‹ Études de thérapeutique expérimentale et cliniqueChapitre 22 sur 63 · VOLUME TOTAL · texte numérisé non relu

VOLUME TOTAL

1 gr. 02 12 ce. 8

1 gr. 06 14 ce. 0 0 gr. 82 15 ce. 8 15 ce. 4 12 ce. 7 17 ce. 0

(0 gr. 34

12 ce. 8

\0 gr. 46

12 ce. 8

7 ce. S

8 ce. 5

8 ce. 6

9 ce. 9 7 ce. 8 7 ce. 4

4 ce. 3

4 ce. 7

5 ce. 6 5 ce. 7

3 ce. 2 5 ce. 7

4 ce. 9 4 ce. 5

Mort :^30»!

début del'ÏDj Mort 4''20»

début, f Mort après l1

extrait le a

ventricules

Mort 31' 30 a; début. I

Conclusions

Pour déterminer l'action physiologique de la paraldéhyde, nous avons institué, en juillet 1883, au Muséum et aux Ménages, diverses expériences qui démontrent les faits suivants :

1° La paraldéhyde agit d'abord sur les lobes cérébraux et secondairement, suivant les doses, sur le bulbe et sur la moelle épinière ;

2° Elle n'est point un anesthésique vrai, iien que i'anesthésie puisse survenir avec de fortes doses, qui sont dangereuses ;

3° Cet agent peut produire la mort avec arrêt respira-

,oire, le coéur continuant à battre. A doses faibles, la tension artérielle est peu modifiée, mais elle diminue avec me dose forte ;

4° Les inhalations, faites pendant une heure, soit avec jarties égales d'alcool et de paraldéhyde, soit avec de la paraldéhyde pure, ne produisent pas le sommeil;

5° La paraldéhyde diminue l'exhalation pulmonaire de 'acide carbonique (dans toutes les expériences rapportées dIlis loin, la paraldéhyde a été donnée en injection intraveineuse) ;

6° Pendant le sommeil paraldéhydique l'acide carbonique ilu sang diminue plus rapidement que l'oxygène, la quanitô de ce dernier reste normale ou est à peine diminuée;

7° Le mécanisme de la mort s'explique par l'arrêt resiraloirc ou par l'asphyxie ;

8° La capacité respiratoire du sang reste longtemps îormale pour diminuer un peu avant la mort ; le contact n vitro de la paraldéhyde et du sang diminue constamnent sa capacité respiratoire ;

9° La paraldéhyde détermine un abaissement de tem- )ératurc. Après les injections fortes de paraldéhyde dans es veines, le sang devient noir dans les artères ;

10° La paraldéhyde produit une légère déshydratation lu sang ;

11° L'apparition d'une bande d'absorption dans le rouge îst un des effets de son action sur le sang.

SUR LES EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L'EAU OXYGÉNÉE EN INJECTIONS INTR A- VEINEE SES SON ACTION SUR LE SANG

par

MM. LABORDE et QUIXQUAUD

Partant de cette idée que l'oxygène pur, au contact des éléments organiques, des matières albuminoïdes et des! proto-organismes, exerce une action destructive immédiate . et certaine ; qu'il constitue, en conséquence, le plus puissant et le plus sûr microbicide, nous nous sommes demandés s'il ne serait pas possible d'utiliser l'eau oxygénée H rapidement introduite dans l'organisme, de façon ày détruire les germes animés de certaines maladies infec-l ticuses rapidement mortelles.

L'injection intra-veineuse s'offrait comme le procédé le plus rationnel et le mieux approprié en cette circonstance, car l'eau oxygénée — nous entendons l'eau oxygénée bien préparée et retenant la totalité de l'oxygène qu'elle contient en volume — n'est pas plutôt mise au contact d'un tissu ou d'un liquide organique, que l'oxygène se dé et opère instantanément son action. Aussi, administrée par l'estomac, ne dépasse-t-elle pas la limite de cei organe, dans la sphère d'action considérée au point d« vue auquel nous nous plaçons ici, le point de vue para-j

liticide. Injectée sous la peau, elle y introduit surle-champ, et plus ou moins localement, le gonflement emphysémateux qui résulte de la formation ou de l'introduction de tout gaz dans le tissu sous-cutané; et s'il y a, en ce cas, endosmose gazeuse — ce que nous ne saurions affirmer, ne l'ayant pas cherché, — elle s'opère, à coup sur, avec une telle lenteur, qu'il serait illusoire de compter sur des effets rapides et généralisés.

