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II. — Procédé polarimétriqb

Ce n'est pas ici le lieu de donner la description et la théorie des appareils polarimétriques.

Disons seulement qu'ils sont fondés sur les principes

de la polarisation rotatoire posés par Arago en 1811 et développés plus tard par Biot. L'appareil saccharimétrique de Soleil, modifié par M. Duboscq, est aujourd'hui le plus habituellement employé.

Il consiste en un tube de 0"',20 de longueur, que l'on intercale sur le trajet d'un rayon polarisé, entre le polariseur et l'analyseur. Le plan de polarisation est dévié, et l'angle de déviation est apprécié au moyen d'un quartz compensateur. Ayant l'angle de déviation, les tables de Clerget donnent la quantité de sucre.

L'opération, on le voit, est très simple. Il suffit d'avoir une quantité de liquide suffisante pour remplir le tube polarimétrique. Le compensateur a été disposé préalablement au zéro. On interpose le tube et l'on fait mouvoir la vis micrométrique du compensateur, de façon à revenir à la teinte sensible.

Mais il y a plusieurs inconvénients qui se présentent ici et qui exigent des manœuvres nouvelles.

11 faut d'abord que le liquide urinaire soit préalablement décoloré et transparent. On obtenait autrefois ce résultat en traitant le liquide par l'acétate neutre de plomb, qui précipitait, entre autres substances, celles qui colorent l'urine. Le sucre reste en dissolution. 11 faut ensuite le débarrasser de l'excès de plomb. L'hydrogène sulfuré ou l'acide sulfurique le précipitent.

J'ai indiqué un moyen beaucoup plus simple et préférable sous tous les rapports. Il suffit de traiter l'urine par le charbon animal et de compléter l'action par la chaleur, ou en attendant un temps suffisant. On filtre la liqueur, laquelle passe entièrement limpide et se prête dès lors à l'examen polarimétrique.

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Malgré cette simplification qui rend très rapide l'emploi du saccliarimètre, cet instrument n'est pas en usage dans les recherches délicates. 11 comporte des causes de variations personnelles. L'appréciation de la teinte de passage ne se fait pas de la même manière pour tous les yeux. De plus, les indications ne sont pas entièrement sensibles. Néanmoins, cet instrument sert à distinguer les diverses espèces de sucres et à reconnaître les modifications que peuvent éprouver certains d'entre eux. C'est pourquoi il importe que nous donnions sinon la théorie de l'instrument, du moins la manière de l'appliquer à l'examen d'un liquide sucré déterminé.

A l'extrémité du saccliarimètre, on dispose une lampe qui envoie des rayons lumineux à travers un nicol. Le faisceau de lumière polarisée traverse ensuite un tube, que l'on remplit d'abord d'eau distillée et que l'on place sur l'appareil. L'œil de l'observateur étant appliqué à l'autre extrémité de l'appareil, derrière un second nicol faisant Je rôle d'analyseur, on tire l'oculaire, ou on l'enfonce jusqu'à ce qu'on l'ait mis au point et qu'on aperçoive clairement un disque circulaire, divisé par une ligne noire très nette en deux parties égales de couleurs complémentaires. En faisant tourner le bouton horizontal à droite ou à gauche, on arrive à produire des teintes identiques; les demi-disques présentent exactement la même couleur. Il faut tourner alors un anneau voisin de l'extrémité ou de l'oculaire, et qui contient le prisme de nicol analyseur, jusqu'à ce que les demi-disques présentent la couleur qu'on appelle teinte sensible et qu'on choisit ordinairement dans la teinte uniforme bleu violet, de telle manière que le moindre mouvement à gauche ou à droite fasse passer

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l'un des demi-disques au rouge et i'autre au vert. On noie la position du zéro devant un repère fixe.

Si l'on remplit alors le tube d'une solution-type de sucre candi contenant 16 gr. 35 de matière sèche et la quantité d'eau distillée nécessaire pour compléter 100 ce, les demi-disques prennent des couleurs différentes. Pour les ramener à la teinte sensible, il faut tourner le bouton et alors, si l'appareil est bien réglé, c'est le numéro 100 de l'échelle qui coïncide avec le repère.

