‹ Études de science musicaleChapitre 140 sur 220 · DO -SOL- RE -LA -MI · texte numérisé non relu

DO -SOL- RE -LA -MI

Le ton de DO est donc entouré de huit autres tons, dans lesquels l'artiste peut, à son gré, conduire la mélodie :

SOL-LAb-LA^-SIb-DO-RE-Mfy-Ml^-FA

On peut néanmoins élargir encore le cercle des modulations directes et à ces neuf tons en ajouter deux autres, ceux de Re\? parmi les générations

ascendantes et de SI parmi les générations descendantes, par la combinaison de la cinquième et de la sixième règles avec la quatrième.

Deux modes à ossature semblable peuvent, en effet, être considérés comme ne faisant qu'un dans leurs éléments essentiels ; ce qui les différencie, c'est-à-dire leur remplissage, n'est qu'une variété en quelque sorte accidentelle, un certain nombre de formes particulières qu'ils revêtent, suivant les exigences du ton dans lequel est composée la mélodie. Dès lors qu'ils sont un en essence, ils le sont aussi en parenté, et la règle quatrième est applicable à l'un aussi bien qu'à l'autre. La modulation immédiate est donc possible non seulement entre les deux modes à ossature semblable, mais encore avec leur parenté au premier degré : DO, par exemple, module directement avec La\? et avec MI\, qui ont même ossature modale, le premier avec le premier mode, et le second avec le cinquième mode ; il peut donc moduler également avec la parenté au premier degré de ces deux tons, c'est-à-dire avec Re}? et SJl|. El la sixième règle étend cette même facilité de modulation à tous les modes soit de DO, soit de Re'? et de SI.

Ainsi, ce n'est plus seulement neuf tons, mais onze, entre lesquels la modulation est toujours possible. C'est plus qu'il n'en faut, on en conviendra, pourdonner à l'inspiration mélodique le moyen de variera l'infini son mouvement, sur toutes les routes musicales; surtout si l'on se rappelle que ces onze tons renferment chacun onze modes distincts, qui sont autant d'éléments de variété, que le bon goût et la délicatesse du sentiment musical sauront grandement apprécier.

Quoi qu'il en soit, nous avons dans cette règle l'explication de ce fait bien connu des musiciens, que la modulation d'une gamme donnée à une autre gamme située à la tierce majeure ou à la seconde mineure, et réciproquement, est toujours facile et qu'elle produit même une impression très agréable: ainsi, de DO en La'?el en MI\, ou de DO en Re? et en S/il.

De DO en La\>, l'ossature modale est commune au premier mode diatonique de DO et au premier mode chromatique de /.al?. Or qu'on compare les gammes de ces deux modes, et l'on verra tout ce qu'il y a de commun entre eux :

Ton de LA\> - i" mode chromatique — DO - re\> -mi^-FA- SOL - la[> - sifi - DO Ton de DO - i" mode diatonique = DO - re -mi - FA - SOL - la - si - DO

IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE

Nod seulement l'ossature est la même, mais deux notes, re et la, diffèrent seules d'un mode à l'autre, et ce sont les moins importantes, les moins caractéristiques en chaque mode. De plus, au point de vue harmonique, les deux toniques ont même accord parfait majeur, et l'accord de dominante est formé de part et d'autre avec la tierce majeure, note sensible de la gamme. Quoi d'étonnant qu'il y ait entre ces deux tons une telle convenance ?

Les mêmes rapports existent entre DO et ML Le premier mode chromatique de DO et le premier mode diatonique de MI sont l'un et l'autre formés à peu près des mêmes sons, sauf deux qui diffèrent, comme nous venons de le voir pour les tons de DO et de La»), et comme il est facile de s'en convaincre par le tableau de la page 266. La même convenance existe donc entre DO et MI qu'entre DO elLa]?. Celte convenance si grande explique également la facilité avec laquelle se font les modulations à la seconde mineure, soit en montant, soit en descendant : l'accord parfait de SI est dominante de MI, et celui de Refy est sous-dominante de La\? ; la transition de DO à chacun de ces deux tons de SI et deRe\? ne doit donc pas offrir de difficulté.

C'est ainsi, par exemple, que Pergolèse à pu écrire dans son Stabat les deux passages suivants, où se trouvent des modulations hardies, mais parfaitement explicables d'après les règles précédentes :

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