asymétrie est aussi prononcée que chez l'homme. Enfin pour l'enfant on n'a jusqu'ici aucune donnée, à ma connaissance du moins. Le travail de mensuration au point de vue qui nous occupe devra être complété.

Pour ce qui concerne les os des membres supérieurs, la concordance des résultats nous permet d'affirmer que chez l'homme adulte droit les os du membre supérieur droit l'emportent et en longueur et en circonférence, donc en volume, et aussi en poids, sur les os du meinbre opposé. Ce qui reste à déterminer c'est le rapport moyen exact des volumes et des poids des os de chaque membre.

(i) Gaupp Ern., LJeber die Mauss- und gewichts-differenzen zwischen den knochen der rechten und der linken Extremitaten des Menschen. Inong-Dissert. Breslau, i88g.

Chez la femme, il semble d'après divers travaux, que la prédominance gauche soit plus fréquente ou, comme je le disais plus haut, que l'asymétrie soit moins prononcée. Le nombre des mensurations et des pesées faites jusqu'ici sur les squelettes féminins est absolument insuffisant pour nous donner une solution définitive de la question. C'est aux anthropologistes à combler cette lacune et nous donner une réponse satisfaisante.

Pour les enfants il me paraît qu'on doit s'abstenir également de formuler une réponse. D'abord le nombre des travaux de mensurations quoique déjà considérable est cependant tout à fait insuffisant pour constituer une moyenne sérieuse. Puis la difficulté extrême qu'il y a à mesurer des différences très minimes rendront encore longtemps fort pénible la solution du problème. Il faudra trouver de nouvelles méthodes plus précises que celles qu'on a employées jusqu'ici.

En résumé pour les os des membres supérieurs prédominance habituelle à droite, exceptionnelle à gauche.

Sur la valeur du rapport entre le nombre des droitiers et celui des gauchers l'accord n'est pas parfait. Krause et Dehner constatent que 75 Vo de leurs sujets ont le bras droit plus long et les 25 autres le bras droit égal ou plus court que le gauche. Il semble qu'ils

devraient conclure qu'il y a sur cent hommes 75 droitiers et 25 gauchers ou ambidextres.

Or ils affirment que sur leurs 5 141 sujets, 99 7o étaient droitiers et seulement i % gaucher.

Sur quoi se sont ils basés pour conclure ainsi? Probablement sur la force déployée au dynamomètre; ils ne le disent pas.

Pour le développement du squelette des membres inférieurs, nous trouvons des résultats beaucoup moins concordants. D'après la plupart des travaux parus jusqu'ici, il semble que la jambe gauche doive l'emporter en longueur dans la majorité des cas. Le tyipe le plus commun, le droitier serait donc ordinairement gaucher des membres inférieurs. Il y aurait ce que Guldberg appelle, dissymétrie croisée. Une espèce de compensation entre les membres supérieurs et inférieurs du même côté du corps.

Malheureusement pour cette théorie il reste à trouver une série d'inconnues. Quand elles seront connues, on aboutira peut-être à la conclusion opposée à celle de Guldberg.

D'abord, jamais, dans les travaux de mensuration, on n'a tenu compte des os des pieds; quand on comblera cette lacune on en arrivera probablement à supprimer tous les prétendus ambidextres. Puis il faudrait mesurer la, circonférence des os des jambes et surtout faire des. travaux systématiques de pesée portant sur

tous les os des deux extrémités inférieures et cela chez un nombre considérable de sujets.

Alors, et alors setilement, on pourra déterminer de quel côté ITiomme droit et l'homme gauche a le membre inférieur le plus développé, et dire, avec certitude, s'il y a ou s'il n'y a pas asymétrie croisée et compensatrice.

IL — L'Asymétrie musculaire.

Un anatomiste Allemand, Theile, professeur à l'université de Berne, avait entrepris de déterminer le poids moyen de l'ensemble de tous les muscles du corps humain, d'abord chez l'homme normal de taille moyenne, puis chez la femme adulte; en outre, de* fixer les variations qui se produisent dans le cours de la période de formation, depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte, et pendant la période de dégénérescence, normale chez les vieillards et anormale chez certains malades.

Son but était tout différent de celui que je poursuis, il n'a nullement voulu comparer le poids des muscles des deux moitiés du corps.

