‹ Études de science musicaleChapitre 179 sur 220 · CH. VII. — LE RYTHME MUSICAL · texte numérisé non relu

CH. VII. — LE RYTHME MUSICAL

de deux temps, notre mesure à p> etc. 1... Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs,

ajoute le Lampadaire, que chaque mesure soit réellement frappée de la main, elle peut n'être battue que mentalement, et tout chanteur a le droit de presser parfois ou de ralentir le mouvement, selon que les convenances et le goût le réclament.

4 On conçoit néanmoins qu'il ne soit pas toujours facile, ni même possible de transcrire dans un rythme composé' une mélodie conçue et écrite primitivement dans un rythme simple. Il faudrait pour cela que toutes les phrases musicales et les membres de phrase, les rythmes, eussent un même nombre de pieds ou des nombres multiples les uns des autres, deux, quatre, huit, etc., pour le rythme égal, trois, six, neuf, etc., pour le rythme double. Cette condition se trouve réalisée bien souvent dans le rythme métrique, où le nombre des pieds de chaque stique est déterminé invariablement d'après certaines proportions artistiques. Ainsi, chez les Grecs et les Latins, les formules rythmiques de la poésie peuvent S'écrire en distinguant chaque pied ou en les unissant, pour former des mesures composées; les vers iambiques et trochaïques se scandaient par dipodies (mesure composée de deux pieds simples), les dactyliques tantôt réunissaient deux pieds dans une même mesure rythmique et tantôt frappaient autant de mesures ou d'ictus qu'il y avait de pieds dans le vers. Le rythme libre n'offre pas ordinairement cette régularité ; les rythmes ou membres de phrase n'y ont pas tous le même nombre de pieds, les uns sont plus longs, d'autres plus courts, ils suivent la pensée du compositeur. Et c'est ce que Guy d'Arezzo fait justement remarquer dans un passage de son Micrologue (ch. xv), déjà cité ailleurs (Cf. du Rythme dans Vhymnographie latine, l1*0 part., ch. n, p. 51). — Rien d'étonnant, dès lors, que, pour traduire ces rythmes dans des mesures composées, tandis qu'ils ont été conçus dans une mesure simple et élémentaire, on éprouve quelque difficulté et qu'ils paraissent « irréguliers, quoique naturels >> (Mélodies populaires de Grèce et d'Orient, par L.-A. Bourgault- Ducoudray, préface, p. 8). — Prenons, par exemple, dans le Recueil de l'estimable auteur, le n° 14, l'un des plus « irréguliers » en apparence, au point de vue du rythme, et restituons-lui ses mesures simples :

Vif

|f J', ti — IV-fH — J — | , . . » | .. »| . ,| J .| |— H — 4— |-T*I — PPtT ^-=1

ffidËa-a^ULl J | r IT * 1 f-4Uf-^r^^^^^4-iJ-J-^-t-=f==j

Etl.e

la na

ra k'ê psu - chê pa - ré

go - na.

Cette mélodie, parfaitement rythmée et très régulière avec ses ypdvoi primitifs, renferme quatre membres ou stiques rythmiques d'inégale étendue, le lor de 7 pieds, le 2e de 5, le 3e

de 8, et le 4° de 7. Evidemment, pour la traduire en mesures composées, (h ou-? on trouvera

des impossibilités, et il faudra changer souvent de rythme, tantôt le rythme égal et tantôt le rytl\jne double, car 7 = 4 + 3, 5 = 2 -f 3 et 8 = 4 + 4. Or il en est ainsi dans tous les chants de la liturgie grecque, et dans ceux de la liturgie romaine : leur rythme est toujours élémentaire ou à mesures simples.

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