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Quelques remarques sont nécessaires relativement à ce tableau des modes anciens :
1" La position de chaque mode sur l'échelle des voix est plutôt
CH. IV. — LES CINQ MODES EN GÉNÉRAL
pratique. II n'y avait pas, au moyen âge, de diapaso nous le possédons aujourd'hui ; la hauteur des soi ar suite, l'échelle tout entière elle-même, était varia surs, qui tantôt chantaient un mode plus haut et tant nant toujours les mêmes notes. C'était l'équivalent < i tonales, mais avec cette difficulté de moins po ls n'avaient pas besoin de charger leur gamme de dii : qu'ils chantaient toujours dans la gamme nalur îur que ce fût. Ainsi, dans la pratique, les voix ne ri jusqu'au SOL et ne montaient pas davantage jnsqu' des les plus graves étaient élevés, les plus aigus être mieux à la portée des voix. Il ne s'ensuivait, d'ai ment dans les modes, qui restaient toujours compof ardes.
, les modes se distinguent les uns des autres par l'es| îi les constituent. Le tétracorde étant formé de quatre i ;rois espèces différentes, caractérisées chacune par la is et du demi-ton '.
)ce * ■ 2- Espèce 3° Espèce
:r mode, DO, est donc composé de deux tétracorde èce, celle qui renferme d'abord deux tons conséculi diatonique; le troisième mode, RE, est formé de deu
iens grecs énumèrent les trois espèces de tétracorde dans l'ordre ï : MI -fa -sol -LA. Deuxième espèce: SOL-la-si-UO. Troisième
1/3 'h» t/îioii
iu fond, il importe peu dans quel ordre on range les espèces; poui
ependant de suivre l'ordre de noire gamme naturelle majeure, qui des quinLes. DO et SOL forment, en effet, deux lélracordes de In i deux lélracordes de la deuxième espèce ; MI el SI, deux lélracoi
146 IIe ÉTUDE I MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE
cordes de la deuxième espèce, où le demi-ton sépare les deux tons ; le cinquième, il//, se compose de deux tétracordes de la troisième espèce, le demi-ton venant le premier, puis les deux tons consécutifs. Quant aux deux autres modes, le deuxième et le quatrième, leurs tétracordes ne sont pas homogènes : le deuxième mode, SOL, contient un tétracorde de la première espèce SOL la-siDO, et un de la deuxième espèce RE -mi- fa SOL; le quatrième, LA, en a un de la deuxième espèce LA si- do RE, et un de la troisième espèce Ml fa -sol LA.
Il y a donc des modes simples, uniformes, et des modes composés, multiformes. Les premiers sont naturellement le type le plus parfait des modes musicaux, ceux qui offrent le caractère le plus net, le plus tranché; les autres sont formés de ceux-là et leur empruntent une partie de ce qui leur est propre. En bien des cas ils se confondent presque avec eux, au point qu'il devient difficile de reconnaître exactement à quel mode appartient la mélodie. Cela est vrai surtout du troisième et du quatrième modes, qui commencent tous les deux par un tétracorde de la deuxième espèce. Certains chants du quatrième mode ne dépassent pas les limites de la quinte au-dessus de leur finale et ne descendent non plus que d'un ton au dessous; or, dans ces limites, le troisième et le quatrième modes ont une forme absolument identique. Ces chants peuvent donc s'écrire aussi bien dans un mode que dans l'autre. Prenons comme exemple l'hymne grégorienne UT queant Iaxis, qui a servi à Guy d'Arezzo pour inventer la solmisation moderne Notée de la manière ordinaire, cette hymne est du troisième mode plagal (le deuxième ton duplainchant), sa finale étant RE, et sa dominante LA; mais, en réalité, elle est du IVe mode authentique. Voici les deux notations : on verra qu'elles peuvent très bien être prises l'une pour l'autre.
Hymne UT queant Iaxis
HS^
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f—m-Jt*
Ut que-ant la - xis re-so-na-re fl - bris Mi - rages -to-rum fa-mu -H tu-
mm
o - ru m, Sol - ve pol - lu - ti la-bi-i re - a - tum, Sanc - te Jo - an -nés.
LES CINQ MODES EN GÉNÉRAL
La même autrement notée
i. Sol - vu pol - -lu - ti 1p - bi
Je dirai bientôt à quoi l'on peut reconnaître le vrai mode de ces sortes de chants ; je n'ai voulu que signaler ici une particularité des modes composés, qui explique comment on a pu les confondre avec l'un ou l'autre des modes dans la musique grégorienne.
3° Dans le tableau de la page 144 on observera que, sauf deux, celle de DO et celle de SI, toutes les autres gammes sont répétées deux fois, comme échelle plagale dans un mode et comme échelle authentique dans le mode suivant. Ainsi la gamme de SOL est plagale du premier mode et authentique du deuxième mode ; la gamme de RE, plagale dans le deuxième mode, est authentique dans le troisième, et ainsi des autres.
Il y a pourtant une différence essentielle entre ces gammes d'apparence semblable : leur division harmonique est tout autre. Les échelles plagales présentent deux télracordes conjoints, et la disjonction occupe le sommet de l'échelle ; les échelles authentiques, au contraire, ont leurs deux télracordes séparés par le ton disjonctif. Il en résulte que, dans les premières, la quinte ou dominante du mode occupe les deux extrémités de l'échelle, la finale étant au milieu, c'est-à-dire servant de trait d'union aux deux tétracordes conjoints; tandis que, dans les secondes, c'est la tonique ou finale, qui occupe le premier et le huitième degrés de l'échelle, et la dominante se trouve être la première note du second télracorde. Les mélodies plagales se terminent, non sur le premier degré de leur gamme, mais sur le quatrième; les mélodies authentiques finissent toujours sur h tonique, premier degré de leur échelle.
Quelques exemples feront bien sentir celte différence dans les gammes semblables :
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