Aussi pour nombre de sujets s'est-il contenté de peser les muscles tantôt du côté droit, tantôt du côté gauche, et de calculer approximativement le poids moyen des muscles qu'il ne pesait pas. Néanmoins ses habitudes d'observateur et les nécessités de l'expérimentation l'ont amené à

— sodés conclusions qui nous intéressent. Cest ainsi qu'il affirme incidemment « que C ensemble de totis les muscles de la moitié droite du corps l* emporte sur ï" ensemble de tous les muscles de la moitié gaucher (i). Or dans cette ensemble comme nous le verrons, il faut faire deux parts : d'abord les muscles qui s'insèrent sur la boîte crânienne et la partie supérieure du rachis, c'est-à-dire ceux qui font tourner ou incliner la tête sur le cou; puis tous les autres muscles du corps. Le premier groupe a un développement asymétrique en sens inverse de celui que présente le second.

Theile n'a pas fait de distinction entre droitiers et gauchers, il n'a pas du tout adopté la division que nous croyons devoir admettre. Les muscles du corps sont divisés par lui en dix groupes, un peu arbitrairement choisis, du moins à notre point de vue. Par contre, comme il donne,, du moins pour un certain nombre de sujets, le poids de tous les muscles du corps, depuis les plus considérables jusqu'aux plus infimes (muscles interosseux des doigts et muscles de la langue), nous pouvons aisément, pour ce qui concerne les muscles inserrés sur la boîte crânienne, retrouver le poids de chacun d'eux et former un total.

L'auteur expose longuement les procédés employés pour arriver à une conclusion sérieuse.

(i) F. W. Theile. Gewichtsbestimmungen zur Entwicke^ lung des Muskelsystems {Nova acia academia. Halle, 1884, p. 200).

Qiacun sait combien il est facile d'obtenir pour le même muscle des poids différents d'après le degré de dessication auquel ce muscle est parvenu. Theile a pris des précautions qui, somme toute, telles qu'il les expose, paraissent encore insuffisantes pour établir avec certitude quel est le poids réel des muscles tels qu'ils sont chez l*homme vivant ou immédiatement après le décès. Heureusement que, pour tous les muscles pairs^ de l'organisme, il a pris la précaution de toujours les détacher ensemble et de les peser immédiatement l'un après l'autre. Les muscles homologues ont ainsi une chance plus grande d'être pesés dans des conditions comparables.

Le patient anatomiste a fait lui-même la préparation de presque tous les muscles qu'il a pesés; très rarement il s'est fait aider par des assistants pour nettoyer les muscles; ceux-ci étaient dans tous les cas détachés et pesés par Texpérimentateur en personne. Les pesées ont été faites à l'institut anatomique de TUniversité de Berne de 1844 à 1851. On s'est servi de grandes balances ordinaires pour les gros muscles, de balances de précision pour les petits.

Voici les résultats obtenus :

L Poids des muscles de la tête. — Theile^ comme nous l'avons dit, a cru devoir répartir tous les muscles du corps en dix groupes (muscles de la colonne vertébrale, muscles des mem-

bres supérieurs, etc.) (i). Seulement son principe de groupement, commode probablement a»

point de vue anatomique, n'est pas du tout physiologique. A notre point de vue il est de la pltïis haute importance de grouper les muscles d'après leurs fonctions. Cest ainsi que les muscles trapèzes sont compris par Tauteur dans le groupe des musdes des membres supérieiu-s. Ces muscles s'insèrent d^une part sur l'os occipital et la colonne vertébrale et d'autre part sur la clavicule* eÇ l'omo^ plate. Ils ont deux espèces d'actions : ils servent à hausser les épaules, à élever l'épaule pendant l'inspiration quand la respiration est difficile, ils interviennent aussi dans la toux et dans l'éternue*ment, tous mouvements relativement rares; d'autre part les trapèzes maintiennent la tête dans l'extension; agissant à part, le trapèze, d'un cêté^ incline la tête sur le cou. Ces derniers mouvez ments sont beaucoup plus fréquents que les premiers; le muscle trapèze doit donc être compté avec les muscles de la tête ei non avee ceux des bras. Ce qui le démontre d'ailleurs, c'est que presque toutes les fois que les muscles da bras sont plus forts à droite, le trapèze gawcte

(i) Voici rénumération complète de ces groupes : i) muscles de la colonne vertébrale; 2) m. du thorax; ■^) m. de l'abdomen; 4) m. des membres, supérieurs; 5) mides membres inférieurs; 6) m. du visage; 7) m. servant à la mastication; 8) m. servant à la déglutition; 9)' m. sliisérant sur les os de la> langue et du laiynx; 10) m. de If anus et .du périnée.

est plus fort que le droit Theile, en ajoutant aux muscles moins pesants du bras gauche des muscles cervicaux plus développés de ce côté, arrive* à un poids total qui est trop fort ; en ajoutant le poids des muscles cervicaux droits plus faibles que les gauches correspondants aux poids des muscles plus développés des membres supérieurs droits, il obtient un poids total droit qui est trop faible. Il faut pour être logique considérer à part les muscles cervicaux droits et gauches et considérer également à part les muscles de chacun des membres supérieurs en ne comptant pas ceux qui servent surtout à mouvoir la tête et le cou.