On voit par là que chaque degré de l'échelle représente un poids de sucre candi pur égal à 0 gr. 1635, dissous dans 100 ce. d'eau. Dès lors, pour faire une analyse de liquide sucré, on en emplira le tube (100 ce.) et l'on notera le déplacement du zéro. Le poids du sucre saccharose sera obtenu en multipliant le nombre des divisions par Ogr. 1635. Pour la glycose qui nous intéresse surtout, chaque division dè l'échelle correspond à 0 gr. 2397 de cette espèce de sucre, cela résulte de la lecture de la table de Clerget annexée à l'appareil.

Nous allons analyser ici l'urine d'un diabétique. On recommande dans certains ouvrages de précipiter l'urine par le sous-acétate de plomb afin de la décolorer, sauf à tenir compte, par des corrections convenables, de la quantité du réactif dont on a étendu le liquide urinaire. Nous faisons usage, ainsi que nous l'avons dit plus haut, d'un procédé bien plus simple et qui n'exige aucune correction: nous ajoutons, comme vous le verrez, du noir animal à l'urine en proportion plus ou moins grande, suivant le degré de sa coloration. Au bout de quelques instants, même à froid, la décoloration est complète et nous recueillons par la filtration le liquide incolore que vous voyez ici.

PROCÉDÉ POLÂRIMÉTRTQUE 263

Nous introduisons l'urine décolorée dans le tube de 0n\20 que nous substituons au tube d'eau distillée; nous trouvons une coloration rouge très nette du demi-disque droit et nous ramenons ensuite à la teinte sensible en faisant tourner le bouton. Nous constatons qu'il a fallu un déplacement de 5° pour ramener la teinte sensible. Or nous savons, d'après les tables de Clerget, que 1° de l'appareil équivaut à 0 gr. 2397 ; nous avons donc dans le tube: 5 X 0 gr. 2397 = 1 gr. 198 de sucre, et nous concluons qu'un litre d'urine contient près de 12 gr. de sucre.

Le sucre qu'on rencontre dans l'urine des diabétiques dévie toujours le plan de polarisation à droite, comme le sucre de fécule et le sucre candi. Mais le sucre candi, interverti par les acides, dévie le plan de polarisation à gauche. Nous verrons plus tard que le cas pourrait se présenter chez l'homme, et nous signalerons avec soin les circonstances dans lesquelles il peut avoir lieu.

L'albumine, qui peut se rencontrer parfois dans l'urine, dévie à gauche le plan de la lumière polarisée. C'est une complication qu'il est bon de connaître: on précipite préalablement l'albumine par un acide ou par la chaleur, ou plus simplement encore parle charbon animal, qui opère en môme temps la décoloration du liquide urinaire; de l'urine sanguinolente, par exemple, est très bien débarrassée par le charbon à froid ou à chaud de la matière colorante et de l'albumine.

Nous avons dit que l'emploi du saccharimètre de Soleil comporte des variations personnelles. En effet, ce saccharimètre, reposant sur la distinction des couleurs, sa sensibilité devient illusoire pour les personnes affectées de chromatopsie.

.lollet, à Dublin, a cherché à remédier à cet inconvénient, en créant un nouveau saccharimètre à pénombre, où l'œil, comme dans le photomètre, n'a plus à raccorder que deux teintes grises.

Nous ne décrivons pas cet instrument dont la théorie est d'ailleurs très simple. Duboscq en a donné la pratique, et, sans aucun doute, il est destiné à rendre des services à la physiologie et à la clinique.

Les procédés polarimétriques, les meilleurs cependant des procédés physiques, sont insuffisants, avons-nous dit, toutes les fois qu'il s'agit de travauxdélicals ou de recherches d'investigation ; ils peuvent suffire à la pratique des hôpitaux où l'on ne rencontre et où l'on n'admet ordinairement que les diabétiques dont la maladie est bien caractérisée.