L'introduction directe dans les vaisseaux constitue donc, en dernière analyse, le meilleur procédé pour arriver au but en question.

Mais l'injection intra-veineuse d'eau oxygénée n'estelle pas un danger pour la santé ou pour la vie de l'individu? C'était la première question que nous avions à nous poser et à résoudre.

Les recherches antérieures aux nôtres ne fournissent pas, à notre connaissance, de renseignements sur ce point particulier, et cependant les résultats de celles de MM. Paul Bert et Regnard, relatives à l'action de l'eau oxygénée sur la fermentation, étaient, d'un autre côté, de nature à nous encourager clans cette voie nouvelle.

Nous avons dû, conséquemment, nous préoccuper de savoir, avant tout, si et jusqu'à quel point l'introduction d'eau oxygénée dans la circulation était nocive; nous avons cherché à déterminer, en second lieu, de quelle nature était son action sur le sang.

Sur le premier point, nous avons fait deux séries d'expériences: une première, dans laquelle nous avons atténué.

THÉRAPEUTIQUE EXPÉRIMENTALE. Jfl

à l'aide de mélanges proportionnels, la quantité d'eau oxygénée ; une seconde, où nous avons employé l'eau oxygénée pure l.

1° De l'eau oxygénée (à 7 volumes pour 1,000 ou par .litre) est mélangée à de l'eau distillée dans la proportion de 1 ce. pour 4 ce. d'eau distillée ; et les 5 ce. dir mélange 11 ce. d'eau sont très lentement injectés dans la sapliène externe d'un chien vigoureux, du poids de 20 k.

On observe surtout un ralentissement appréciable des battements cardiaques.

Deuxième injection de 5 ce. d'un mélange de 2 ce. d'eau oxygénée pour 3 ce. d'eau distillée.

Même résultat que précédemment.

Troisième injection de 3 ce. d'eau oxygénée pour 2 ce. d'eau distillée ou 33 ce. d'eau.

Au bout de 7 à 8', l'animal pousse quelques cris plaintifs et présente un peu d'excitation générale, le ralentissement des battements du cœur est constant. Détaché de ses liens, il s'endort paisiblement ; il n'a pas oll'ert subséquemment le moindre accident appréciable. On avait introduit, en tout, 66 ce. d'oxygène.

2° A un second chien de poids sensiblement moindre (15 k.) on fait successivement les injections suivantes :

Une première de 4 ce. d'eau oxygénée pour 1 ce. d'eau distillée, c'est-à-dire 4 ce. d'O.

Un peu de ralentissement cardiaque, et c'est tout.

1 L'eau nxygén.éc qui a servi à nos opérations provenait du laboratoire, du Dr Baldy, qui, le premier, après avoir étudié ce pmdnit d'une façon 1res consciencieuse, l'appliqua à la chirurgie et à la médecine. M.' Baldy a assisté, du resie, à la plupart de nos expériences.

Puis, à quelques minutes d'intervalle, trois injections successives de 5 ce. chacune d'eau oxygénée pure et en nature, soit en tout 564 ce. d'O.

On observe un certain degré d'excitation générale et toujours du ralentissement cardiaque.

Enfin nous pratiquons encore, et successivement, à quelques minutes d'intervalle, sept nouvelles injections de 5 ce. l'une d'eau oxygénée pure.

Aussitôt après la septième injection : cris violents, urination, raidissement des pattes, arrêt des mouvements respiratoires du thorax, comme en télanisation, dilatation lupillairc, mort imminente.

Cependant, le réflexe oculo-palpébral persiste, le cœur se ranime peu à peu, une grande inspiration se fait, suivie de plusieurs autres, le retour h la vie s'opère complètement, et si bien que l'animal s'est rétabli et a survécu. Plus de 1,200 ce. d'O avait été injectés.

Nous louchions à la limite de la dose toxique, elle a été atteinte dans la série suivante d'expériences:

3° Au premier chien ci-dessus, du poids de 20 k., parfaitement rétabli, nous faisons des injections successives, à 15' environ d'intervalle l'une de l'autre, de 10 ce. à la fois d'eau oxygénée pure.

