CHAPITRE I
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L'échelle musicale, point de départ de tout le système, est celle de Guy d'Arezzo ; elle comprend deux octaves, du SOL grave au Sol aigu.
\n octave
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2° ocUto
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Dans cette échelle : 1° les deux degrés extrêmes, SOL et Sol, sont fixes ; tous les autres sont mobiles, c'est-à-dire peuvent être haussés ou baissés, selon que les circonstances le demandent ; mais l'échelle reste toujours composée d'un même nombre de degrés, et ces degrés conservent leurs noms tels qu'ils sont ici.
2° Régulièrement parlant, l'échelle musicale étant conçue dans le genre diatonique qui sert de base aux deux autres, elle renferme trois sortes d'intervalles appelés tons parles Grecs : tons majeurs, tons mineurs et tons minimes. La valeur de ces intervalles est déterminée de la manière suivante. On suppose l'intervalle d'octave ou diapason divisé en soixante-huit parties égales ; le ton majeur est censé contenir douze de ces parties, le ton mineur neuf, et le ton minime sept. Les tons sont donc disposés comme suit dans la gamme diatonique ordinaire :
sfc*
ta
tS
ta
Cette division de l'octave non seulement n'a rien de scientifique ; mais, en réalité, elle constituerait une octave fausse, étant donnée la valeur de chacun des intervalles qui composent l'échelle du diapason. De fait, l'intervalle d'octave contient naturellement cinq intervalles de tons majeurs et deux intervalles de demi-ton diatonique. Or l'intervalle de ton majeur se divise lui-même en deux demi-tons, l'un diatonique, un peu plus petit que la moitié du ton, l'autre chromatique, plus grand d'un comma que le précédent. Si donc le ton majeur est représenté par le nombre douze, le demi-ton diatonique et le demi-ton chromatique partageront cet intervalle, à peu près comme le nombre cinq et demi et six et demi divisent le nombre douze.
Cela étant, on voit tout d'abord que le nombre sept est trop fort pour représenter le demi-ton diatonique, tandis que neuf est trop faible pour le ton mineur, qui aurait ainsi un quart de ton de différence avec le ton majeur. Mais surtout l'intervalle d'octave n'a pas ici ses justes dimensions. Il devrait, en effet, équivaloir à cinq tons majeurs, plus deux demitons diatoniques. Or
(12x5) + (5gX2) = 7i,
et non pas soixante-huit, c'est-à-dire que le huitième degré de l'échelle diatonique ou octave, chez les Grecs, est numériquement un qnart de ton trois unités ou le quart de douze, ton majeur) au-dessous de la fondamentale ou premier degré; l'intervalle est faux et toute l'échelle est mal composée. Mais elle pourrait sans difficulté être corrigée et ramenée aux vrais nombres acoustiques de notre gamme diatonique.
3° C'est là, ai-je dit, la division ordinaire et théorique de l'échelle musicale. Pratiquement elle est modifiée de diverses manières ; par les genres d'abord qui ont chacun leurs échelles propres, ainsi que nous le verrons tout à l'heure ; puis par les systèmes, suivant que le chant ou le mode procèdent par diphonie ou tricordes, par triphonie ou télracordes, par tétraphonie ou pcntacordes, ou enfin par diapason ou octave.
La diphonie est un système de trois sons dont les extrêmes sont consonants et renferment deux intervalles, qui se reproduisent cons-
tamment et d'une manière régulière au cours de l'échelle. Par exemple :
DO-RE-MI — FA-SOL-LA — SI\rDO-RE — MfyF A-SOL, etc.
La triphonie est un système de quatre sons, les extrêmes formant
quarte mineure consonante; les trois intervalles du tétracorde sont repro-
duits également au cours de l'échelle, par tétracordes
Disjoints : DO-RE-MI-FA—SOL-LA-Sty-Do—Re-Mi-Fa^-Sol-etc.
ou conjoints : DO~RE-MI-FA-SOL-LA-SI\rDo-Re-Mi!rFa-Sol-Làï
La tétraphonie se chante par pentacordes conjoints, les deux sons extrêmes formant intervalle de quinte majeure, aussi consonante :
DO-RE-Ml-FA-SÔL-LA-SI-Do-Re-Mi-Fa\-Sol-La- etc.
Enfin le chant par diapason ou octave nous est assez connu; c'est le seul usité parmi nous. Les Grecs, au contraire, prétendent que leur musique fait usage des quatre systèmes ; mais la diphonie ne s'emploie, disent-ils, que dans le deuxième mode, qui est du genre chromatique. En voici, d'après Etienne le Lampadaire, l'échelle complète :
Gamme du deuxième mode
iO
en
O ta
Les musiciens grecs, certainement, sont ici dans l'erreur : cette échelle ne procède point par diphonie ou tricordes, mais par triphonie ou