PULMONAIRE DE CO2 CHEZ LE LAPIN
Sous l'influence d'un bain chaud, l'acide carbonique gmente encore lorsque l'animal est vigoureux ; voici un
lapin qui, avant le bain, exhale 0 gr. 79 CO2 en 13'45" ou 0 gr. 30 en 5'2Û", après le bain, il rejette 0 gr. 39 en 5'20".
Mais si le lapin est affaibli, on constate que l'acide carbonique exhalé ne subit pas de modification, ou si l'air expiré a été recueilli près de l'agonie, la quantité de CUj est plus faible qu'avant le bain.
Expérience du 23 janvier faite sur un lapin. — Influence d'un bain excessivement chaud sur l'exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température rectale est de 39°,2 ; 15 litres d'air circulent en 13'45", il exhale 0 gr. 79 CO2.
On plonge l'animal dans un bain d'eau à 65°, il fait circuler 8 litres 3/4 d'air en 5'20" et il exhale 0 gr. 37 CO2; proportionnellement à la normale, il devrait en exhaler 0 gr. 30. Ce lapin respire à travers les soupapes de Muller lorsque déjà il était à la phase agonique, il succombe quelques minutes après avoir respiré, ayant une température rectale de 43°, 5 au moment de la mort.
L'expérience démontre encore ici que le bain très chaud augmente l'exhalation pulmonaire de CO2 chez le lapin.
Expérience du 5 février faite sur un lapin. — Influence du bain chaud sur l'exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température rectale est de 38°,9, la respiration de 50 par minute; il exhale 0 gr. 69 C02en 10' pendant lesquelles 15 litres d'air circulent à travers ses poumons.
On le plonge dans un bain qui varie de 48° à 46°, tandis que la température monte de 38\9 à 41°,6, la respiration s'élève à 80; en 10'1'animal fait circuler 25 litres d'air a
travers ses poumons, et l'exhalation pulmonaire de CO2 est du 0 gr. 84.
Quelques minutes après, la température du bain est à 45°, 5; la température rectale s'élève de 41°,6à42°, la respiration est à 106 et l'exhalation pulmonaire de CO" est à
Le 6 février la température rectale était à 38°, 9.
Concluons donc que, chez le lapin, l'exhalation pulmonaire de CO2 peut n'être pas influencée par un bain chaud, alors même que la température rectale s'élève dans de fortes proportions, par exemple de 38°, 9 à 42°.
Expérience du 27 janvier faite sur un lapin. — Influence du bain 1res chaud sur l'exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température est à 39°, 8 et la respiration à 68 par minute; l'animal respire pendant 16', et exhale 0 gr. 71 CO2.
On plonge la moitié de l'animal dans un bain dont la température varie de 46°,5 à 43°,5; il y respire pendant 4 6'; à la fin la température rectale est de 40°, 7 ; il exhale 0 gr. 71 CO2.
Cette expérience démontre qu'un bain chaud peut chez un lapin élever la température centrale de 1°,4, sans modifier l'exhalation pulmonaire de CO2.
Expérience du "29 janvier faite sur un lapin. — Influence du bain très chaud sur l'exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température rectale est de 39°, 8, la respiration est à 6i- ; l'animal exhale en!5'18" 0 gr. 96 CO2. <>n lu place pendant 5' dans un bain à 50°, la tempéra-
ture rectale est à 42°,3. Le lapin respire dans le bain et en 7' il exhale 0 gr. 19 ; or, proportionnellement, il devrait rejeter 0 gr. 44 CO3; l'animal succombe pendant l'expérience à la septième minute.
Nous trouvons ici une diminution de CO2 exhalé, mais il faut remarquer que l'expérience n'a pas été interrompue pendant la respiration difficile, irrégulière, incomplète, inefficace de l'agonie.
i, — Action bienfaisante d'un bain très chaud sub un animal
MOURANT D'HYPOTHERMIE
11 est une expérience facile à répéter, même dans un cours: elle consiste à plonger un animal dans un bain très froid, à l'y laisser jusqu'au début del'anesthésie cornéenne avec arrêts respiratoires, et même jusqu'au moment où il devient flasque, inerte, présentant l'aspect d'un cadavre. Si, alors, on plonge le chien dans un bain à 50°, bientôt la respiration reprend et une demi-heure après l'animal marche comme à l'état normal, tout est terminé.
Cette action peut donc être utilisée chez les nouveaunés placés dans des conditions spéciales, chez les alcooliques refroidis, et dans une foule de circonstances où il existe de l'hypothermie.
Expérience du 27 février faite sur un chien de 9 k. — Influence salutaire du réchauffement sur un chien mourant de froid.
À 11 11 10', on plonge la moitié du corps de l'animal dans un bain à 6°:
À 11 h. 30', température rectale du chien, 34°. À 11 h. 40', température rectale, 31°.
A midi, température rectale, 27°.
