‹ Études de science musicaleChapitre 180 sur 220 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

NOTATION MUSICALE

ut, dans la notation musicale des Grecs modernes, distinguer : oms qu'ils donnent aux différents degrés de la gamme et dont ils ige dans la solmisation ; 2° les signes qui représentent chacun de ■es; 3° les caractères servant à noter les mélodies, fond et forme, ons et rythme.

s avons vu déjà que les Grecs onl, comme nous, sept syllabes pour ■ les sept degrés de la gamme diatonique. Ces sept syllabes sont, irenant dans l'ordre de notre gamme de DO, qui est aussi, nous ons tout à l'heure, l'ordre primitif des sons dans la musique

Nïi, Ha. Boy, Ta, Ai, Ke, Zw, Ni).

as ne changent pas, alors même que les intervalles d'un degré à subissent souvent des modifications, devenant tantôt plus petits et au contraire, augmentés d'une quantité plus ou moins considé- In peut voir, en effet, dans le tableau de la page 372 bis, que les ; modales ont toutes plusieurs formes, par le rapprochement ou lissement de leurs intervalles, mais sans changer pour cela les sylji correspondent aux degrés de l'échelle.

s faisons de même dans notre musique, lorsque nous appelons du îom trois ou quatre sons différents, qui sont censés appartenir au legré. Chaque note de la gamme peut être successivement |j, [>, | et jg, le ton auquel elle appartient. Mais, en solfiant, nous disows tou- 0, RE, MI, etc., quel que soit l'accident dont la note est affectée.

CH. VIII. — NOTATION MUSICALE

Pour marquer les différents degrés de l'échelle musicale, les Grecs ont un certain nombre de signes, qu'ils tiennent de leurs ancêtres, mais dont ils ne comprennent guère la vraie signification. Voici l'échelle générale, telle qu'elle est notée chez eux :

H *» pi >^

to

cô

to

Dans cette échelle les nombres placés au centre indiquent la valeur des intervalles : 12 = ton majeur, 9 = ton mineur et 7 = ton minime ou demi-ton, censé diatonique. Les syllabes de droite sont les noms des degrés de la gamme ; chacun d'eux est répété deux fois, parce que l'échelle comprend deux octaves, de SOL grave à Sol aigu. Les signes représentant les sons de chaque degré sont écrits à gauche de l'échelle. Plusieurs particularités y sont à noter :

1° Chaque signe est formé de deux parties : une lettre et un signe spécial. Les lettres ne sont autres que les consonnes des syllabes de droite : A, x, Z, v, etc. Mais on remarquera comment elles sont placées : les deux premières, A et x, sont écrites au-dessous du signe; à partir de Z (S/), elles se trouvent au dessus, jusqu'à l'octave; de l'octave jusqu'au sommet de l'échelle, elles sont encore écrites au-dessus du signe, mais avec un accent aigu. La vraie gamme de cette notation est donc celle qui commence au SI grave : SI, DO, RE, MI, FA, SOL, LA, SI, c'est-à-dire la gamme de Pythagore et des plus anciens Grecs, qui commençaient toujours leurs tétracordes à ce même SI, hypate des hypates, le LA proslambanomène restant en dehors du système tétracordal. Par la manière dont les lettres ou consonnes sont écrites, on peut ainsi connaître la place des sons sur l'échelle : toutes les lettres de la gamme principale, de SI à La, sont au-dessus du signe et simplement écrites ; au-dessous de cette gamme le signe et la lettre changent de position, celle-ci occupant la partie infé-

re; pour les sons supérieurs, à partir de l'octave ou du Si moyen, la ■e est affectée d'un accent. C'est ainsi que nos musiciens du moyen représentaient également les deux octaves de l'échelle musicale, par t séries de lettres : A B C D E F G, majuscules, pour l'octave rieure ; a, b, c, d, e, f, g, minuscules, pour l'octave supérieure, et aie a pour la nète des supérieures. Mais leur notation partait du LA lambanomène, tonique du ton le plus grave, l'hypodorien, et non pas, me celle des Grecs, du SI hypatê hypatôn.

I" Les signes qui correspondent aux sept notes de la gamme sont les ants : <*-*, <JY *J, ">*, V\, (ft,, q. Les deux derniers reproduisent le nd et le troisième, en les marquant de deux points distinclifs. En ité, il n'y a donc que cinq signes <***, A, 1, *>*, VV qui sont répétés ; toute l'échelle, mais d'une manière remarquable. Le premier signe ne sert que pour le Z<u grave (S/, liypate des hypates) ; partout ailleurs t remplacé par le signe X ; de sorte que les cinq signes se réduisent latre, dont chacun a sa place et une signification particulière dans trois espèces de tétracordes. Considérons-les dans le tétracorde de >èce: DO-RE-MI-FA.

-.e premier signe, JY représente toujours un son qui, dans l'échelle

icale, a au-dessus de lui deux intervalles de ton : DO- RE '- MI — SOL-

SI. Le deuxième signe q indique que le son auquel il appartient est

édé et suivi tout à la Foisd'un intervalle de ton : DO-RE-MI — Sol

H Le troisième, V a régulièrement deux tons en descendant et un

i-ton en montant: DO -RE- Ml -FA — Sol- La- Si- Do. Le quatrième

1, V\, aie demi-ton au-dessous de lui et un ton au dessus : MI-F A-SOL

li-Do-Re.

s quatre signes doivent conserver la même valeur, quelle que soit

èce de tétracorde où ils sont employés.

ipèco. i «ft ^ "*> V\ 2> Espèce, j * "ï* VlrfS 3. Espèce. \ > V\A 1 pe | DO-RE-M-FA P i RE-MI-FASol P 1 MI-FA-Sot-La?)