Mais la constatation du sucre, à l'état physiologique dans le sang et dans les urines du diabète léger, ou dans les tissus, ou dans les sécrétions, exige des moyens plus sensibles. La chimie nous les fournit. Et c'est précisément le jour où les chimistes nous ont mis en possession de ces moyens efficaces de déceler jusqu'aux moindres traces de matière sucrée et de la doser rigoureusement, c'est ce jour-là que les physiologistes ont pu aborder avec fruit les problèmes auxquels ils n'avaient encore pu s'attaquer. C'est là un nouvel exemple, ajouté à tant d'autres, de cette solidarité qui relie toutes les sciences et qui fait servir les progrès de chacun aux progrès des autres.

Manière d'opérer pour doser le sucre dans l'urine

Nous employons la liqueur cupro-potassique de Bareswill titrée de telle sorte que 20 ce. de liqueur correspon-

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dent à 0 gr. 10 de glycose, nous faisons bouillir un volume donné de cette liqueur titrée dans un ballon de verre, afin que, faisant l'analyse dans le vide, l'oxygène de l'air ne puisse nuire à l'exactitude de notre titrage. L'urine est versée goutte à goutte jusqu'à réduction complète de la liqueur. Pour voir si la réduction est parfaite, on touche le liquide avec une baguette préalablement trempée dans un mélange à parties égales de solution de ferrocyanure de potassium et d'acide acétique. Si nous obtenons un précipité brun, c'est que toute la liqueur n'est pas réduite et il faut encore ajouter un peu d'urine. S'il n'y a pas de précipité, la réduction est alors complètement opérée et, alors, connaissant, d'une part, la quantité d'urine versée sur la liqueur, d'autre part, sachant qu'il y a autant de fois 0 gr. 10 de glycose que nous avons employé de fois 20 ce. de liqueur, il nous est facile de calculer combien l'urine totale contient de sucre.

B. Méhu. — a. Dosage du sucre dans les urines a l'aide

DU SACCHARIMÈTRE

Pour faire usage du saccharimètre, placez la lampe à l'extrémité, de manière à éclairer l'appareil suivant son axe. Remplissez d'eau pure un des tubes de 20 centimètres et, l'ayant mis à la place du tube, appliquez l'œil à l'oculaire, enfoncez ou retirez le tube mobile qui porte la lunette de Galilée, de façon à distinguer nettement la raie noire qui partage en deux le disque, formé de deux quartz de sens contraire. Si la teinte n'est pas la même sur les deux moitiés du disque, tournez le bouton horizontal dans un sens ou dans l'autre pour amener les

deux moitiés du disque à la môme teinte. Amenez à coïncider le 0 de la règle graduée. Pour rendre plus sensible à l'œil la moindre variation des teintes sur les deux moitiés du disque, faites tourner l'anneau molleté qui seri d'oculaire et cherchez la teinte qui, pour un très faible mouvement de la grande vis horizontale et par conséquent pour un léger déplacement de l'échelle, produit la plus grande différence de colorations sur les deux moitiés du disque. C'est d'ordinaire une teinte bleu pâle ; mais, pour quelques observateurs, c'est une teinte tout autre.

En opérant de cette façon, le 0 de l'échelle correspond exactement au point de repère, les deux moitiés du disque ont la même coloration, leur raie de séparation est nette, et la teinte sensible est produite : donc l'appareil est complètement réglé. Il ne reste plus qu'à remplacer le tube, plein d'eau, par un tube contenant la liqueur qu'on veut examiner. Si cette liqueur est active, elle produit immédiatement une coloration inégale sur les deux moitiés du disque. Pour rétablir l'égalité des teintes, faites tourner la crémaillère au moyen du bouton, de manière à faire glisser la règle graduée et par conséquent les deux quartz du compensateur.

Si ce mouvement de la crémaillère se fait de gauche à droite, la substance est lévogyre, puisque la compensation se fait à droite ; elle est dextrogyre dans le cas contraire.

