‹ Études de théologie de philosophie et d'histoireChapitre 66 sur 70 · I£UN6£S · texte numérisé non relu

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missionnaires de la province de Fo-kien et du Kiang-nan. Quelque variation qu'il puisse y avoir dans les diverses rektions qu'on en aura publiées en Europe» il est certain que le vrai principe de cette conduite de Tenipereur est dans les soupçons de la cour sur ces Européens comme étrangers, et qui peuvent, dans l'idée des Tartares et des Chinois, causer des troubles. Il est certain aussi que l'imprudence de quelques missionnaires» en parlant à des princes et grands de la cour sur l'Europe » et en parlant aussi de quelques chrétiens dont ils étaient flattés » a donné lieu à bien des occasions de fomenter» faire naitre et renouveler de pareils soupçons. Ces soupçons étaient» dès le temps de Kang-hi, dans l'esprit de plusieurs princes» même de ses propres iils ; mais cet habile prince dissimulait : il ne voulut pas que les missionnaires allassent en Corée; il parut mécontent quand il sut que plusieurs princes de sa famille se disposaient à se faire chrétiens» et il remarqua très - bien l'indécence et l'imprudence de quelques missionnaires qu'il sut avoir parlé à plusieurs princes ses fils sur la puissance du pape, d'une manière certainement contraire aux intentions de Sa Sainteté» surtout dans une cour idolâtre et remplie d'esprits soupçonneux sur les démarches des étrangers.

Quelques anciens missionnaires doutaient si, vers la Tartarie orientale, il n'y avait pas quelques chrétiens qui auraient pu peut-être s'y réfugier du Japon. On a fait des recherches inutiles et on n'a trouvé nul vestige de chrétiens venus du Japon. Les chrétiens qui y sont , y sont venus de Chine, ou ont été instruits et baptises par les missionnaires qui y ont été de Chine.

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L'empereur Yong-tching , père de Temperéur régnant •, envoya comme ambassadeur aux iles de Lteovr-kieou un sei<^ gneur tartare nommé Fou, grand mandarin à Péking. Ce seigneur était bien instruit de la religion chrétienne, et sur^tout des progrès qu'elle avait faits autrefois au Japon et de la persécution qui avait donne tant de martyrs. Il savait que le pays de Sa-hu-ma dans le Japon était celui où aborda saint Xavier, pour qui il avait une vénération particulière. Quand il fut à la grande île de Lieou-kieoti, il crut qu'il y pourrait trouver des vestiges de la religion chrétienne, et dans cette vue il parla à plusieurs insulaires, surtout des iles voisines de Sa-hu-ma. Il ne trouva rien de ce qu'il souhaitait. Il parla à plusieurs bonzes qui avaient été au Japon, et surtout à un ancien qui était de Poto dans le Japon (Facata). Ce bonze connaissait les caractères chinois , avait beaucoup lu et par^ lait passablement le chinois , qu'il avait appris des Chinois de Lieou'kieou. Le seigneur tartare lui demanda s'il avait vu des Européens au Japon. Le bonze lui dit que non, mais qu'il savait qu'il y en avait à Tchang-ki (Nangazaki), et qu'on les appelait Horan (Hollandais) au Japon. Le bonze ajouta que ces Horan étaient bien différents des Européens dont les livres parlent, surtout des anciens bonzes d'Europe qui venaient au Japon. Leur loi , dit le bonze, y fut préchée par un saint bonze qui faisait des prodiges, et qui eut un nombre infini de disciples. On a, dit'-il, fait mourir injustement beaucoup de ces bonzes et de Japonais qui avaient embrassé leur loi* Plusieurs savants parlent avantageusement de cette loi^ Dans nos monastères de Chang-iching (Meaco) et autres, nous avons en chinois, japonais et européen beaucoup de livres faits par les bonzes européens. On II. 32

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m'a assuré qu'à Gara (Chine), il y a de ces iM)Dzes euro^ péens, et des peuples qui suivent leur loi : qu'en est-il? Lé seigneur tartare lui dit que oui , qu'ils avaient des Églises à Péking, qu'ils étaient habiles , et qu'il en avait reçu bien des livres de religion. Il fit présent de quelques-uns au bonze qui l'en remercia , et lui dit qu'il écrirait au Japon pour avoir plusieurs des livres qui y étaient. Le seigneur tartare, de retour à Péking, parlait avec plaisir des îles voisines de Sa-hu-ma, et s'étant bien instruit, il se disposa à recevoir le saint baptême. Le P. Parrenin le baptisa , et il mourut peu de temps après son baptême. Il était fort habile et pensait à offrir à l'empereur Yong-tching une apologie en faveur de la religion chrétienne.

A Péking » on a eu soin de donner des livres de religion aux gens de Corée et de Lieou-kieou qui viennent à Péking à la suite des envoyés de leurs rois. Les chrétiens des provinces méridionales ont tenté d'en faire passer au Japon sur des vaisseaux chinois.

LE FELB-MAREQHAL COMTE BORIS GHEREMëTEF A ROME

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