AVANT LE BAIX APUKS LE BAIN
"Sang artériel. "~ ^ng veineux. Sang artériel. Sang veineux.
CO2 33 ce. 2 37 ce. 3 37 ce. 5 88 ce. / 0 21 ce. 3 14 ce. 2 24 ce. 9 ce. 6
Différence Différence CO2 4 ce. 1 CO2 M ce. 2
0 7 ce. 1 0 14 ce. 4
La nutrition élémentaire est donc exagérée pendant le bain très froid.
Expérience du 18 janvier, faite sur un chien de 7 A.- Influence du bain très froid sur la nutrition. - Dosage simultané des gaz des sangs artériel et veineux.
Dans le bout périphérique de la veine jugulaire externe
ni dans l'artère crurale, on prend 21 ce. 4 de sang; avant le bain, la température est de 39°,3.
L'analyse simultanée des gaz du sang donne les résultats suivants :
Sang de la veine jugulaire 8 ce. 55 CO2 3 ce 5 0 0 ce. 3 Az
Sang artériel 7 ce. 95 CO2 4 ce. 25 0 0 ce. 3 Az
Différence
0 ce. 6 CO2 0 ce. 75 0
En calculant pour 100 ce. on obtient :
Sang de la veine jugulaire Sang artériel
39 ce. 2 CO2 36 ce. 4 CO2
16 ce. 0 19 ce. 4 o 1 ce. 3 Az 1 cc. 3 Az
Différence
2 cc. S CO2
3 cc. 4 0
100 cc. de sang qui traversent les capillaires perdent donc 8 cc. 8 d'oxygène et gagnent seulement 2 cc. 8 CO-.
L'animal reste 28' dans le bain très froid à 5° au-dessous de zéro; après ce laps de temps, la tempéralure est descendue à 29°. A ce moment, on fait l'extraction simultanée des gaz du liquide sanguin.
oG INFLUENCE DES BAINS
Veine jugulaire Sang artériel
7 ce. 55 CO2 4 ce. 7 CO2
1 ce. 95 0 4 ce. 2 0
0 ce. 2 Az. 0 ce. 2 Az.
Différence.
2 ce. 85 CO2 2 ce. 25 0
En calculant pour 100, ou obtient les nombres suivants :
Sang de la veine jugulaire Sang artériel
34 ce. G GO2 21 ce. 5 CO2
8 ce. 9 0. 19 ce. 2 0 0 ce. 9 Az 0 ce. 9 Az
10 ce. 0
En résumé 100 ce. de sang en circulant à travers les tissus, abandonnent avant le bain 3 ce. 4 d'oxygène et entraînent 2 ce. 8 d'acide carbonique, tandis qu'après le bain ils perdent 10 ce. 3 d'oxygène et gagnent 13 ce. d'acide carbonique.
Le bain très froid, même partiel, active donc considérablement les combustions interstitielles.
A 1 h. de l'après-midi, la température rectale était à 25°, et à 7 h. du soir elle était à 23°.
L'animal est mort pendant la nuit.
11 est donc dangereux de trop abaisser pendant le. bain la température d'un animal, qui n'avait rien de pathologique avant le bain.
A la sortie du bain, la température n'était qu'à 29°. Mais peu à peu la chaleur s'est abaissée progressivement et ranimai est mort avec de l'hypothermie excessive.
MESURE DE LA NUTRITION ÉLÉMENTAIRE PAlt L'ANALYSE SIMUL- TANE, DES GAZ DU SANG ARTERIEL ET DU SANG VEINEUX AVANT ET APRÈS UN BAIN TRÈS FROID.
iojuuv. 5" 37° 28" Sec. 3 lOoe.G 9 ce. 2 18 ce. 4 Occ. 9 7 ce. 8 25janv. 3%5 39\5 28* 4 ce. 1 7cc.l 11 ce. 2 11 ce. 4 7cc.l 7 ce. 3 18jaiiv. 5- 39-3 29" 2 ce. S 3 ce. 4 13 ce. 10 ce. 2 10 ce. 2 6 ce. 9
En résumé, l'acide carbonique quittant les tissus pour entrer dans le sanrj est plus considérable après qu'avant la prise du bain.
Accroissement de l'oxygénation du sang artériel sous l'influence des bains froids. — L'expérience nous fait encore voir que le bain froid, en favorisant le renouvellement de l'air dans les poumons, a aussi pour effet de rendre l'oxygénation du sang artériel plus grande qu'à l'état normal.
