Chant liturgique copte
208 II' ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — l" TRAITÉ : HARMONIQUE
Les chants du cinquième mode plagal sont moins nombreux dans la musique grégorienne qu'il ne semble tout d'abord. Beaucoup sont attribués au quatrième ton du plain-chant, qui n'ont cependant rien de plagal, puisqu'ils ne dépassent pas, au grave, les limites permises du mode authentique. Car, il est bon de le redire, une mélodie n'est pas plagale par le seul fait d'être oligocorde ; ce qui distingue essentiellement les mélodies plagales des mélodies authentiques, c'est le renversement des tétracordes. Les mélodies authentiques font principalement usage du tétracorde tonique ; le télracorde supérieur de dominante, le plus souvent, n'est parcouru qu'en passant; la voix ne tarde guère a redescendre et à se reposer sur le tétracorde inférieur ; les mélodies plagales, au contraire, renversant l'ordre des tétracordes et plaçant au grave le tétracorde de dominante, y maintiennent ordinairement la voix, qui ne s'élève alors que de très peu dans les cordes authentiques. La est la raison d'être d'une double échelle dans chaque mode, autrement toute distinction réelle disparaît, et l'on ne saurait plus assigner aucune différence essentielle entre les mélodies authentiques et les plagales.
On ne l'a pas compris de la sorte au moyen âge, il est vrai, et Ton s'est appuyé sur d'autres principes pour faire le partage entre les chants authentiques et les plagaux. Mais la théorie adoptée sur ce point, comme sur plusieurs autres, parait défectueuse ; elle découle d'une notion inexacte et incomplète des modes musicaux, et la musique grégorienne ne peut que gagner à être mieux comprise.
Les vraies mélodies plagales du cinquième mode sont celles qui ont été composées sur l'échelle de SI et qui, pour les raisons énumérées plus haut, se terminent non sur la finale réelle du mode, mais sur la dominante, premier degré de l'échelle. Elles sont rares parmi les hymnes du bréviaire romain ; voici, je crois, les seules qui s'y rencontrent, à moins qu'on ne veuille y en ajouter quelques autres, dont le caractère reste indéterminé, parce que la mélodie ne contient ni le SI\ ni le &/>.
CH. IV. — CINQUIÈME MODE, Ml 10. — Hymne du Dimanche à Matines
dit, Vel quo re - sur-gens Con-di - tor Nos mor- le vie- ta Ii - he - rat.