‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 65 sur 70 · LAN0SS · texte numérisé non relu

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quelque difficulté qu'il y ait ; ils sont intrépides» habiles et profitent de tout. Tant que je régnerai» il n'y a rien à craindre d'eux pour la Chine; je les traite hien» ils m'aiment rt m'estiment» et cherchent à me faire plaisir. Les rois de Fot^ lan et de Porotoukal ( France et Portugal ) ont soin de m'en- Yoyer de bons sujets habiles dans les sciences et les arts» qui servent bien notre dynastie. Mais si notre gouvernement de* vient faible ; si on manque d'attention sur les Chinois des pro« vinces du midi et sur le grand nombre de barques qui^n partent pour Luçon » Calapa (Batavia), Japon et autres pays ; si la division se met parmi nos Mantcheoux et les princes de ma famille; si les Tartares Êleuthes» nos ennemis» viennent à bout d'attirer à eux les Tartares de Sy-hay (pays de Kokonor) et les Calca et Mongou » nos tributaires » que deviendra notre empire ? Les Orosse au nord , les Fou-lan-ki de Luçon à l'orient» les Hong-mao au sud» feront de la Chine ce qu'ils voudront. Vous, princes de ma famille , grands , mandarins, faites réflexion sur ce que je dis, et dans des placets marquezmoi en détail ce que vous pensez ; faisons attention à ce qui peut arriver dans la suite.

Ces réflexions de Kang-hi ont été, au moins en substance, mises dans l'histoire de la vie de ce grand prince; mais cette vie» dont on sait beaucoup d'événements en Europe, de longtemps encore ne sera pas publiée » non plus que celle de son fils et successeur l'empereur Yong-tching , père de l'empereur régnant. Ces deux derniers princes ont posé pour un de leurs points de gouvernement , celui de ne jamais permettre qu*il y ait des missionnaires dans les provinces, et qu'à la cour de Pe/cmgf ils fassent trop de chrétiens, surtout parmi les Tartares Mantcheoux , et les Cliiuois et

les Tartares Mongou ou Mogols , qui sont enrôlés en trèsgrand nombre sous les bannières des Tartares Manlcheoux. Il ne faut pas douter que les réflexions de Kang-hi, jointes aux accusations publiques et secrètes des grands (Mandarins) Mantcheouœ, Mongou, et Chinois, n'aient été le vrai principe de la conduite des empereurs Yong-tching et Kien-long à l'égard des missionnaires, soit dans les provinces, soit dans Péking; on a conçu des soupçons sur les Européens, et on craint qu'à la faveur des chrétiens ils n'excitent des troubles dans l'empire. Cela se vil clairement après la mort de Kanghi, lorsque l'empereur Yong-tching proscrivit la religion chrétienne, bannit les missionnaires des provinces et dit les motifs qui l'engageaient à laisser à Pékhig quelques Européens. Les deux pères carmes envoyés par la sacrée congrégation et l'ambassadeur de Portugal, qui parlèrent au nom du saint père le pape et du roi de Portugal, en faveur des missionnaires, qu'ils avaient souhaités voir rétablir dans les provinces, virent par eux-mêmes la détermination de la cour sur cet article. Yong-tching, soit que cela fût de son invention, soit que la chose fut réelle, dit dans un discours public : Les Grosse me font demande)^ d^ avoir des établissements dans les provinces. Je vis bien avec eux, il ne conviendrait nullement de les refuser en V accordant aux Européens; cela ne se peut. Cette permission donnée aux Européens a fait tort à mon pire; mes successeurs feront ce qu'ils jugeront à propos, je ne le ferai jamais. Il dit dans une autre occasion : Je respecte le pape, mais quand il viendrait lui-même me prier de laisser des missionnaires dans les provinces, je le lui refuserais. Il est inutile de répéter ce que fît ensuite Yong-tching et ce qu'a fait l'empereur régnant contre les

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