Citons à l'appui les analyses suivantes qui démontrent cette proposition :
Expérience du 23 avril faite sur un chien de 11 k. — Influence du refroidissement sur les gaz des sangs des deux ventricules. — Arlérialisation du sang veineux.
Tour 100 ce. de sang
npres le bain.
COa ,0
Différence après après le bain
CD- forme 0 absorbé tn plus. en plus.
A lu h. 55', on place l'animal dans un bain à 12°, il meurt vers 4 h. 30, la température centrale étant de 23°.
Après la mort, on prend du sang dans les deux ventricules.
9 ce. du sang du cœur gauche renferment 4 ce. 25 CO2
et 1 ce. 8 d' 0.
9 ce. du sang du ventricule droit renferment 5 ce. CO2
et 1 ce. 0.
On voit d'après cette expérience que le sang du cœur droit et le sang du cœur gauche peuvent avoir au moment de la mort la même teneur en 0 ; en d'autres termes, le sang veineux s'arlérialise parce que les oxydations sont très diminuées dans l'intimité des tissus. Nous dirons, en nous servant d'une expression fort juste de M. Brown- Séquard, qu'il se produit une diminution très nette des échanges.
Expérience du 20 mars faite sur un chien du poids de 12 k. — Réfrigération dans un bain à 3°. — Dosage des gaz du sang artériel.
On prend dans l'artère crurale d'un chien 14 ce. 2 de sang, qui contiennent avant le bain 5 ce. 65 C02et 3 ce.. 5 0.
Or 100 ce. de sang renferment 39 ce. 7 CO2, 24 ce. 60 1 ce. 4 Az.
Avant le bain, température rectale 39°,2; à 11 h. on met l'animal dans le bain froid à 3°, il s'agite un peu au début, mais il finit par se calmer; on le retire du bain à 11 h. 40', la température est à 34°, 2.
On prend de nouvt^u 14 ce. 2 de sang artériel, qui donnent après l'extraction des gaz par la pompe, le récipient étant plongé dans l'eau à une température de 50", 5 ce. 5 CO2 et 3 ce. 9 0.
Or 400 ce. de sang renferment 38 ce. 73 C02,72 ce. 46 0 1 ce. 4 Az.
Différence 1 cc.05CO'2 en plus avant le bain.
Différence 2 ce. 82 0 en plus après le bain.
Concluons donc qu'en réfrigérant un chien par le bain froid, on augmente l'oxygénation du sang artériel.
Sur ce même animal, on constate que la ventilation pulmonaire est beaucoup plus active.
En effet, avant le bain froid, l'animal faisait circuler à travers ses poumons 30 litres d'air en 5', tandis qu'après le bain froid d'une demi-heure ou d'une heure, il en faisait circuler 50 litres dans le môme temps.
Comme conséquence, il en résulte des variations dans les volumes des gaz du sang.
Le 18 février, c'est-à-dire le lendemain, la température de ce chien était à 39', c'est-à-dire normale.
Expérience du 15 avril faite sur un chien nouveau de 12 k. 500. — Influence de la réfrigération sur les gaz du sang artériel.
Avant le bain froid, la température rectale est de 39°, 2. L'analyse des gaz du sang artériel donne pour 9 ce. de sang carotidien.
2 ce. 9 CO2 ou 30 ce. 8 0/0 2 ce. 15 0 ou 23 ce. 0/0
A 1 1 h. 15', on met le chien dans un bain à 11°. A 11 h., température rectale 34°,2; à 11 h. 15', température rectale 27°,5. — On fait l'analyse des gaz : 9 ce. 2 de sang carotidien donnent:
0 ce. 9 CO2
2 gr. G 0 ou 28 0/0
A midi 20' la température rectale est à 22*.
L'analyse des gaz donne pour 9 ce. 2 de sang carotidien :
1 ce. CO2
2 ce. 7 0 ou 29 ce. 0/0
A 2 h. 30', le chien possède certains attributs de l'animal à sang froid, il respire très lentement, la température rectale est à 17° les yeux sont excavés et le sang est rouge dans le ventricule gauche, mais il est encore noir dans le ventricule droit.
Cette expérience démontre que sous l'influence d'une réfrigération lente, le sang artériel devient plus riche ai oxygène, et cet excès d'oxygène subsiste encore après la mort.
L'action du froid humide peut même aller plus loin et diminuer tellement les échanges que les sangs des deux ventricules possèdent la même teneur en oxygène.
Citons l'expérience suivante qui démontre le fait :
Expérience du 7 mai faite sur un chien. — Influence de la 7 éfrigération sur les yaz du sang. — Mort avec ralentissement de la nutrition élémentaire.
