Hymne de la Chaire de saint Pierre
di ju - di - ca - bia
210 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ie' TRAITÉ : HARMONIQUE
Je me suis conformé à l'usage établi, en assignant ces trois hymnes au cinquième mode (quatrième ton du plain-chant) ; mais, en réalité, sont-elles du mode de Ml ? L'analyse de leur contexture mélodique fait au moins concevoir des doutes sur ce point.
Un mode est caractérisé par ses tétracordes ; les tétracordes se reconnaissent à la marche de la mélodie, mais surtout aux notes de repos, qui doivent être le plus souvent les notes servant de cadre aux tétracordes et de charpente au mode. Quels sont donc les tétracordes caractéristiques du cinquième mode ? Ceux de MI et de SI:
Authentique MI - fa - sol - LA - SI - do - re - Ml Plagal SI -do- re - MI - fa- sol -LA- SI
et les notes principales du mode, celles sur lesquelles la mélodie doit ordinairement reposer, sont -les trois notes : Ml- LA et SI. On a vu comment cette loi de conformation des modes et de structure de la mélodie est, en effet, appliquée dans les divers exemples cités jusqu'ici. Cette loi est-elle observée dans le cas présent ? Non, certainement.
Il ne faut pas un long examen pour reconnaître que, dans les trois hymnes précédentes, les tétracordes et les notes de repos, par conséquent la charpente du mode, appartiennent plutôt au deuxième mode, SOL, qu'au cinquième, MI; il serait difficile même d'y trouver rien qui caractérise ce dernier mode, tandis que l'autre y apparaît manifestement dans ses deux tétracordes: SOL- la- si- DO et RE-mi-
fa-SOL, dans les repos sur SOL, DO, RE, dans les formules mélodiques qui rappellent l'accord parfait de SOL, en un mot dans toute la texture du chant, qui repose d'une manière assez évidente sur ces trois notes fondamentales: SOL-SI-RE, au lieu que ce devrait être dans le cinquième mode, LA -SI -ML
Le même fait se retrouve, encore plus saillant peut-être, dans une autre hymne, qui est aussi du quatrième ton dans le plainchant, mais qu'on doit certainement ranger dans la même catégorie que les précédentes.
CH. IV. — CINQUIÈME MODE,