Si nous examinons les données recueillies par Theile en pesant les muscles qui font mouvoir la tête sur le cou et le cou sur le tronc, nous trouvons dans son travail des lacunes considérables. Sur les sept sujets masculins adultes de taille moyenne, dont il a pesé les muscles, deux seulement ont été Tobjet d'un examen complet. Chez les autres, pour certains muscles, tantôt du côté droit, tantôt du côté gauche, on s'est contenté de donner un poids approximatif.

Chez les deux sujets dont tous les muscles cervicaux ont été pesés, nous trouvons pour le premier : poids des muscles du côté droit 262,5 grammes, du côté gauche 292,4 grammes.

Ce qui fait une différence de poids de plus de i/io en faveur du côté gauche.

Chez le deuxième sujet, on obtient pour Tensemble des muscles du côté droit 414,9 grammes, du côté gauche -131,1 grammes; donc prédominance gauche mais moins accentuée que chez le premier.

Pour les autres sujets masculins adultes de taille moyenne, nous ne pouvons constituer des sommes comparables; chez la plupart d'entre eux on n'a même pas déterminé le poids des grands muscles cervicaux.

Chez Tun des sujets (un gaucher) nous trouvons le rapport précédent renversé : un sujet chez lequel les muscles du membre supérieur gauche pèsent plus que ceux du côté droit, a pour le poids du trapèze : du côté droit 252,7 grammes et du côté gauche 221,7 grammes, soit environ i/io en moins du côté gauche.

Les pesées de muscles faites sur les femmes ont été beaucoup moins nombreuses que celles que l'on a pratiquées sur les sujets masculins.

Pour une seule femme adulte nous trouvons des résultats incomplets, les muscles cervicaux gauches ont seuls été pesés.

Le travail de Theile est particulièrement

intéressant en ce qui concerne le développement

de la musculature chez les nouveau-nés et les

. jeunes enfants. Chez un garçon nouveau-né les

poids comparatifs des deux principaux muscles

cervicaux pesés par Theile, les stemo-cleidomastoïdiens donnent du côté droit 2,67 grammes, du côté gauche 3,83 grammes. Par contre chez une petite fille de 8 jours les différences sont insignifiantes.

IL Développement des muscles des membres supérieurs, — Theile a pesé les muscles des 2 membres supérieurs chez cinq sujets de taille moyenne et chez un homme mesurant 170,5 cm. Sur ces six sujets, cinq ont les muscles du membre supérieur droit plus développés que ceux du membre opposé. La différence de poids, en faveur du côté droit, est de i/io environ chez un homme de 24 ans, de 1/12 chez un homme de 24 à 28 ans, de 1/76 chez un troisième sujet âgé de 26 ans; de 1/41 chez un homme de 57 ans et enfin de 1/17 chez un sujet de taille supérieure à la moyenne. Bien entendu nous avons pris dans les données de Theile le poids des muscles des membres supérieurs, enlevant du groupe les muscles plutôt cervicaux et comptant tous les autres depuis les deltoïdes jusqu'aux interosseux. Pour le sujet gaucher que Theile a examiné, nous trouvons les données suivantes : poids de l'ensemble des muscles du membre supérieur droit 3561,4 grammes; poids de l'ensemble des muscles du membre supérieur gauche 3655 grammes, soit 94 grammes de plus (1/38 environ en faveur du côté gauche).

Les muscles du membre supérieur droit chez la femme de 22 ans, que Theile a soumis â des pesées systématiques complètes^ pèsent 1920,3 grammes contre 1852,6 grammes pour les muscles homologues du côté gauche. Ici je n'ai pu prendre . le poids des seuls muscles du membre supérieur. Si le lecteur compare mes chiffres à ceux que donne Theile et que reproduit Guldberg, il constatera donc une différence pour les sujets masculins seulement Aii point de vue musculaire, rien ne semble indiquer chez la femme une asymétrie moins prononcée que chez les sujets masculins. Il est vrai que nous nous trouvons en présence d'un cas unique.