L'animal tombe dans un sommeil profond; il présente de l'ancsthésie générale très marquée. La respiration, qui, avant l'expérience, était tellement fréquente et irrégulière J'animai étant criard et fort agité), qu'elle ne pouvait être exactement fixée, est maintenant régulière et à 20 environ. Le cœur qui, préalablement, battait à 108 et irrégulièrement, est maintenant à 80 et est très régulier.

H y a eu plusieurs défécations.

La température rectale est tombée de 40°, 1 à 39°,20.

L'état de somnolence dure encore 25'. Nous renouvelons alors une injection de 10 ce. à la fois.

Dès la moitié (5 ce.) : cris plaintifs particuliers, allongement et raidissement des pattes, graves efforts respiratoires, accélération cardiaque. Puis, et peu à peu, retour à l'état normal.

Nous recommençons à verser la seconde moitié de l'injection. Aussitôt raidissement nouveau et relâchements alternatifs des pattes ; ralentissement progressif des mouvements respiratoires aboutissant à l'arrêt complet et définitif; le cœur continuant des contractions, mais très ralenties et bientôt suspendues aussi.

Les poumons, affaissés et comme revenus sur eux-mêmes, sont marbrés d'ecchymoses sous-pleurales ponctuées; le cœur est gonflé et flasque ; caillots noirs dans les cavités droites, avec un peu de sang liquide et spumeux à la surface.

Les tissus du foie, de la rate, des reins, sont fortement infiltrés de sang, et ont une teinte acajou foncé.

Injection veineuse de la surface des circonvolutions cérébrales ; liquide sus-arachnoïdien abondant. Injection vive des vaisseaux superficiels de la face antérieure du bulbe et des plexus choroïdes de quatrième ventricule, etc. etc.

Mais les altérations les plus remarquables sont celles du sang, qui est poisseux, épais, s'attachant fortement aux doigts et d'une couleur noire foncée, qui le fait ressembler à de l'encre épaisse1.

4 Rappelons, en passant, que le sang se conserve indéfiniment, sans trace de fermentation, dans un milieu môme surchauffé.

L'examen microscopique du sang, fait tant durant l'expérience qu'après la mort, révèle des altérations des globules, sur lesquelles nous ne pouvons insister ici, mais qui consistent surtout en des déformations, et l'aspect à leur surface de globules transparents ayant l'apparence de globules gazeux.

Nous avons remarqué dans une de nos préparations une abondante formation de cristaux d'hématine.

On comprend tout l'intérêt, dans ces conditions, d'une élude du sang, au point de vue de l'analyse de ses gaz. C'est l'objet de la deuxième partie de nos recherches.

On sait que le sang, môme défibriné avec soin, décompose l'eau oxygénée; en est-il ainsi lorsqu'on injecte celte eau dans les vaisseaux?

Nous avons fait, pour répondre à cette question, les expériences suivantes, accompagnées dans tous les cas de l'analyse des gaz du sang. L'eau oxygénée employée était légèrement acide.

Première expérience du 13 février 1885. — On injecte très lentement (de 3 h. 40' à 5 h. 20') dans les veines d'un chien de 14 k. 20 ce. d'eau oxygénée à 10 volumes 200 ce. d'oxygène; on y ajoute 20 ce. d'eau distillée.

Avant l'injection, la température rectale est de 39°, 4, le cœur bat 90 fois par minute et la respiration est à 60.

L'analyse des gaz du sang donne pour 13 ce. de sang 6, 4 CO2 et 2,6 0.

Après la troisième injection, le cœur bat 88 fois et la

respiration est à 40. On trouve 4 ce. 45 CO2 et 1 ce. 7 0.

Après la huitième injection, le cœur bat 120 fois et la respiration est à 108; la température rectale est à 38°, 9.

L'analyse donne 5, 6 CO2 et 1 ce. 5 0. Le sang artériel est d'un brun noirâtre. L'animal, remis en liberté, peut marcher et peut servir à de nouvelles expériences huit jours après.

On voit dans cette expérience que la respiration s'est d'abord ralentie, puis accélérée; et que les gaz du sang ont diminué. Pas trace de bulles de gaz dans le sang qui jaillit de l'artère.

Deuxième expérience du 26 février. — On introduit dans les veines d'un chien pesant 12 k. "environ 75 ce. (750 ce. d'oxygène) de la même eau oxygénée, que l'on étend à 150 ce. ; on fait trente injections de 10 h. 7'àll h. 48'.