A 8 h. 20', on place l'animal dans un bain à 14°, 5. A 10 h. 45', la température rectale est à 35° ; à midi, elle est à 34°; à 3 h. 15', température rectale 26°; à 5 h. 10', l'hyperexcitabilité neuro-musculaire est très évidente et persiste jusqu'au moment de la mort, qui se produit lorsque la chaleur est à 20°.
L'analyse des gaz du sang du ventricule gauche donne les résultats suivants :
9 ce. 2 de sang renferment: 3 ce. CO2 ou 32 ce. GO/0 et 2 ce. 3 0 ou 25 ce. 3 0/0.
9 ce. 9 de sang veineux (cœur droit) contiennent: 1 ce. 8 CO2 ou 49 ce. 5 0/0, et 2 ce. 15 0 ou 23 ce. 3 0/0.
Nous trouvons dans cette expérience une preuve que l'animal ne succombe pas à X asphyxie, puisque le sang artériel, ; après la mort, renferme 25 0/0 d'oxygène et 23 ce. 6 0/0 i d'acide carbonique ; que le sang veineux contient 23 ce. 3 d'oxygène 0/0 et 19 ce. 5 d'acide carbonique.
Nous pouvons dire, en empruntant au professeur Bouchard une heureuse expression, qu'il se produit un véritable ralentissement de la nutrition.
La mort, à la suite du refroidissement, n'est pas produite par l'asphyxie ; nous avons pu souvent analyser les gaz (du sang du ventricule droit et du ventricule gauche, ce qui mous a permis de juger la question.
Si au moment de la cessation de la vie, ou peu de l temps après, on extrait les gaz des sangs du ventricule,
• on constate que la quantité d'oxygène est souvent augmentée ou qu'elle est normale; que les proportions d'acide
• carbonique sont ou plus faibles, parfois normales, plus i rarement augmentées.
Voici des expériences qui démontrent ce que nous avançons :
Expérience du 17 avril faite sur un chien de 11 k. — Influence de la réfrigération sur les gaz du sang.
Avant le bain, la composition centésimale de l'air expiré
• est de 17 ce. 3 ; deux fois on obtient le môme résultat ; la température rectale est à 38°, la respiration à. 24 et le ipouls à 112.
9 ce. 3 du sang du cœur droit renferment 3 ce. 75 CO2 ou 40 ce. 3 0/0 et 1 ce. 3 0 ou 13 ce. 9 0/0.
A 10 h. 30', on place le chien dans un bain à 8°.
A midi 25', la température rectale est à 3l°,5.
9 ce. du sang du ventricule droit contiennent 4 ce. C0S ou 43 ce. 1 0/0 et 1 ce. 2 0 ou 12 ce. 9 0/0.
La composition centésimale de l'air est de 16 ce. 3.
A 4 h. 35' le pouls est à 36, la respiration à 8.
La mort survient à 4 h. 50', par arrêt respiratoire, suivi de l'arrêt cardiaque ; la température rectale est à 19°.
On prend immédiatement du sang dans le ventricule droit:
9 ce. de sang veineux donnent 4 ce. 6 CO2 ou 49 ce. 5 0/0 et 1 ce. 35 0 ou 14 ce. 6 0/0.
9 ce. du sang du ventricule gauche renferment 2 ce. 71 CO2 ou 29 ce. 1 0/0 et 2 ce. 26 0 ou 24 ce. 3 0/0.
Le bain froid a donc produit :
1° La diminution progressive du nombre des pulsations et des respirations; de 24 la respiration tombe à 8, le pouls de 112 descend à 36;
2* L'absorption de l'oxygène plus considérable qu'à l'état physiologique, à un moment où la chaleur centrale est de 31°,5;
3° Le maintien du taux de l'oxygène dans le sang veineux du ventricule droit coïncidant avec une légère augmentation de l'acide carbonique;
4° La persistance, au moment de la mort, d'une quantité d'oxygène un peu supérieure à la normale. Ici encore les signes d'une asphyxie vraie n'existent pas ; il faut donc abandonner cette idée, que les animaux meurent d'asphyxie lorsqu'ils succombent au refroidissement.
Expérience du 16 avril faite sur une chienne de 13 k. — Influence du bain froid sur les gaz du sang artériel.
Avant le bain, la température rectale est de 37°, 8; 9 ce. 3 du sang carotidien renferment 3 ce. 1 CO2 ou 33 ce. 3 0/0 et 2 ce. 2 0 ou 23 ce. 6 0/0.
A 10 h. 10', on met le tiers postérieur du chien dans un bain à 9°.