Comme le squelette, la musculature chez les nouveau-nés et les jeunes enfants se caractérise par une asymétrie moins accentuée que celle de l'adulte. Chez un garçon nouveau-né nous trouvons : poids des muscles du membre supérieur droit : 76,65 grammes; poids des mêmes muscles du côté gauche; 74,8 grammes.

Chez une petite fille de 8 jours, du côté droit, les muscles du membre supérieur pèsent 54,81 grammes contre 54,67 gr. du côté gauche.

Chez un garçon de 8 ans on obtient 151,0 grammes pour l'ensemble des muscles du membre supérieur droit et 151,2 grammes pour l'ensemble des muscles du niembre supérieur gauche. Ces chiffres deviennent chez un garçon de 1 5 ans 634,9 grammes du côté droit, 608,6 grammes du côté gauche.

IIL Développement des viûscles des membres inférieurs. — Chez les cipq hommes adultes de taille 'moyenne et chez le sujet de taille supérieure à la moyenne, nous trouvons pour l'ensemble de tous les muscles des membres inférieurs une prédominance du côté droit chez 4, une prédominance du côté gauche chez deux seulement; ces deux sujets sont droitiers pour les membres supérieurs*

Chez la femme de 22 ans le poids des muscles des deux membres inférieurs est absolument égal (i).

Chez les enfants : égalité ou à peu près chez l'enfant nouveau-né; prédominance du côté droit chez un enfant de 8 jours (1/32 environ); prédominance très marquée à gauche chez un garçon de 8 ans (1/30 environ); et enfin prédominance à droite chez le jeune garçon de 15 ans.

Somme toute, les résultats obtenus par Theile . s'accordent assez bien avec les conclusions des travaux de ' mensuration faits sur les os. Pour les muscles, comme pour le squelette, on observe une asymétrie parfaitement marquée entre les deux moitiés du corps. Chez l'homme droit, les muscles du membre supérieur droit l'emportent en poids

(i) 5,185,7 grammes à droite — 5,185,8 grammes à gauche.

sur ceux du membre supérieur gauche; le développement de la boîte crânienne étant plus considérable du côté gauche que du côté droit, et, en conséquence, les muscles dont les contractions doivent mouvoir la tête sur le cou et le cou sur le tronc, muscles qui s'attachent à l'épaule à la cage thoracique d'une part, aux vertèbres cervicales et à la boîte 'crânienne d'autre part, sont plus puissants et plus pesants du côté gauche. Quant aux membres inférieurs*, les conclusions sont moins concordantes : si les os de la jambe droite sont en général plus courts, ils semblent plus épais; et le poids prédominant se trouve du côté droit. Quant aux muscles la prédominance à droite semble également la règle.

Pour l'ensemble du développement, la femme d'après certains travaux, semblerait plus symétrique que l'homme. Toutefois, nous le répétons, le nombre des mensurations et pesées faites sur les os et les muscles de la femme est absolument insuffisant pour trancher la question. La théorie de l'évolution qui considère la femme comme moins développée que l'homme est évidemment séduisante, c'est surtout pour cela qu'il faut se garder de conclure quand les données expérimentales font défaut.

Il semble •assez bien établi par les données expérimentales que l'être humain au début de

la vie ait l'organisme plutôt symétrique et que le développement inégal des deux moitiés du corps se produise seulement plus tard. Cela ne prouverait en aucune façon que l'asymétrie du squelette et des muscles ne sont pas héréditaires. L'exemple des pleuranectoïdes le démontre suffisamment. Mais ici encore il faut réserver la conclusion, .

III. — Différence de développement de Tensemble de tous les tissus du côté droit et du côté gauche.

Les travaux de mensuration et de pesée -que nous venons de passer en revue ne s'accordent pas sur tous les points. Le nombre trop restreint de sujets, la diversité des buts poursuivis par les expérimentateurs, certaines idées préconçues amènent des conclusions discordantes, parfois même étranges. Prétendre que sur cent sujets 45 environ ont le membre inférieur gauche plus développé que le droit, que le pied gauche est d'ordinaire plus long que le droit, et que c'est pour cette raison que dans certaines armées les soldats partent du pied gauche (i), me paraît à tout le moins hardi. L'idée du vulgaire c'est que le bras droit, la jambe droite, la main et le pied droits sont généralement plus forts que

(i) Matiegka.

les organes du côté opposé. La plupart des savants, dont nous citons les conclusions, admettent l'existence d'ambidextres. Enfin plusieurs soutiennent que la femme est ou bien plus fréquemment gàuchère ou bien moins asymétrique que l'homme. Ces affirmations s'accordent mal . avec les résultats de mes propres /recherches. Jamais- je n'ai trouvé un Sujet* symétrique au point de vue du développement du système nerveux sensitif. J'ai fait des expériences sur un très petit nombre de femmes, il est vrai, mais les épreuves très multipliées et conduites avec tout le soin possible ne m'ont donné jusqu'à présent que des résultats identiques à ceux obtenus pour les hommes.

