LA RÉFRIGÉRATION
Effets secondaires. — Mais, dit-on, si le bain froid ne diminue pas les combustions au moment de la réfrigération, il les diminue secondairement dans un temps plus ou moins éloigné du bain.
L'expérience est encore contraire à cette opinion, puisque les jours qui suivent l'administration du bain, le taux de l'acide carbonique exhalé est un peu plus élevé qu'à l'état normal.
Voici une expérience qui le prouve.
Expérience du 27 avril faite sur un chien de 7 À-. 500. — Influence de la réfrigération sur les phénomènes chimiques de la respiration, les jours qui suivent le refroidissement.
Avant le bain, la température rectale est à 38°, 8, la respiration à 17, le pouls à 96. —25 litres d'air circulent à travers les poumons en SoO", l'exhalation d'acide carbonique est de 2 gr. 40 en 20'.
On plonge le tiers postérieur du chien dans un bain à
12°. Au bout de 45', la température rectale est descendue à 30°, 8, la respiration à 17, le pouls à 168 par minute.
25 litres d'air traversent les poumons en i'55" ; on trouve 2 gr. 28 d'acide carbonique exhalé ou 9 gr. 2 en 20'.
Le lendemain 28 avril, la température rectale esta 39°,2, la respiration à 16, le pouls à 98 par minute.
25 litres d'air traversent ies poumons en 6'40" ; il y a
0 gr. 88 d'acide carbonique exhalé ou 2 gr. 64 en 20'.
Le 29 avril, 25 litres d'air expirés en 5'20" contiennent
1 gr. 09 d'acide carbonique; l'animal rejette donc 4 gr.09 d'acide carbonique ; température 39°,2, respiration 20, pouls 116.
Le 29 avril, 25 litres d'air circulent en 9'10" et l'animal exhale dans ce temps 1 gr. 16 CO2, c'est-à-dire 2 gr. 53 en 20'. Température 39°,4 ; pouls 52, respiration 12.
Cette expérience démontre : 1° que sous l'influence d'une réfrigération qui fait tomber la température rectale à 30°, 8, on constate une augmentation considérable de l'exhalation pulmonaire de GO2, au moment de l'abaissement de la température rectale; 2° que, les jours suivants, X exhalation 'pulmonaire de l'acide carbonique est toujours un peu plus élevée qu'à l'état normal.
Les pathologistes prétendant que les combustions diminuent beaucoup pendant les jours qui suivent l'administration des bains froids, sont en désaccord avec les faits.
La température centrale au lieu de diminuer après un bain froid revient à la normale ou même la dépasse.
Citons à l'appui l'expérience suivante :
Expérience du 8 mars faite sur un chien. — Influence du bain très froid sur l'exhalation pulmonaire de CO2 et sur la température rectale le lendemain du bain.
Avant le bain, la température rectale est à 38°, la respiration à 22. — 25 litres d'air circulent en 5'4"; l'animal exhale 0 gr. 82 CO2.
A 10 h. 10', on le met clans un bain à 6°; on l'en retire à 10 h. 30'; la température rectale est à 32°,5 ; 25 litres d'air circulent en 2'55" et l'animal exhale 1 gr. 72 CO2; la respiration est à 24.
Le 9 mars la température est à 38°, 4.
Ces dosages montrent que la ventilation pulmonaire est beaucoup plus active après qu'avant le bain, et que l'exhalation pulmonaire de CO2 s'accroît, dans de très notables proportions, après le bain très froid ; de plus, on ne voit pas d'effets secondaires des bains froids qui seraient caractérisés, d'après certains auteurs, par un certain degré d'abaissement de la température. Au contraire, dès le lendemain, la température revient à la normale ou même la dépasse.
Parmi les effets secondaires, il en est un de la plus haute gravité : c'est la continuation de l'abaissement de la température centrale, après la sortie du bain froid.
Jusqu'ici nous ne nous sommes guère occupés du sort final des animaux ; il est cependant très importait de savoir qu'il ne faut pas abaisser la température au-dessous de 30 à 31°, car alors on s'expose à voir survenir des accidents, si l'on abandonne les animaux à eux-mêmes
dans un milieu froid : la température rectale diminue peu à peu et le chien meurt d'hypothermie.
Les bains très froids, même partiels, peuvent donc amener la mort de l'animal en peu de temps.
Aussi est-il dangereux d'administrer des bains très froids et surtout de les prolonger plus que de raison.
En voici un exemple très net.
Expérience du 1er mars faite sur un chien de 6 A., bien portant. Bain f>~oid partiel à 3°. — Mort en 20'.
A 11 h. du matin, on plonge l'animal dans une cuve remplie d'eau à la température de 3°.
A il h. 20', le chien meurt avec une température rectale de 22°. Avant le bain cette température était à 38e, 3.
Il y a donc danger à donner des bains trop froids un peu prolongés.
c. — Diminution de l'acide cauijonique exhalé chez un animal