A 11 b. 10', température rectale 33°, 7.
A 11 h. 45', température rectale 31*, 2.
A 12 b. 10', température rectale 31°,2.
9 ce. 3 de sang carotidien renferment 2 ce. 8 CO2 ou 30 ce. 0/0 et 2 ce. 4 0 ou 25 ce. 8 0/0.
A 6 h. 10', la température rectale est à 22°,5; l'anesthésie cornéenne est très accentuée, la respiration est descendue à 4 ou 5 par minute.
A 6 h. 30', les réflexes sont très exagérés, un choc sur la table détermine des contractions tétaniformes, la température rectale est à 21°,5.
9ec. 3 du sang carotidien renferment 2 ce. 6 CO2 ou 27 ce. 9 0/0 et 2 ce. 5 0 ou 2G ce. 8 0/0.
A 21°,5 l'animal est llasque, s'abandonne aux lois de la pesanteur ; h ce moment on le plonge dans un bain chaud à 50°, la respiration s'accélère; en un quart d'heure la température rectale s'élevait à 24°; il meurt dans la soirée à 7 h. 30', presque subitement, avec une tempéra- Iture de 28°,5.
A 22°, la composition centésimale de l'air expiré est de 18,3.
Cette expérience montre que le sang artériel ne subit
pas les altérations de l'asphyxie, qui est considérée par beaucoup d'auteurs comme la vraie cause de la mort par le fr0id. — En effet, à la température de 37°,8, l'oxygène était à 23 ce. 6 0/0; à 3i°,2 il est à 25 ce. 8, età 21°,5 il est à 26 ce. 8, L'acide carbonique, au lieu d'augmenter, subit une légère décroissance; avant le bain on trouve 33 ce. 3 0/0, avec une température centrale de 31°,2.
L'analyse donne 30 ce. 0/0 ; enfin à 21°,5 on note 27 ce. 9 0/0.
On ne rencontre donc pas les lésions de l'asphyxie, à mesure que l'on approche de la mort.
Expérience du 6 mai faite sur un chien. — Action du refroidissement sur les gaz du sang.
On plonge l'animal dans un bain à 12°,5, un peu d'agitation se produit au début, bientôt suivie d'une période de calme; la température descend peu à peu et l'animal meurt' après avoir séjourné 4 h. dans un bain froid, la chaleur centrale étant à 20°; l'hyperexcitabilité neuromusculaire est très accentuée, le moindre choc détermine des secousses musculaires. La mort survient avec une température rectale de 19°.
On ouvre rapidement le thorax, et on prend 9 ce. de sang dans le ventricule gauche; l'analyse donne 1 ce. 8 CO2 et
1 ce. 8 0 ou 20 0/0.
On voit donc que l'oxygénation du sang est toujours au moins égale à la normale peu d'instants après la mort.
De plus, celle-ci, comme d'ordinaire, survient aux environs de 19° ; nous ne trouvons pas les lésions hémahqucs de l'asphyxie,
Lorsque La réfrigénaitioa est Lente, au moment où la température est descendue à 20°, l'iiyperexcitabilité neuromusculaire devient très nette.
[/oxygénation du sang et l'hyperexcitabilité neuro-musculaire
Lorsqu'on a fait agir le froid sur un animal à sang chaud, on observe plusieurs faits importants.
Avec l'abaissement de la température centrale, on voit toutes les fonctions s'affaiblir; toutefois les réflexes sont plus intenses, ainsi que Brown-Séquard Ta constaté depuis longtemps ; mais à mesure que la chaleur centrale descend à 25° et au dessous, il apparaît une exaltation considérable de l'excitabilité réflexe de La moelle épinière; le moindre choc détermine des tressaillements, et même des contractions convulsives généralisées; il semble qu'on soit en présence d'un animal strychnisé. Pour produire ce phénomène, il suffit de refroidir lentement un chien et d'attendre que la température centrale soit aux environs kde 22°.
Cet état kypérexcîtabilité dépend en partie de la saturattion du sang artériel par l'oxygène, ce qui modifie la nutrition des éléments nerveux. Au moment de la mort, le liquide sanguin contientle maximum d'oxygène qu'il peut bsorber.