Le nombre des degrés indique la richesse en matière active, mais ces degrés n'ont pas la même valeur pour les différentes substances actives.

L'appareil est réglé de telle sorte que 16 gr. 71 de sucre

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de canne ou 201 gr. 9 de lactose, ou 225 gr. 63 de glucose en dissolution dans l'eau distillée, de manière à faire occuper au liquide un volume exact de 1 litre, donnent 100 de déviation à droite quand on examine ces dissolusions dans un tube de 0m,20 de long. Chaque degré du saccharimètre correspond donc :

A 1 gr. 647 de sucre de canne ;

A 2 gr. 019 de lactose;

A 2 gr. 256 de glycose.

b. Dosage de la glycose dans les urines diabétiques

PAR LE SACCHARIMÈTRE

L'urine est rarement assez peu colorée pour qu'une simple filtration la rende apte à être examinée au saccharimètre. Le plus souvent, il faut la décolorer pour pratiquer cet essai ; voici comment : prenez un petit matras de verre qui porte sur son col deux traits gravés, l'un indiquant une capacité de 50 ce. ; ajoutez du sous-acétate de plomb jusqu'au trait 55 ce, agitez et jetez sur un filtre de papier. Si la liqueur ne passe pas parfaitement limpide, renversez sur le filtre les premières portions écoulées ; le liquide ainsi obtenu est généralement assez décoloré pour être examiné directement.

Pour cela, remplissez un tube de 0m,20 de long avec ce liquide, fermez-le avec la glace et l'écrou à vis, placez-le entre les deux parties du saccharimètre, et observez le changement de coloration produit sur les deux moitiés du disque. S'il ne se produit aucun changement dans la coloration, c'est que le liquide essayé ne contient pas de sucre;

s'il y a un changement, tournez le bouton jusqu'au rétablissement de l'égalité des teintes.

A l'aide du prisme producteur de teintes sensibles, vous saisirez exactement le point où cette égalité de teinte est rigoureuse.

Notez le nombre de degrés, et, au moyen d'une loupe et d'un vernier, les fractions de degré; multipliez ce nombre par 2,256 pour avoir le poids du sucre, puisque chaque degré du saccharimètre correspond à 2 gr. 256 de glycose séchée h 100°. Ajoutez au produit un dixième de sa valeur pour compenser la dilution de 1/10 qui résulte de l'addition du sous-acétate de plomb.

Si vous disposez d'un tube de 0m,22, employez ce tube pour faire l'observation, il n'y aura aucune correction à faire au produit à cause de la plus grande longueur du tube.

Quelques urines, celles surtout qui renferment de l'urobiline, ne sont pas suffisamment décolorées par 1/10 de leur volume d'acétate basique de plomb, pour qu'on puisse les examiner au saccharimètre. Il faut alors faire agir, sur l'urine partiellement décolorée par le sel de plomb, le noir animal bien sec, en grains, bien lavé à l'acide HC1, puis à l'eau bouillante. On fait digérer à une douce chaleur le mélange d'urine et de noir animal, on l'agite de temps en temps, puis, quand on juge que la décoloration est satisfaisante, on filtre le liquide et l'on procède à l'examen saccharimétrique.

Certaines urines, ordinairement riches en sels minéraux (chlorures et sulfates), additionnées de 1/10 de leur volume d'acétate basique de plomb, puis filtrées après, donnent un liquide incolore qui se trouble peu à peu et qui n'est définitivement éclairci par une nouvelle filtration

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qu'autant qu'on l'a vivement agité, puis laissé en repos plusieurs heures.

Ce dépôt plombique est surtout constitué par un chlorure de plomb. Cet inconvénient peut être évité en versant dans une éprouvette graduée de 100 volumes de l'urine, plomb, fer et y ajoutant peu à peu du carbonate de soude sec en poudre, de façon à avoir 101 volumes de liquide.

On agite, on filtre et on tient compte du changement de volume.

