‹ Études de science musicaleChapitre 142 sur 220 · II. — Quando corpus morietur · texte numérisé non relu

II. — Quando corpus morietur

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300 II* ÉTUDE I MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE

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On remarquera les deux modulations qui se trouvent à la deuxième et à la dixième mesures : la première, du ton de DO au ton de RE]?, avec retour immédiat au ton de DO; la seconde, du ton de FA au ton de La [>, avec retour également immédiat au ton AçTDO. L'harmonie permet de concentrer en un très court espace ces modulations, que la mélodie n'au-

rait pu effectuer aussi rapidement ; mais, harmoniquement ou mélodiquement, elles suivent les mêmes règles et se j ustifient par les mêmes principes. Les règles précédentes ne concernent que les modulations directes et immédiates, et elles leur ouvrent un champ très vaste, puisqu'il n'y a pas moins de onze tons, entre lesquels il peut être permis de moduler sans intermédiaire obligé. Le ton de DO, par exemple, est en relation directe avec dix autres tons, qui l'entourent :

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Néanmoins, cette facilité de passer librement d'un ton dans un autre ton ne s'étend pas au-delà de la cinquième génération, ascendante et descendante : de DO à SI, cinquième génération descendante, et de DO à RE]?, cinquième génération ascendante. Il en est de même de tous les autres tons, qui ont également cinq générations à droite et cinq générations à gauche, avec lesquelles ils peuvent se mettre en relations immédiates. Mais, pour aller plus loin et atteindre les générations distantes de plus de cinq degrés, il faut nécessairement des intermédiaires. De là, la règle suivante :

Septième règle. — Tout mode en relation directe avec un autre mode de ton différent, d'après la règle précédente, peut lui servir d'intermédiaire pour passer dans les tons de relation trop éloignée, pourvu que cet intermédiaire soit en rapport immédiat avec chacun des termes de la modulation.

Ainsi le ton de FA n'est point en relation immédiate avec le ton de Do)?, ni avec ceux de SI, de Fa\ et de Do\. La transition n'est donc possible qu'au moyen d'un ou plusieurs intermédiaires. Quels seront-ils ? D'après la troisième et la quatrième règles ci-dessus, pour passer de FA à Do ]?, il faudrait parcourir successivement Si)?, Mi]?, La]?, Re \? et Sol?, tonalités intermédiaires qui forment la grande roule de FA à DO?. Le chemin est long, trop long pour être praticable ; la sixième et la*septième règles vont l'abréger considérablement.

A la rigueur, de FA à Do\? un seul intermédiaire suffit ; et je puis le choisir à volonté dans les cinq tons qui les séparent : Soi1?, Re]?, La]?, Mi]? ou Si]?. Tout dépend du chemin qu'aura pris l'inspiration musicale, avant de se diriger vers Do'?, ou qu'il plaira à l'artiste de lui faire prendre. Mais, de toute façon, ces cinq tons étant en rapport immédiat avec chacun

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des extrêmes, je veux dire avec FA et avec Do\?, la transition ne demande qu'à être habilement conduite pour produire un excellent effet. Et il en serait de même, si on voulait passer de FA à SI, ou à Fa\^ ou à Do\ ; un seul intermédiaire suffirait à effectuer ce passage.

D'où il suit, qu'il n'y a guère de tonalités si distantes qu'entre elles la modulation ne puisse s'établir, mélodiquement ou harmoniquement, au moyen d'un ou de deux intermédiaires bien choisis. Mais ces sortes de transitions exigent du tact, de l'habileté et du savoir-faire, que les maîtres possèdent d'instinct et que les autres doivent acquérir par l'étude des règles et par des exercices répétés, tels qu'on les propose ordinairement dans les cours de composition musicale. Nous n'avons pas à nous en occuper ici ; car c'est la théorie et non la pratique de la musique que nous étudions.

Aux règles qui précèdent, il faudrait ajouter un mol encore sur X enharmonie et l'usage qu'on en peut faire dans les modulations tonales. Mais l'enharmonie est toote fondée sur le tempérament mosieal, c'est-à-dire sur cette fiction ou procédé conventionnel qui, de deux sons distants Pan de l'autre d'un intervalle de comma, par exemple do\ et relp, fa\ et sol)?, etc., n'en fait plus qu'un seul, moyen entre les deux premiers; en sorte que ce son nouveau, tout en n'étant ni un do\ ni un rep, etc., est néanmoins accepté pour l'un comme pour l'autre et devient, à volonté, ou un do\ ou rep. De cette manière, les quinze tons se réduisent réellement à douze, autant qu'il existe de demi-tons dans la gamme diatonique.

On peut admettre que l'enharmonie est un procédé pratiquement nécessaire dans la musique moderne et, à ce point de vue, il a sa place dans la théorie des modulations. Mais la musique ancienne ne l'a point connu, pas plus, du reste, qu'elle n'a fait usage de notre science des accords. Je n'ai donc pas à en parler ici ; il sera plus à propos de le faire, lorsque j'aurai à traiter des modulations harmoniques, pour lesquelles l'enharmonie est une ressource précieuse et souvent employée.

§ 4. — Des modulations dans la musique grégorienne

L'art des modulations n'a certainement pas été ignoré des Grecs, puisque, dans leurs meilleurs auteurs parvenus jusqu'à nous, la théorie des mutations renferme déjà les premiers éléments de cet art et pose des prin-

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