Un chien de 10 k. est placé dans un bain à 11°, se refroi- ,|llit peu à peu, et succombe avec une température centrale le 10°; le sang du ventricule gauche renferme 31 ce. 5 l'oxygène 0/0; une autre partie du même sang est agilée
THÉRAPEUTIQUE EXPÉRIMENTALE. tj
à l'aide d'un moteuràeau avec de l'oxygène, et, à la même température, on obtient comme capacité respiratoire 28 ce. 5 0/0. Une autre animal de la même espèce pesant 12 k. est placé dans les mêmes conditions que le précédent; immédiatement après la mort par le froid, le sang du ventricule gauche contient 31 ce. 3 d'oxygène 0/0, et son pouvoir absorbant, à la même température, est de 29 ce. 0/0.
Le liquide sanguin d'un troisième chien, ayant péri par refroidissement progressif, renfermait 30 ce. d'oxygène 0/0, et sa capacité respiratoire était également de 30 ce. 0/0. Avant le refroidissement le sang du premier animal contenait 23 ce. d'oxygène, celui du deuxième 24 ce. et celui du troisième 23 ce. 5 0/0.
Le refroidissement lent produit une suroxygénation progressive du sang artériel.
C'est un fait facile à vérifier : un chien de 43 k. 500 est refroidi lentement de 10 h. 10' du matin à G h. 30' du soir; avant h réfrigération le sang renfermait 23 0/0 d'oxygène ; à midi la température centrale est de 31°, 2, le liquide sanguin contenait 26 0/0 d'oxygène et au moment de la mort 30 0/0.
Le liquide sanguin d'un second animal renfermait, avant le bain froid à 11°,23 0/0 d'oxygène ; après 1 h. 30' la proportion était de 28 0/0 ; la chaleur, primitivement de 39°,2, était descendue à 37°, 5 et après 2 h. 5' de bain, l'oxygène était à 300/0 et la chaleur à 22°. Les chiffres obtenus par Mathieu et L'rbain ne sont pas comparables aux nôtres, les conditions n'étant pas identiques.
Comment expliquer l'hyperexcitabilité neuro-musculaire, j qui existe au moment où la température centrale desceni» lentement aux environs de 20°?
En analysant les gaz du liquide sanguin, on trouve que le sang artériel est saturé d'oxygène; la capacité respiratoire est à son maximum. Souvent la quantité d'oxygène est de 28 ou de 30 0/0, quelquefois plus ; or, d'après les analyses de Paul Bert, lorsque la quantité d'oxygène s'élève à ce taux, les animaux présentent des accidents divers, en particulier des convulsions. — Or, dans la réfrigération, ce sont des phénomènes convulsifs légers, qui sont sous la dépendance de cette suroxygénation, laquelle produit des troubles nutritifs d'où résulte l'hyperexcitabilité neuro-musculaire.
Voici des expériences avec hyperexcitabilité et suroxygénation du sang :
.Expérience du 21 avril faite sur un chien de 12 k. — Influence de La réfrigération sur les gaz du sang des deux ventricules.
Avant le bain, la température rectale est de 38°, 8. 10 h. 45', on plonge le tiers postérieur de l'animal dans "eau à 11°.
Vers G h. du soir, la température rectale est à 21° ; 0' plus tard le chien meurt, après avoir présenté des fyénomèjies convulsifs provoqués et spontanés ; la temérature centrale est à 19°,8 et celle du sang du cœur roit à 20°,5.
Analyse des gaz immédiatement après la mort. Gaz du cœur droit :
9 ce. 3 donnent
j 6 ce. 8 ( 1 ce. 8
ou pour 100 ce.
73 ce. 8 19 ce. 3
Ci )"
20' après, on retire un sang rouge vif du ventricule gauche.
9 ce. 3 donnent i 3 cc' 5 C°2
j 2 ce. 95 0
soit pour 100 ce j 3/ ce. 2 CO2
/ 31 ce. 3 0
Il est bien évident que ce chien ne succombe pas à une absence d'oxygène ; tout au contraire, la proportion d'oxygène du sang artériel est plus grande qu'à l'état normal.
Ces proportions se rapprochent de celles que Paul Bert indique comme capables de produire des convulsions.
Expérience du 2 mai faite sur un chien de 13 h. 200. — Action de la réfrigération sur les gaz du sang.
Le 1er mai, au soir, on place le chien dans l'eau à 15°; il y reste pendant la nuit; à 7 h, du matin, la température rectale est à 23°; à 8 h. 16', le thermomètre marque 22°, 5; le pouls est à 40, la respiration à 12.
L'hyperexcitabilité neuro-musculaire est fort nette : en frappant légèrement la gouttière, on provoque des mouve-J ments intenses dans les muscles des pattes et du cou.
A 10 h. du matin, l'animal meurt avec une chaleur centraie de 19°, 2; immédiatement après la mort, on laitl l'analyse des gaz du sang artériel et du sang veineux.