C. UlUNES AL BU MINE USES ET SUCRÉES. — DOSAGE DU SUCRE PAR LE SACCHARIMÈTRE

L'albumine dévie à gauche le plan du rayon de la lumière polarisée, c'est-à-dire en sens contraire de la glycose. Si donc une urine albumineuse et sucrée était assez incolore pour qu'une simple filtration rendît possible son examen direct au saccharimètre, on obtiendrait un titre trop bas.

La décoloration de l'urine par l'acétate basique de plomb peut faire craindre, dans quelques cas, de laisser en solution une faible quantité d'albumine capable de faire obstacle à l'appréciation d'une petite quantité de glycose. Il est donc préférable d'opérer sur l'urine privée d'albumine, surtout si la proportion de l'albumine est élevée et celle de la glycose faible. Dans ce but, versez 50 ce. d'urine brute dans un petit matras, ajoutez-y une à trois gouttes d'acide acétique suivant que l'urine (déjà acide) sera peu ou très chargée d'albumine; placez ce matras dans un bain d'eau bouillante, jusqu'à ce que la coagulation de l'albumine soit complète; laissez refroidir sans séparer le précipité. Ajoutez de l'acétate basique de plomb jusqu'au niveau

-70 DIABETE SUCRÉ

de 55 ce; filtrez et examinez la liqueur incolore au saccharimètre, en procédant comme à l'ordinaire.

Quand la quantité de liquide dont on dispose est faible, on dose d'abord l'albumine en opérant sur 100 gr. ou sur 100 ce. d'urine filtrée, en procédant comme pour le dosage par la liqueur de Fehling. Cela fait, après avoir rétabli le poids ou le volume de l'urine avec les eaux de lavage du coagulum albumineux, on décolore ce liquide par 1/10 de son volume d'acétate basique de plomb, on filtre et on procède à l'observation saceharimétrique.

Par M. Dastre

Cette analyse comprend deux opérations : la première consiste à obtenir une liqueur incolore renfermant tout le sucre du sang et ne contenant d'albuminoïdes qu'à l'état de dissolution ; la seconde opération n'est autre chose que la détermination de la quantité de sucre contenue dans la liqueur obtenue.

Avant tout il importe de mesurer exactement la quantité de sang employée. Si on reçoit le sang directement dans l'alcool, cette mesure s'obtient en pesant le flacon contenant l'alcool avant et après l'introduction du liquide sanguin ; si on le verse dans l'eau bouillante additionnée d'acide acétique ou de sulfate de soude, il faut d'abord le recueillir clans un vase contenant de l'oxalate de potasse, qui empêche la coagulation, puis le puiser avec une pipette graduée.

On verse donc une quantité connue de sang, soit dans l'alcool (excellent procédé), soit dans l'eau bouillante à laquelle on ajoute ou bien de l'acide acétique ou bien du sulfate de soude; on obtient ainsi un liquide clair et un magma. On filtre, on épuise à la presse, et on arrive à l'un des temps les plus importants de l'opération, l'épuisement du tourteau qui doit enlever tout le sucre restant. Le magma retient mécaniquement et très fortement le sucre, qui n'est enlevé qu'en partie si l'on fait des lavages après ébullition avec l'acide acétique et si l'on exprime. Trois lavages sont nécessaires, mais ils n'enlèvent pas tout, et un quatrième est inutile et ne donne plus de sucre. Cette pratique, quoique très longue, n'est pas précise ; il est préférable d'épuiser par l'alcool d'abord froid, puis chaud. Si l'on se sert du noir animal pour décolorer les jus sucrés, celui-ci retient beaucoup de sucre et il faut l'épuiser par l'alcool bouillant pour l'en chasser.

Un autre procédé, dû à Schenk et qui ne donne qu'un déficit de 2 à 6 0/0, consiste à faire bouillir le magma avec de l'eau additionnée d'HCl. On neutralise ensuite.

11 ne reste plus maintenant qu'à faire le dosage qui se pratique à l'aide de la liqueur cupro-potassique. Le sucre en présence des alcalis réduit l'oxyde de cuivre à l'état d'oxydule; mais il est d'autres corps, comme les autres sucres, le tannin, le chloroforme, l'acide urique ou la leucine, qui jouissent des mêmes propriétés réductrices, et l'on a reproché à ce procédé de donner un chiffre de glycose plus élevé que celui qui existe réellement, puisque les propriétés réductrices de ces corps s'ajoutent à celle de la substance qu'on veut doser. Il faut donc, pour obtenir un chiffre exact, ou bien que ces substances soient isolées

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par le traitement, ou bien qu'elles n'existent dans le sang qu'en proportions infinitésimales. C'est ce qui a lieu en réalité.

Il faut encore, pour que l'analyse soit précise, opérer dans des conditions identiques au point de vue de la durée des opérations et de la concentration des liqueurs ; celle-ci doit se faire dans l'appareil cà évaporation dans le vide et non à feu nu. La réaction limitée s'apprécie mieux lorsque la liqueur sucrée contient 2 à 4 gr. de sucre par litre et avec une liqueur de violette cyanurée étendue au 4/10.

Un grand nombre d'expérimentateurs pensent que la présence de matières albuminoïdes dans les liquides à analyser empêche d'obtenir des résultats exacts. Ces substances, en présence d'un excès d'alcali, dégagent en effet de l'ammoniaque qui, en présence de l'oxygène de l'air, facilite la redissolution de l'oxydule, de telle sorte que la liqueur bleue est régénérée et qu'il faut une nouvelle quantité de sucre pour arriver à une décoloration complète. Mais les procédés employés, soit en supprimant le contact de l'oxygène de l'air, soit en soustrayant l'oxydule, au contact de la liqueur bleue, annihilent ces causes d'erreurs et les expériences de M. Dastre lui ont même montré que le moment du virage est plus facilement apprécié lorsque le liquide sucré contient des albuminoïdes.

Il suffit que ces substances s'y trouvent en quantité assez minime et à l'état de dissolution.

Les méthodes les plus exactes du dosage du sucre dans le sang sont au nombre de deux : l'une par précipitation et pesée, l'autre par décoloration.

1° Méthode chimique par précipitation et pesée. —

Celte méthode est d'une très grande exactitude ; c'est celle dont se sert Miïntz ; elle a été étudiée par Schlœsing et de Luynes et modifiée par Aimé Girard.

Le sang est versé dans trois fois son volume d'alcool, on agite, on filtre, on exprime Pt on épuise le magma par l'alcool chaud. On fait évaporer les liqueurs alcooliques, on reprend le résidu par l'eau, on lave et on filtre. Si le liquide filtré est très coloré, on le traite par l'acétate de plomb dont on précipite l'excès par un courant d'hydrogène sulfuré, et on filtre.

La liqueur ainsi obtenue est introduite dans un ballon de 2 à 300 ec. ; on y ajoute au moins dix fois plus de liqueur de Fehling qu'elle n'en peut réduire et 10 ce. d'une solution de potasse au 1/10. On fait bouillir pendant 2 ou 3'. L'oxydule est précipité et on le recueille sur un petit filtre en papier Berzelius (on connaît la quantité des cendres qu'il fournit). On lave ce filtre à l'eau distillée bouillie très chaude et on le metàl'étuve cà80° pendant30'. Une fois desséché, on le met dans une nacelle en platine tarée et on incinère d'abord à la flamme du gaz, puis dans le four à moufle porté au rouge. On a une masse noirâtre d'oxyde de cuivre qu'on réduit par l'hydrogène en introduisant la nacelle dans un tube en verre vert entouré de clinquant.

On pèse alors la nacelle et on obtient le poids du cuivre réduit en retranchant du poids total la tare de la nacelle et le poids des cendres du filtre.

Le nombre obtenu multiplié par le coefficient 0,569 donne le poids du glucose.

Méthode par décoloration. — Le sang est reçu dans un verre contenant de l'oxalate de potasse sec dans la pro-

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portion de 1 gr. p. 1 000 de sang (Arlhus). On agite avec une baguette et, en opérant ainsi, on empêche la coagulation du sang qu'il est facile de puiser avec une pipette graduée.

On introduit 25 ou 50 ce. de sang dans une capsule contenant 150 à 200 ce: d'eau bouillante àlaquelle on a ajouté 10 à 20 gr. de sulfate de soude et 5 ce. d'une solution d'acide acétique à 1 0/0. On a soin de verser le sang à gouttes précipitées en agitant et on évite les projections sur les parois. On filtre alors et on exprime le magma à la presse. Celui-ci, desséché àl'étuve à 80°, est ensuite broyé dans un mortier et épuisé par l'alcool chaud dans un appareil à déplacement. La liqueur alcoolique est évaporée et le résidu repris par l'eau. On ajoute cette solution aqueuse à la première et on fait évaporer le tout dans le vide de façon à avoir 80 ou 150 ce. de liquide, suivant qu'on a opéré sur 25 ou sur 50 ce. de sang.

On peut encore, pour préparer la liqueur sucrée, recevoir le sang dans un flacon contenant trois fois son volume d'alcool, qu'on pèse avant et après l'introduction du sang pour en avoir le poids. On filtre, on exprime à la presse, on épuise le magma restant par l'alcool chaud dans l'appareil à déplacement et on reprend par l'eau le résidu des liqueurs alcooliques qu'on a dans le vide.

Les liqueurs sucrées obtenues à l'aide de ces deux procédés renferment presque tout le sucre. La perle est au maximum de 5 0/0.

Il ne reste plus qu'à faire l'analyse. Pour cela, on emploie la liqueur de Violette dont voici la formule :

« 1° Lessive de soude à 24° Baumé : 500 ce. ;

2° Sel de Seignette : 200 gr. dans 200 ce. chauffés à

50°. On verse dans le mélange de ces deux solutions la troisième ;

3° 36 gr. 46 de sulfate de cuivre desséché au papier dans 140 ce. d'eau distillée. On complète au litre ; 1 ce. correspond en principe à 0 gr. 05 de glucose. On vérifie par dosage direct. »

On ajoute à 100 ce. de cette liqueur 900 ce. d'eau distillée tenant en solution 1 gr. de ferrocyanure de potassium (H. Causse). L'addition de cette substance empêche la précipitation de l'oxydule et permet de doser le sucre par décoloration et virage dans tous les cas (eau sucrée pure, lymphe, liquides organiques, tissus).

Pour pratiquer l'analyse, on met dans un ballon deverre 10 ce. de la liqueur de Violette au ferrocyanure ; on ferme ce ballon avec un bouchon à deux trous — l'un reçoit la burette graduée contenant la liqueur sucrée, l'autre un tube en verre coudé qui sert au dégagement de la vapeur d'eau pendant l'ébullition. On opère ainsi à l'abri de l'air. On fait bouillir alors le liquide contenu dans le ballon en laissant couler la liqueur sucrée jusqu'au moment du virage. Si cette liqueur ne contient pas d'albuminoïde, le virage se fait du bleu pâle à l'incolore ; dans le cas contraire, on voit la coloration passer au violet, puis au pourpre et virer au jaune madère. Le virage obtenu, on note la quantité de liquide qui s'est écoulée ; elle a réduit 1 ce. de la liqueur de Violette qu'on a préalablement titrée avec du glucose pur et qui, dans les conditions normales, doiteor- I respondre à 0 gr. 005 de glucose.

En comparant les résultats fournis par ce procédé avec les autres habituellementemployés (Cl. Bernard, Rôhmann, procédé avec l'acide acétique seul), M. Dastre aconstaté que

seul le procédé de Cl. Bernard donnait des chiffres faibles. Tout dépend de l'épuisement du magma et le chiffre le plus exact est obtenu quand on sert du procédé d'extraction à l'alcool.

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