À 12 h. 15', température rectale, 24°.
A 12 h. 15',auesthésie coruéenne, arrêt respiratoire prolongé; l'animal est llasque, inerte, offrant l'aspect d'un cadavre.
A ce moment on plonge le chien dans un bain à 51°; après une minute d'attente on voit réapparaître des respirations d'abord très faibles. A 12 h. 18', on le sort du bain pendant quelques minutes, immédiatement la respiration s'arrête.
De nouveau on plonge l'animal dans le bain chaud, on fait pendant quelques instants la respiration artificielle et après 5' les mouvements respiratoires commencent à se montrer. A 12 h. 30', le bain est à 48°, la température rectale est montée à 28°; à 12 h. 37', la température rectale est à 30°. A 12 h. 45', la respiration devient anhélante et rapide, la température est à 35°,5. A 12 h. 55' la température est à 37°; on le sort du bain, l'animal court à son chenil avec la même agilité qu'à l'état normal.
TAIBE, MESUBÉE A l'aIDE DE L 'ANALYSE SIMULTANEE DES GAZ DU SANG ABTEBIEL, VEINEUX, PEBIPHEBIQUE ET DU CŒUR DBOIT.
Absorption d'oxygène et formation, d'acide carbonique dam les tissus. — La méthode suivie pour résoudre ce problème est fort simple, nous l'avons indiquée à la Société de biologie il y a plusieurs années; elle consisle à faire avant et après le bain Y analyse simultanée des gaz du
sang artériel, du sang veineux périphérique el du sang du ventricule droit. Pour analyser les gaz, il est indispensable de prendre de petites quantités de liquide sanguin, par exemple: 10 ce. ; il faut également ne pas se servir du même animal plusieurs jours do suite; car on est obligéde produire des trauniatismes multiples, qui modifient la constitution du sang. On se sert d'un chien assez gros, docile, ne s'agitant pas sur la gouttière, bien muselé, afin de pouvoir extraire facilement le sang périphérique. Dans ce cas, la première ligature de la veine doit être faite au moment même de l'extraction.
La seconde fois, on prend le sang dans la veine du côté opposé, les vaisseaux d'élection chez le chien sont les veines jugulaires externes et les veines crurales.
Par une des jugulaires on introduit une sonde en plomb dans le ventricule droit et on aspire facilement le sang de cet organe.
Le sang artériel est pris dans l'artère carotide; toutes ces prises doivent être faites dans le même temps et avec une extrême rapidité. Il est préférable de recueillir tout le sang qui sort de l'artère et de la veine au même moment pendant le même temps et d'en extraire le gaz.
Les seringues doivent être exactement calibrées et cylindrées, en verre assez fort, extrémités reposant sur du cuir; ces instruments doivent être d'un volume moyen de 25 ce. environ de capacité. Il faut chaque fois sécher le cuir du piston et le graisser avec de i'axonge, par exemple. 11 faut aussi deux aides habitués aux manipulations rapides de la pompe à mercure.
On dispose alors trois pompes, P,P',P", de telle manière que l'on puisse manœuvrer commodément. Afin d'avoir la
même température dans chaque ballon B, B', B", on dispose un bain d'eau chaude É au-dessus du fourneau à gaz F que l'on maintient à une température constante, grâce à
Fig. 3.
un régulateur à air. le tout est maintenu sur un support S; de cette manière le dosage des gaz du sang est toujours fait dans les mêmes conditions thermométriques.
La chaleur la plus favorable pour l'extraction des gaz est 55° environ; c'est dans ces circonstances que nous obtenons des nombres semblables. Inutile d'ajouter que ^'extraction doit être rapide. Le sang est introduit en plaçant l'extrémité de la seringue dans le caoutchouc du
réservoir de la pompe et en faisant un léger balayage du tube horizontal avec le mercure; avec, un peu d'habitude tout le sang passe dans le ballon à long tube, qu'il est utile de vider et de nettoyer à la potasse après chaque extraction.
Action des bains très froids. — Ces bains augmentent l'activité des combustions interstitielles. Toutes nos recherches faites sur les phénomènes chimiques de la respiration, sur l'analyse simultanée des gaz du sang, sur la calorimétrie, démontrent le même fait ; ici la comparaison des gaz du sang est d'une extrême importance, puisqu'elle nous fournit des preuves directes.
Plusieurs résultats contenus dans l'excellent Mémoire de MM. Mathieu et Urbain sur les gaz du sang ne sont pas toujours conformes aux nôtres, mais leurs animaux ont été refroidis à plusieurs reprises, en leur faisant des traumatismes répétés ; de là, des perturbations dans l'organisme tout entier.
Voyons maintenant les chiffres résultant d'expériences multipliées: On donne à un chien un bain à 5°; préalablement on a fait en même temps l'analyse des gaz du sang du ventricule droit ou de la carotide interne, on a trouvé que 100 ce. de liquide sanguin perdent 10 ce 5 d'oxygène en traversant les capillaires dans un temps donné.