9 ce. 2 du sang du ventricule gauche donnent :
3 ce. 1 CO2 ou 32 ce. 7 0/0 2 ce. 8 0 ou 30 ce. 4 0/0
9 ce. du sang du ventricule droit donnent :
4 ce. 2 CO2 ou 51 ce. 0/0 0 ce. 95 0 ou 11 ce. 5 0/0
La capacité respiratoire ou le coefficient d'absorption du sang artériel est à son maximum.
Au moment de la mort, le liquide sanguin est sature d'oxygène; pour le démontrer, on agite avec de l'oxygène 30 ce. de sang pris dans le ventricule gauche; on réunit la mousse en imprimant un mouvement circulaire à l'éprouvette graduée qui contient le«sang oxygéné à son maximum; on en prélève 9 ce. 2 qui donnent à l'analyse 1 ce. C02et 2 ce. 8 d'oxygène, c'est-à-dire 30 ce. 4 0/0 ; or c'est précisément la même quantité obtenue en prenant le sang à l'abri de l'air dans le ventricule gauche.
La réfrigération lente et progressive arrive donc à saturer le sang artériel d'oxygène. C'est là un fait nouveau qui présente une certaine importance pour expliquer les troubles nerveux survenant dans la dernière phase du refroidissement.
Action des bains très chauds sur les gaz du sang. — L'influence des bains très chauds sur la nutrition, ressemble beaucoup à celle des bains froids.
Le bain chaud augmente l'absorption de l'oxygène au niveau des tissus. Les preuves sont nombreuses : Citons les suivantes qui sont directes.
Dans une première série d'expériences :
Avant le bain de 45 à 50°, 100 ce. de sang perdaient b ce. / d'oxygène à travers les tissus, tandis qu'après lebam chaud 100 ce. de sang en perdent 14 ce. 8 c'est-à-
<v INFLUENCE DES BAINS
dire que les oxydations intimes, les échange* nutritifs ont doublé d'activité.
En même temps, la quantité de CO2 exhalé est plus considérable, et le volume de CO2 produit dans un poids donné de sang est également accru.
Dans une seconde série d'expériences : avant le bain, 100 ce. de sang perdent 8 ce. 7 d'oxygène, tandis qu'après le bain 100 ce. de sang abandonnent 15 ce. 2 d'oxygène, c'est-à-dire le double environ.
Dans une troisième série d'expériences : 100 ce. de sang traversent les capillaires en perdant 7 ce. 3 d'oxygène, tandis qu'après le bain 100 ce. de sang laissent aux tissus 10 ce. d'oxygène.
On peut donc conclure que, pendant et après le bain très chaud, l'absorption de l'oxygène par les tissus est notablement augmentée ; en un mot les oxydations directes ou indirectes sont plus intenses après qu'avant l'administration du bain.
Voici des preuves nombreuses à l'appui de cette opinion :
Expérience du 26 janvier faite sur un chien de 12 k. — Bain partiel très chaud à 50° ; avant et «près le bain, mesure de l'activité nutritive élémentaire.
La température rectale avant le bain est à 39°. On prend en même temps 21 ce. 8 de sang dans le ventricule droit et dans l'artère crurale, et on fait l'extraction des gaz avec la pompe à mercure, le récipient plongeant dans l'eau à 55°.
Sang du ventricule droit Sang artériel
10 ce. 3 CO2 S ce. 75 CO2
2 ce. 3 0 4 ce. 2 0
0 ce. 25 Az 0 ce. 3 Az
Différence 1 ce. 55 CO2
I ce. 9 0
Ce qui donne pour '100 ce. de sang :
Sang du ventricule droit Sang artériel
10 ce. 5 0 19 cc. 2 0 1 cc- 1 Az 1 ce. 3 Az
Différence
II cc. 7 CO2 8 cc. 7 0 0 ce. 2 Az
En circulant à travers les capillaires en un temps donné 100 cc. de sang perdent donc 8 cc. 7 d'oxygène et gagnent il cc. 7 de CO".
On plonge les membres inférieurs de l'animal dans un bain dont la température, d'abord à 52°, descend à la fin ià 48°.
Le chien s'agite un peu, puis se calme. Après un quart d'heure d'immersion dans l'eau chaude, la temnérature reclaleest à40°,8 ; on attend plusieurs minutes et,' lorsque Ile nombre des pulsations cardiaques est à peu près le même qu'avant le bain, on fait l'extraction simultanée de 2i cc. 8 de sang artériel et veineux.