Devant ces divergences des résultats et en attendant que des mensurations plus nombreuses soient venues fixer nos idées, j'ai entrepris défaire une enquête chez des chapeliers, tailleurs, tailleuses, gantiers et bottiers. Exempts de préoccupations scientifiques,ces industriels font leurs mensurations sans parti pris ni idée préconçue. Je me suis adressé à des hommes expérimentés travaillant pour la clientèle aisée et riche.

J'ai examiné plusieurs centaines de formes de têtes, obtenues au conformateur. Cet appareil,, comme chacun sait, s'adapte exactement sur le pourtour de la tête qu'il enserre de toutes parts. Un carton posé à la partie supérieure du con-

formateur reçoit une empreinte au moyen de pointes, dont chacune correspond à un* segment -de la couronne de baguettes qui s'appliquent sur la tête. Au milieu, deux pointes disposées en ligne droite correspondent au plan médian vertical antéro-postérieur. J'ai examiné les formes recueillies et voici les conclusions auxquelles j'ai abouti. Jamais je n'ai rencontré une forme parfaitement symétrique. La forme de la tête diffère extrêmement d'un homme à l'autre, non seulement par la proportion des axes, brachiocéphales et dolichocéphales, mais surtout par l'inégalité des contours. Sur le pourtour de la circonférence on trouve ici des bosses, là des dépressions, certaines têtes sont à peu près droites d'un côté, convexes du côté opposé ; tantôt le développement en bosse se produit en avant dans la partie correspondant au lobe frontal, tantôt en arrière (lobe occipital), mais toujours les aires situées de part et d'autre de la ligne médiane sont inégales. Le chapelier que j'ai interrogé estime que sur cent sujets deux tout au plus ont la tête plus forte du côté droit et par conséquent sont gauchers.

Quant à la fornje des têtes de femmes, les modistes ne peuvent nialheureusement pas nous renseigner. Pour les enfants masculins, à l'âge où ils commencent à porter un chapeau, les déformations et l'asymétrie apparaissent déjà.

J'ai interrogé deux tailleurs, l'un dirige une

maison de confection, il mesure lui-même et m'atfirme avoir fait jusqu'ici environ 49.000 mensurations. L'autre est un maître-tailleur travaillant pour la clientèle riche. Il mesure et coupe presque toujours lui-même. D'après ce dernier, il n'existe pas d'ambidextres. On a toujours un côté du corps plus fort que l'autre. En général (98 fois sur 100) Tépaule droite est placée plus bas que la gauche de un ou deux centimètres (davantage chez ceux qui se servent beaucoup -du bras droit); les deux manches sont d'égale longueur, mais l'ouverture^ c'est-à-dire l'entrée de la manche du côté de l'épaule, est plus large du côté droit.

Quant au pantalon, on le fait d'ordinaire symétrique, à cause même de l'asymétrie des membres inférieurs. D'après mon tailleur, la jambe droite est plus courte que la gauche (il est d'accord avec la majorité des anthropologistes), mais la hanche droite est chez la généralité des hommes plus développée que la hanche gauche. La couture du pantalon étant d'égale longueur à gauche et à droite, le vêtement devrait, semble-t-il, traîner du côté droit; mais la saillie plus prononcée de la hanche droite le relève.

Chez la plupart des hommes, la fourche du pantalon touche du côté de la jambe droite (93 fois sur 100). La couture médiane qui réunit les deux moitiés égales droite et gauche du pantcdon ne correspond pas dans le porter avec le plan antero-postérieur médian du tronc, et cela à cause

du développement plus considérable de la hanche et de la cuisse droite; cette couture se place un peu à droite du plan médian (i).

Pour les enfants les différences (hauteur des épaules, ouverture des manches) existent, mais elles sont trop faibles pour qu'il faille en tenir compte dans la coupe.

