‹ Études de science musicaleChapitre 127 sur 220 · II- MODE · texte numérisé non relu

II- MODE

Linguam re - fre - nans tem - pe - ret,

Ne li - Us hor - ror in - so-

^H'fFï^m

Vi-sum fo - ven - do con - te - gat,

Ne va-ni - ta - tes liau - ri - at.

Et Guy d'Arezzo ajoute, en terminant ce chapitre : « On voit que, par les seules voyelles, on réussit à composer un chant régulier et non sans grâce. Il n'y a donc pas de doute qu'un musicien bien exercé ne puisse par ce moyen arriver à quelque chose de très bon, en choisissant parmi les voyelles celles qui donnent les sons les meilleurs et les mieux ordonnés entre eux, surtout s'il a soin de combler les vides, d'élargir parfois la mélodie lorsqu'elle est trop resserrée, ou de la resserrer, au contraire, si elle devient trop large, de lui ajouter enfin ce qui lui manque pour former un tout parfait et soigné !. »

1 Guidonis Aret. Aftcro/., ch. xvn.

260 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — 1er TRAITÉ : HARMONIQUE

Qu'en pensent nos compositeurs de musique ? Peut-être trouveront-ils que voilà un moyen facile, curieux en tout cas, de suppléer à l'inspiration, lorsqu'elle fait défaut. Mais, pour composer des mélodies vraiment musicales, c'est-à-dire pensées et senties, je doute qu'ils aient jamais recours à un procédé aussi mécanique, aussi peu intelligent. Cependant l'autorité de Guy d'Arezzo était grande au moyen âge, et sa recommandation est ici bien chaleureuse ; il est à croire, par conséquent, que sa méthode de composition musicale aura servi à plus d'un artiste en quête de mélodies nouvelles. Il est au moins certain qu'il a fait école, puisque nous retrouvons sa doctrine exposée et recommandée par maint auteur de marque venu après lui *. Mais ce n'est pas une raison, on l'avouera, pour que des chants ainsi composés soient des chefs-d'œuvre.

Heureusement, tous les maîtres n'ont pas suivi les mêmes errements! Et, d'ailleurs, la musique grégorienne n'est pas une musique définitivement perdue ; elle trouvera encore des artistes pour la comprendre et composer des œuvres dignes du grand art musical.

{ Cf. Aribo Scholasticus, De Musica, De Opportunitate modulandi. — J. Cottonis, Musica, ch. xx. Qualiter per vocales cantus possunt componù — J. de Mûris, ch. xxn. Qualiter cantus novus habet fieri et diversificari.

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