Disons ici qu'à ce moment ïe chien esl très affaissé; il abandonne sa tète à l'action de la pesanteur et succombe d'ailleurs 15' après avec une température rectale de 43°,2.
Sang du ventricule droit Sang artériel
5 ce. 05 CO2 2 ce. CO2
0 ce. 3 0 3 ce. 6 0
0 ce. 5 Az 0 ce. 2 Az
Différence 3 ce. 05 CO2 3 ce. 3 0
En calculant pour 100 ce. de sang, on obtient :
1 ce. 3 0 16 ce. 5 0
0 ce. 9 Az 0 ce. 9 Az
Différence
14 ce. CO2
15 ce. 0
En résumé, avant le bain très chaud, l'animal produit dans un temps donné et pour un volume donné 11 ce. 7 CO2 et absorbe au niveau de ses capillaires dans les mêmes conditions, 8 ce. 2. Immédiatement après le bain, le chien produit 14 ce. CO2 et absorbe 15 ce. 2 d'oxygène, c'est-à-dire à peu près le double de l'état physiologique; en d'autres termes, tandis qu'avant le bain 100 ce. de sang perdent à travers les capillaires 8 ce. 7 d'oxygène en un temps donné, et par le fait du bain 15 ce. 2. — De plus, 100 ce. de sang gagnent avant le bain 11 ce. 7 CO2 et 14 ce. après le bain.
Il est donc bien évident que les phénomènes de nutrition élémentaire, d'oxydations nutritives, sont activés pendant un bain très chaud partiel. La différence ici est très accusée, parce que les effets de l'hyperthermie étaient à leur limite extrême.
Expérience du 30 janvier faite sur un chien de 11 h. — Influence d'un bain très chaud sur la nutrition élémentaire mesurée par î analyse simultanée des gaz du sang.
Avant le bain, la température rectale est à 39°, 5. L'analyse des gaz du sang donne les résultats suivants pour 21 ce. 8 de gaz :
Sang du cœur droit Sang artériel
3 ce. 3 0 5 ce. 0
0 ce. 2 Az 0 ce. 2 Az
Différence 2 ce. 7 CO2 1 ce. 8 0
Ou pour 100 ce. de sang :
Sang du cœur droit 44 ce. 4 CO2 15 ce. 1 0 0 ce. 9 Az
Sang artériel.
32 ce. 1 CO2 22 ce. 4 0 0 ce. 9 Az
Différence 12 ce. 3 CO2 7 ce. 3 0
On plonge la moitié du corps de l'animal dans un bain de 21' de durée ; pendant ce temps, la température descend de 30° à 27°. L'analyse des gaz donne les chiffres suivants:
Sang du cœur droit Sang artériel
"6 ce. CO2 4 ce. CO2
2 ce. 0 5 ce. 1 0
0 ce. 25 Az 0 ce. 3 Az
2 ce. 0
ou pour 100 ce. de san<
Sang du ventricule droit Sang artériel
27 ce. 5 CO2 18 ce. 3 GO2
13 ce. 3 0 23 ce. 3 0
1 ce. Az 0 ce. 9 Az
Diiré, renée 9 ce. 2 CO2 10 ce. 0
Ces chiffres nous montrent que l'absorption d'oxygène par les tissus a subi une légère augmentation.
L'animal respire pendant 20' hors du bain ; on analyse de nouveau les gaz du sang; dans 21 ce. 8 de liquide sanguin, nous trouvons :
Sang artériel 1 ce. 85 CO2 5 ce. 5 0
Après avoir été enlevé de la gouttière, l'animal reste inerte, haletant; il succombe à 1 h. de l'après-midi. On voit encore clans cette expérience que la quantité de CO2 du sang diminue déplus en plus, tandis que la proportion d'oxygène reste la même, ou subit un léger accroissement.
Expérience du 25 janvier faite sur un chien. — Influence d)un bain très chaud sur la nutrition élémentaire mesurée par V analyse simultanée des gaz du sang.
Avant le bain, la température rectale est à 39°. L'analyse des gaz du sang donne les résultats suivants : Pour 21 ce. 8 de sang :
Sang de la veine jugulaire externe Sang artériel
En calculant pour 100 ce. de sang :
Sang de la veine jugulaire externe Sang artériel
9 ce. 3 CO2 2 ce. 9 0 0 ce. 2 Az
8 ce. 8 CO 4 ce. 4 0 0 ce. 2 Az
Différence
0 ce. 5 CO2
1 ce. 5 0
42 ce. 6 13 ce. 3 0 ce. 9
CO2 Az
40 ce. 3 CO2 20 ce. 1 0 0 ce. 9 Az
2 ce. 3 6 ce. 8
A midi, on plonge la moitié du corps dans nn bain à 51°; après 10' la température rectale est à 40° , el après 20 elle est à 42°.
