MI-RE-DO-SI—LA-SOL-FA-MI
Chose curieuse cependant : sans qu'ils s'en doutent, leur manière de composer l'échelle totale du premier mode prouve l'erreur où ils sont tombés. La notation de gauche, en effet, n'est pas seule à rappeler les traditions antiques ; celle de droite, que l'auteur nomme « échelle diatonique pentacordale, selon la nouvelle manière », témoigne également en faveur du même fait. Si la vraie gamme du premier mode était celle de RE, elle devrait procéder par tétracordes semblables, avec ton disjonctif au milieu, en montant comme en descendant. Or les Grecs prétendent que l'échelle de ce mode procède, en montant, par pentacordes conjoints et, en descendant, par tétracordes disjoints. C'est une "anomalie, qui aurait pour résultat ou de tronquer la gamme, en lui retranchant les trois degrés supérieurs et la
leur. Il y a cinq autres phthores, une chromatique et quatre enharmoi niques, dont l'effet est seulement de modifier un certain nombre d'inter-
8- réduisant à un simple pentacorde; ou de la rendre superflue, en la composant de neuf
r degrés, au lieu de huit, par l'adjonction d'un second pentacorde conjoint au premier :
RE -MI- FA - SOL — LA -SI -DO- RE - MI
v D'ailleurs un pentacorde, quel qu'il soit, peut-il être autre chose qu'un tétracorde, plus le
ton disjonctif, qui est dominante par rapport au premier son et en fait une vraie tonique ? »
ton* s'-domi. domi. ton*
Il RE — SOL - LA — RE
Deux pentacordes conjoints l'un à l'autre sont deux tonalités différentes qui se suivent et s'unissent par une note commune, la quinte, dominante du premier système pentacordal, devenant tonique du second système :
f. RE-MI-FÀ-SOL—La-Si-Do-Re—Mi
tonique «■-domin. domin.
tonique «•-domin. domin.
Aucune gamme modale ne peut être composée de ces éléments disparates, dont la tonalité R demeurerait indécise ; mais elle renferme naturellement ou deux létracordes et un ton dis-
F jonctif, ou un pentacorde et un tétracorde conjoints, sans disjonction.
U La raison donc, pour laquelle les Grecs modernes ont pensé que l'échelle du premier
| mode procède en montant par pentacordes et par tétracordes en descendant, c'est qu'ils ne
Je pouvaient autrement accorder leur manière nouvelle de la composer avec celle des anciens.
Qu'on essaye, en effet, de faire coïncider ensemble, son pour son, deux tétracordes, l'un montant de deuxième espèce, l'autre descendant de troisième espèce :