>'où il suit, observons-le en passant, que la valeur attribuée par les Grecs modernes itervallcs de leur «khi'He musicale est fausse, puisqu'il en résulte que la troisième e de tétracorde devrait contenir 3/68 de plus que les deux autres, un quart de Ion.

CH. VIIÏ. — NOTATION MUSICALE

La gamme parfaite, harmonique dans toutes ses parties, est composée de deux tétracordes semblables, c'est-à-dire où les intervalles se suivent dans le même ordre et avec une valeur identique. C'est pourquoi, dans les gammes des trois modes parfaits, selon le système grec des tripodies, les deux tétracordes sont représentés par les mêmes signes, chacun d'eux devant être suivi du ton disjonctif, au-dessus et au-dessous de l'octave :

Ier mode parfait :

'DO-RE-MI-FA — Sol -La -Si -Do

■k 6 TA x Z' v' n

IIe mode parfait : j ^ J* **" 9 % 11 A

IRE-MI -FA-Sol — La-Si-Do-Re

IIIe mode parfait :

M/ - i<Vl - Sol- La — Si- Do- Re- Mi

Le diagramme ordinaire des Grecs, que nous avons reproduit ci-dessus (p. 411), ne représente que l'échelle complète (deux octaves) du premier mode parfait ou de D0% notre mode majeur. Dans cette échelle les notes de même valeur sont toujours représentées par les mêmes signes. Ainsi, au-dessus de l'octave, Re-Mi-Fa (Ila-Bou-ra) portent les signes qui leur conviennent par rapport à la tonique, Z)0, savoir q. V «V\; puis revient

«ft s % vi c^, q J\

lé tétracorde modal Sol- La- Si-Do. De même, au grave, SI-LA- Sol, le signe **-* remplaçant ici le 7«, pour indiquer l'hypatedes hypates, premier son de la gamme fondamentale, mais placé en dehors des tétracordes modaux.

DO- FA et RE -Sol valent, en effet, 12 + 9 + 1— 28/68, tandis que MI- LA égale? + 12 -f 12 = 31/68. Or la quarte formée par les sons extrêmes du tétracorde, de quelque espèce qu'il soit, doit être un intervalle consonant; ce qui ne peut être, si on augmente sa valeur ou si on la diminue. Ainsi, ou bien c'est la valeur 28/68, DO- FA et RE-Sol, qui est fausse, ou bien c'est la valeur de 31/68, MI-LA, qui est trop forte et, par conséquent, fausse; à moins, ce qui est plus vrai encore, que l'une et l'autre de ces deux valeurs différentes attribuées à la quarte ne soient également fausses, la première étant trop faible, et la deuxième trop forte (Voir p. 351).

3° Il suit de là : a) que la gamme des Grecs procédait originairement. par tétracordes semblables : deux tétracordes de même espèce, séparés par le ton disjonctif, la constituaient tout entière. Les trois autres systèmes, le tricorde, le pentacorde et l'octacorde, ou sont des inventions postérieures, ou ne servirent point d'abord à former des gammes, mais désignaient seulement des consonances; b) que les signes représentatifs des sons et des degrés de la gamme n'ont été imaginés que selon le système tétracordal, parce que le tétracorde est, en effet, l'élément constitutif de la gamme musicale et qu'il suffit à la représenter tout entière ; c) que chacun de ces signes indiquait nettement la puissance du son (Buv4|mv «pWffou. Arist. Quint.) qu'il représentait, à quelque'diapason ou tétracorde qu'il appartint. Ainsi de q ou montait toujours par un premier intervalle de ton et un deuxième intervalle de demi-ton, et l'on descendait par un

intervalle de ton : DO-RE-MI-FA Soi La-Si-Do ; de vwon descendait un

demi-ton, puis un ton, et l'on montait un ton : RE -MI-F A-SOL, La-Si-

Do-Re ; etc. .. ; d) ies lettres A, «, 6, r, ajoutées aux signes, servent bien à

préciser dans quel diapason et sur quel degré de l'échelle totale se trouve le son représenté par le signe, mais elles ne disent rien quant à la valeur de ce son dans la gamme et quant a ses relations avec les sons environnants. Les mêmes lettres prennent une valeur ou puissance toute différente, suivant qu'elles accompagnent tel ou tel signe tétracordal. Supposons, par exemple, la série des sons et des lettres :

RE - MI - FA - SOL - La -Si- Do-Re

Tant qu'aucun signe n'accompagne les lettres, cette série n'a aucune forme déterminée, parce que rien ne précise encore la valeur des sept intervalles compris entre les deux points extrêmes, RE et son octave Re. Mais, au moyen des signes létracordaux, ces valeurs sont précisées, et l'échelle prend alors un grand nombre de formes, toutes du genre diatonique. Exemples:

CH. VIII. — NOTATION MUSICALE

Page 1