On fait l'analyse des gaz du sang:
Sang de la veine jugulaire externe Sang artériel
4 ce.
3 ce.
CO
2 ce.
4 ce.
Az
0 ce.
Az
Différence
1 ce. 4 CO2 1 ce. 3 0
En calculant pour 100 ce. nous aurons:
Sang de la veine jugulaire externe Sang artériel
22 ce. 4 CO2 16 ce. CO2
12 ce. 3 0 18 ce 3 0
0 ce. 9 Az 0 ce. 9 Az
Différence
6 ce. 4 CO2 (> ce. 0
Dans ce cas particulier, la désintégration de CO2 est plus forte après le bain qu'avant, tandis que l'absorption d'oxygène est à peu près la même ; mais, comme le débit est plus grand ordinairement dans les cas semblables, il en résulte que les combustions sont augmentées par le fait du bain chaud.
Expérience du 9 février faite sur un chien de 10 h. — Influence des bains très chauds sur les gaz du sang.
Avant l'expérience, la température rectale est à 38°, 8, et l'analyse simultanée donne les résultats suivants pour 21 ce. 8 de sang :
Sang du ventricule droit Sang artériel
9 ce. 05 C0- 8 ce. 05 CO2
3 ce. 35 0 4 ce. 8 0
0 ce. 2 Az 0 ce. 2 Az
ou pour 100 ce. de sang:
Sang du ventricule droit Sang artériel
41 ce 5 C02 36 ce. 9 CO2
15 ce. 3 0 22 ce. 0
0 ce. 9 Az 0 ce. 9 Az
Différence 4 ce. 6 GO2 6 ce, 7 0
On plonge l'animal dans un bain de 50°. La température descend à 46°; le chien s'agite un peu pendant 4' 30"; puis il se calme, la température rectale s'élève à 41°, 5 après 22' de bain ; on. prend en même temps du sang dans l'artère et dans le ventricule droit.
Sang du ventricule droit Sang artériel
8 ce. 3 CO2 5 ce. 85 CO2
1 ce. 85 0 5 ce. 1 0 0 ce. 2 Az 0 ce. 2 Az
Différence
2 ce. 85 CO2
3 ce. 25 0
En calculant pour 100 ce. on obtient:
Sang du ventricule droit Sang artériel
38 ce. CO2 26 ec. 8 CO2
8 ce. 5 0 23 ce. 3 0
0 ec. 9 Az 0 ce. 9 Az
Différence 11 ce. 2 CO2 14 ce 8 0
Il résulte de ces expériences : 1° que l'absorption d'oxygène augmente sous l'influence du bain très chaud ; 2° que la quantité d'acide carbonique contenue dans le sang s'accroît également; 3° que la quantité d'acide carbonique est inférieure à la quantité d'oxygène absorbé.
6' après la sortie du bain, l'animal meurt ; on ouvre le thorax immédiatement après la mort: le cœur ne bat plu?; puis le cœur se contracte faiblement.
On prend simultanément du sang dans le ventricule droit et dans l'artère, et on fait l'extraction des gaz du sang :
Sang du ventricule droit Sang artériel
5 ce. 7 CO2 2 ce. 3 CO2
0 ce. 95 0 5 ce. 1 0
0 C6. 2 Az 0 ce. 2 Az
4 ce. 15 0
Sang du ventricule droit
26 ce. 1 4 ce. 3
0 ce. 9 Az
En calculant pour 100 ce, on obtient:
Sang artériel 10 ce. 5 CO2 23 ce. 3 0 0 ce. 9 Az Différence 15 ce. G CO2 19- ce. 0
On constate dans ces recherches plusieurs faits intéressants: d'abord le sang artériel est aussi riche en 0 immédiatement après la mort qu'à l'état normal.
Ce fait démontre que l'on ne meurt pas par asphyxie, mais bien par l'hyperthermie.
De plus, si l'on veut bien suivre les phénomènes de combustion du début à la fin du bain très chaud, on voit que les oxydations vont en augmentant progressivement jusqu'à la terminaison fatale.
«MESURE DE LA NUTRITION ÉLÉMENTAIRE PAR L ANALYSE SIMULTA- NÉE DES GAZ DU SANG ARTÉRIEL ET DU SANG VEINEUX AVANT ET APliÈS UN BAIN TRÈS CHAUD.