Avant l'injection, l'analyse du sang donne 5 ce. 05 GO2 et 2 ce. 1 0.

Après la quatorzième injection on note 4 ce. 70 GO2 et 2 ce. 0; enfin après la trentième injection CO2 est descendu à 3 ce. 5 et 0 à 1 ce. ; le sang est d'un brun noirâtre.

Ici, comme dans la première expérience, pas trace de bulles de gaz dans le sang.

Troisième expérience du 2 mars, faite sur un chien de 13 k. environ, dans les veines duquel on injecte, de 3 h. 30' à 5 li. 34', 232 ce. d'eau oxygénée, équivalant à 1,235 ce. d'oxygène. Avant l'injection l'analyse donne 4 ce. 3 CO2 et 1 ce. 4 d'oxygène.

Après la quinzième injection nous notons 4 ce. 5 CO2 et 1 ce. 3 0; et après la trente-quatrième et dernière injection, GO2 est à 4 ce. 6 et 0 à 0 ce. 6 ; nous voyons

étude sur les effets physiologiques 167

donc que la quantité d'oxygène a beaucoup diminué; d'ailleurs le sang artériel était encore ici d'un brun noirâtre. L'animal survécut.

Mais si le chien est d'un poids plus considérable, par rapport à la quantité d'eau injectée, on peut introduire un yolume notable d'eau oxygénée sans déterminer l'abaissement des gaz du sang; parfois même on note une légère élévation.

Quatrième expérience da 18 février. — Dans les veines d'un chien pesant 17 k.,on injecte 52 ce. d'eau oxygénée à 10 volumes (520 ce. 0). Avant l'injection CO2 est à 5 ce. 5 et 0 à 2 ce. 2. Après la cinquième injection, on note 5 ce. G CO2 et 2 ce. 0.

Après la dixième injection, on fait deux analyses : la première donne 5 ce. 8 CO2 et 2 ce. 3 0 et la deuxième 5 ce. 7 CO2 et 2 ce. 3 0.

L'animal s'est rétabli; d'ailleurs le sang artériel était à peine un peu plus foncé.

Examen spectroscopiqae. — Pourquoi le sang présentet-il une coloration brun noirâtre? Dans ces cas l'examen du spectre nous montre une troisième bande danslerouge qui correspond à la raie de l'hématine. Il n'en est pas toujours ainsi; lorsqu'on injecte dans les veines de l'eau oxygénée neutre, cette troisième raie n'apparaît point. Si l'on fait l'expérience in vitro, en opérant sur des solutions au 1/20 dans lesquelles on verse 1/6 d'eau oxygénée neutre à 10 volumes, même à 15 et au delà, l'on ne voit pas de bande dans le rouge; l'hémoglobine se détruit peu à peu, et les deux bandes classiques pâlissent, puis disparaissent. — Si l'expérience est faite avec de l'eau BXgyénée acide, on voit se montrer, comme il était facile

de le prévoir, une troisième bande d'hématine dans le rouge.

En résumé, on peut introduire dans le système circulatoire une quantité relativement considérable d'eau oxygénée pure, sans provoquer d'accident notable.

Le sommeil avec un certain degré d'anesthésie généralisée, le ralentissement, la régularisation des battements cardiaques et des mouvements respiratoires, l'abaissement de la température générale sont les effets habituels de l'introduction dans les veines d'une quantité moyenne d'eau oxygénée pouvant être évaluée de 500 à 4,000 ce, ou uû litre d'O.

La mort, à la dose toxique, se produit par arrêt respiratoire primitif; et le processus asphyxique qui constitue le mécanisme de la mort, ainsi que l'annoncent les lésions organiques constatées à l'autopsie, paraît tenir aux altérations du sang.

Ces altérations consistent surLout dans la destruction de l'hémoglobine et la formation d'hématine ; elles se réparent facilement et rapidement, quand l'animal n'a pas été soumis à une dose mortelle.

Les gaz du sang, G02 et O, subissent des variations soit en plus soit en moins, plus souvent en moins, selon la quantité d'eau oxygénée introduite, relativement au volume et au poids de l'animal.

Il nous reste à faire l'application de cette étude à la pathologie expérimentale.

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