On laisse l'animal dans le bain pendant un quart d'heure, on exécute l'analyse simultanée et la comparaison des gaz montre que la même quantité de sang a perdu 18 ce. 4 d'oxygène en traversant les capillaires. Ce chiffre est presque le double du premier.
Dans une autre expérience on voit qu'à l'état normal, avant le bain, 10 ce. de sang perdent au niveau des tissus
ol
8 ce. 8 d'oxygène et entraînent 2 ce. 8 d'acide carbonique, l'animal reste 28' clans le bain très froid à 5°; vers la fin, 10 ce. de sang ont perdu 10 ce. 3 d'oxygène et ont gagné 13 ce. d'acide carbonique.
Concluons donc que sous l'influence du bain très froid, même partiel, la disparition de l'oxygène au niveau des tissus est plus grande qu'à l'état normal, en un mot les oxydations sont augmentées.
Voici des expériences démonstratives :
Expérience du 16 janvier faite sur un chien de G k. — Influence de (a réfrigération sur la nutrition élémentaire dont l'activité est mesurée par V analyse simultanée des gaz du sang artériel et du sang veineux.
Avant le bain, l'analyse des gaz donne les résultats suivants pour 21 ce. 8 de liquide sanguin :
Sang du ventricule droit Sang artériel
Avant le bain, la température rectale était à 37°. La durée du bain partiel à 3° est de 15'; après le bain la température est descendue à 28°.
L'animal succombe 10' après sa sortie du bain.
7 ce. 4 CO2 2 ce. 2 0 6 ce. 2 Az
5 ce. 6 CO1 4 ce. 5 0 0 ce. 2 Az
Différence pour le sang veineux
1 ce. 8 CO2 en plus.
2 ce. 3 0 en moins.
Après le bain, on prend simultanément 21 oc. 8 de sang artériel et de sang veineux, on fait l'extraction des gaz.
Sang du cœur droit Sang artériel
0 ce. 0 4 ce. 5 0
0 ce. Az 0 ce. 2 Az
Différence pour le sang veineux 2 ce. CO2 en plus.
4 ce. 0 en moins.
Ainsi, avant le bain, 100 ce. de sang renferment : Sang du ventricule droit Sang artériel
33 ce. CO2 25 ce. 6 CO2
10 ce. 0 20 ce. 6 0
0 ce. Az 0 ce. 9 Az
Différence CO2 8 ce. 3 0 10 ce. 6
Avant la réfrigération, 100 ce. de sang perdent donc à travers les tissus 10 ce. 6 0.
Après le bain, l'analyse donne les chiffres suivants pour
100 ce. de sang :
Sang du cœur droit Sang artériel
22 ce. 9 GO2 43 ce. 7 CO2
2 ce. 2 0 20 ce. 6 0
0 ce. 9 Az 0 ce. 9 Az
Différence 9 ce. 2 CO2 18 ce. 4 0
Eq résumé, avant le bain froid, 100 ce. de sang perdaient en traversant les capillaires 10 ce. 6' 0, tandis qu'après les réfrigérations ils en perdaient 18 ce. 4, c'est-à-dire bien près du double. Il faut donc admettre que, sous l'influence de ce bain partiel très froid, les oxydations diverses ont augmenté.
Ajoutons qu'il est quelquefois dangereux d'abaisser à 28° la température rectale des animaux.
Expérience du 25 janvier. — Mesure de la nutrition élémentaire par l'analyse simultanée des sangs artériel et veineux avant et après un bain très froid.
Avant le bain, l'animal avait une température rectale de 39°/5.
L'extraction des gaz de 21 ce. 8 de sang donne les résultats suivants :
Dans les tissus, il y a donc disparition de 1 ce. 55 d'oxygène, tandis que nous avons 0 ce. 9 d'acide carbonique dans le même temps et pour le même volume de
On place l'animal dans un bain à 3°,5 pendant 20'- la température rectale descend à 28°.
Sang artériel 7 ce. CO2 4 ce. 65 0
Sang veineux des membres 8 ce. 15 CO2 0 ce. 40 0
Différence
co-'
1 ce. 55 0 ce. 90
6 ce.
5 ce.
54 INFLUENCE DES BA-tNS
Après le bain, l'extraction des gaz, pour la même quantité de sang, donne les résultats suivants :
Sans artériel Sang veineux des membres
CO2 8 ce. 45 CO2
0 2 ce. 1 0
Différence 0 3 ce. 15
CO2 2 ce. 15
L'oxygène absorbé par les tissus est de 3 ce. 15 ; or l'absorption avant le bain n'était que de 1 ce. 55; les oxydations augmentent donc pendant le bain froid; l'exhalation de CO2 s'accroît également, fait très rationnel qui est en rapport avec la plus grande disparition d'oxygène.
En calculant pour 100 ce. de sang, on trouve: