C. — Action des bains froids sur l'exhalation pulmonaire
de CO3
Un mot du procédé. — Pour étudier les modifications qui se produisent dans l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique, on détermine très rigoureusement la quantité d'acide carbonique exhalée par un chien à l'état normal avant le bain d'après la méthode de Gréhant et Quinquaud. On fait circuler à travers les poumons de l'animal, en mesurant le temps, un nombre déterminé de litres d'air, ou bien on se contente de faire respirer pendant le même temps, avant et après le bain ; ou bien encore on se sert du petit ballon de 10 litres, devant servira l'eudiométrie. Il est préférable de faire circulera travers les poumons un volume donné d'air, 25 à 50 litres, de faire un barbotage lent produit par la trompe de Golaz; la pesée à l'aide d'une grande balance pesant de 3 à 5 k., au centigramme, donne des chiffres très exacts.
On plonge l'animal dans le bain froid, on attend 5 à 10'. puis on fait respirer de la même manière que précédem-
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raenl à travers les barboteurs Durand, ranimai étant dans le bain ou hors du bain; dans les deux cas le résultat est le mû me.
Voyons maintenant les chiffres obtenus :
Sous l'influence des bains froids, lorsque la température rectale descend à 32°,8, à 32°,3, à 32°,9, à 29°, à 28°,2, à 27°, Veachalation pulmonaire de l'acide carbonique augmente constamment ; les proportions relatives subissent quelques variations en rapport avec des facteurs variables tels que la température du bain, la température centrale de l'animal. Nous rencontrons ici ce fait en apparence paradoxal : augmentation de l'exhalation pulmonaire de Cl)2 coïncidant avec un abaissement de la température centrale; mais il suffit de faire remarquer que la diminution de la température centrale n'est pas synonyme de quantité de chaleur produite en moins par l'organisme animal, et, partant, il peut y avoir une production de chaleur plus considérable coïncidant avec une température centrale relativement inférieure.
Citons encore quelques exemples de l'augmentation de CO2. Un animal exhale pendant le bain froid 1 gr. 19 CO2 dans l'unité de temps; or il n'en rejette queOgr. 47 à Triât normal dans le même temps : donc sous l'influence du bain, il exhale 0 gr. 72 en plus.
Un second chien rejette, avant le bain froid, 1 gr. 10 d'acide carbonique dans un temps donné, taudis qu'après le bain il en exhale 1 gr. 8 : le bain froid a donc fait augmenter l'exhalation de 0 gr. 38.
Un troisième chien, dont la température normale est à 38°, 9, abandonne à l'air en 5'0 gr. 73 CO2 ; après le bain il en rejette 0 gr. 85, dans le même temps, la tempéra-
turc rectale étant à 27°, 5 ; enfin, lorsque la température est à 26°,8, il en exhale 0 gr. 90.
On pourrait objecter que l'augmentation de l'acide carbonique tient cà l'agitation de l'animal pendant le bain ; il n'en est rien, attendu que le chien est toujours fortement attaché sur sa gouttière et ne peut faire que des mouvements limités ; de plus certains chiens commencent par s'agiter pendant 2' ou 3' ; mais bientôt ils deviennent calmes pendant le reste de l'expérience. En outre, on peut toujours les immobiliser à volonté. Les résultats que nous avons obtenus dans ces conditions variées d'expérimentation sont toujours restés les mêmes.
Voici d'ailleurs des expériences montrant avec la dernière évidence que, sous l'influence des bains très froids, dont la température oscille entre 3° et 6°, la'quantité d'acide carbonique exhalée est beaucoup plus grande qu'à l'état normal :
Expérience du 3 mai faite sur un chien de 9 h. — Influence de la réfrigération sur V exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température rectale est de 39°, la respiration est à 18 par minute. L'animal fait circuler les 25 litres d'air à travers ses poumons en 3' ou 10' ; il exhale 0 gr. 99 CO2 dans le même temps.
A 10 h., on plonge la moitié du corps dans un bain cà 60°, à 10 h. 50' la température rectale est à 22°, 3.
A ce moment on le fait respirer, et 25 litres d'air expirés en l'32* contiennent 1 gr. 19 GO2.
Proportionnellement à la normale, le chien devrait exhaler 0 gr. 47 en l'32"; or il exhale 1 gr. 19 dans le même temps.
Le bain très froid active donc l'exhalation pulmonaire de CO2 ; il favorise aussi la ventilation pulmonaire, puisque avant le bain l'animal fait circuler 25 litres en 3' 10", tandis qu'après le bain 25 litres traversent les poumons en l'32".
Expérience du 15 janvier faite sur un chien de 5 h.— Influence du bain partiel très froid sur r exhalation pulmonaire de CO2.
Avant le bain, la température rectale est à 39°, 1 ; le chien fait circuler à travers ses poumons 25 litres d'air en 7'30", et il exhale pendant ce temps 1 gr. 14 de CO2.
On plonge le tiers inférieur de l'abdomen et les pattes postérieures dans un bain à 3°,5 ; on le fait immédiatement respirer ; 25 litres d'air circulent à travers les poumons en 715" et le chien exhale 1 gr. 48 CO2 ; sa température rectale est descendue à 29°. Or, toute proportion gardée, il devrait exhaler 1 gr. 10; donc, sous l'influence de la réfrigération, l'exhalation pulmonaire de CO2 augmente
d'une manière notable.
On replonge le chien dans l'eau froide; après 10', la
température rectale est à 25°.
On le sort du bain ; en quelques minutes la température est à 21°, l'animal est anesthésié ; il meurt 1 h. après.
Ce fait démontre: 1° qu'il est dangereux d'abaisser à 25° la température du chien ; 2° que l'exhalation de l'acide carbonique augmente par une immersion de 715" dans l'eau froide.
Expérience du 17 février faite sur un chien de 12 k. — Influence du bain très froid sur l'exhalation pulmonaire de CO2.
Le chien exhale, avant le bain, 1 gr. 06 d'acide carbo-
nique en 5' — Température rectale 39°, 1; respiration 24.
On le plonge dans un bain à 2°, 5. Au bout d'une demiheure la température rectale descend à 34°, 6 ; une heure après elle est à 32°, 6, et la respiration à 32. A ce moment l'animal exhale, en 5', 3 gr. 816 CO2.
On plonge de nouveau le chien dans l'eau froide pendant 15'. La température rectale descend à 31°,9 et la respiration reste à 32.
Immédiatement après ce bain l'exhalation pulmonaire de CO2 est de 3 gr. 75 en 5'.
11 faut donc encore conclure que l'élimination de l'acide carbonique par les poumons augmente très notablement sous l'influence du bain très froid, la température centrale de l'animal étant à 32°,6 et à 31°,9.
Expérience du 22 février faite sur un chien de 7 h. — Influence de la réfrigération sur l'exhalation pulmonaire de CO3.
Avant le bain, la température rectale est cà 38°, 9, la respiration à 18° ; l'exhalation pulmonaire de CO2 est de 0 gr. 73 en 5'.
La température du laboratoire est de 9°.
On plonge l'animal dans un bain à 4°, où il reste 24' ; retiré du bain, sa température est à 28°,2, sa respiration à 24; il exhale, en h', 0 gr. 87 GO2; à la fin de la respiration la température est à 27°,5.
On laisse l'animal en dehors du bain pendant 25', puis on recueille les gaz de la respiration : le dosage de CO donne 0 gr.90 pour 5'. Au début de la respiration, la température était à 27° ; à la fin, elle est à 26°, 8.
L'exhalation pulmonaire de CO2 augmente donc pendant
le bain froid, bien que la température centrale diminue: voilà les faits, l'explication viendra plus tard.
a. — Réfrigération et exhalation pulmonaire de CO2 chez