Le tailleur qui dirige une maison de confections m'a donné des réponses à peu près analogues à celles que je viens de transcrire; selon lui, il y a I ^jo seulement de gauchers; pour le reste il est d'accord avec son collègue.

J'ai interrogé deux tailleuses et deux corsetières, leurs renseignements concordent : chez l'immense majorité des femmes le côté droit l'emporte sur le gauche, et notamment le bras droit est plus long et plus gros, la hanche droite est plus développée, la poitrine est plus forte du côté droit. Deux ou trois femmes sur cent sont plus développées du côté gauche.

Bien entendu, il s*agit des femmes normales considérées par les gens du métier comme régulièrement conformées. Les corsetières surtout constatent des déformations nombreuses, mais cfcUes-ci sont du domaine de la pathologie ou de la tératologie.

(i) La grande majorité des hommes portent à gauche, néanmoins les deux moitiés du pantalon sont égales; on enlève environ un centimètre et demi sur une partie de la moitié droite : la moitié droite correspond à la jambe droite, la moitié à la jambe gauche et au périnée.

D*après les tailleuses et les corsetières, le nombre des gauchères n'est pas chez les femmes plus considérable que celui des gauchers chez les hommes.

Il importe d'observer que. les tailleurs, les tailleuses et même les corsetières ne mesurent jamais directement les dimensions du corps luimême complètement déshabillé, en outre, tous ceux que j'ai interrogés coupent égales les deux moitiés droite et gauche de tous les vêtements et les ajustent ensuite sur le corps du client ou de la cliente.

Deux cordonniers très expérimentés m'ont donné les renseignements suivants : sauf chez les hommes qui marchent beaucoup, chez ceux qui font de l'escrime et chez quelques sujets exceptionnels, il n'y a pas entre les deux pieds une différence sensible de longueur; mais d'ordinaire, 90 à 95 fois sur 100, le pied droit est plus large que le gauche. Chez la moitié des sujets cette différence de largeur atteint un demi centimètre, généralement cependant on fait les deux chaussures d'égale largeur en prenant pour mesure les proportions du pied le plus fort. D'ordinaire le client tend instinctivement le pied le plus développé, droit ou gauche.

Chez les femmes, la proportion des gauchères est également de 8 environ sur 100.

Chez les enfants on ne constate pas de différence sensible entre les dimensions des pieds.

D'après les gantiers, toujours Tune des deux mains, 97 fois sur 100, la main droite, est non pas plus longue mais plus large que la gauche. La difîFérence entre la circonférence de la main droite et celle de la main gauche chez les hommes est ordinairement d'un quart de pouce. Les gantiers que j'ai consultés m'affirment que la circonférence moyenne de la main droite che2 l'homme (ici à Gand) est de 7 3/4 pouces; celle de la main gauche 7 1/2 pouces. Chez les femmes la différence est moindre, la moyenne de la circonférence de la main droite est 6 3/4 pouces, de la main gauche 6 5/8 pouces, donc une différence de 1/8 de pouce environ.

Chez les enfants la , différence de largeur ne devient sensible que vers l'âge de 14 à 15 ans.

Le lecteur voit, d'après ces dernières données, que tout le monde admet que le membre supérieur droit l'emporte en général sur le gauche; qu'exception nellenient c'est le gauche qui est le plus dèvoloppé; le membre favorisé est plus long, plus volumineux, plus pesant, plus large à l'extrémité.

Tout le monde admet à peu près la même proportion entre le nombre des droitiers et celui des gauchers (98^/0 et 2 0/0). Quant au développement inégal des deux moitiés de la tête, il n'y a pas non plus désaccord entre les chapeliers et les anthropologistes. Le manque de concordance

entre les conclusions des savants et celles des hommes de métier est frappant pour ce qui concerne les membres inférieurs; somme toute, les tailleurs, tailleuses et bottiers soutiennent que la prédominance du côté droit est à peu près aussi fréquente pour les membres inférieurs que pour les supérieurs; les savants concluent plus volontiers à l'égalité absolue entre les membres inférieurs. Citons la conclusion judicieuse de M. A» RoUet : « On ne peut établir aucune règle générale pour le membre inférieur. Les inégalités sont capricieuses... » Les cordonniers et les tailleurs, les tailleuses et les corsetières ne croient pas à l'existence d'inégalités capricieuses. Ont-ils tort, ont-ils raison ? de nouvelles expériences nous l'apprendront.

(I) M. A. RoLLET, op, cit p. 847.

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