‹ Études de thérapeutique expérimentale et cliniqueChapitre 9 sur 63 · DONT ON ABAISSE LA TEMPÉRATUHE AU-DESSOUS DE · texte numérisé non relu

DONT ON ABAISSE LA TEMPÉRATUHE AU-DESSOUS DE

L'exhalation pulmonaire de C02 augmente sous l'influence du bain très froid. C'est une loi générale et fondamentale; mais pendant la réfrigération il arrive un moment où la température centrale est tellement basse que l'exhalation pulmonaire de CO2 décroît: à la tin l'animal meurt avec des phénomènes de diminution dans les échanges nutritifs.

Nous pouvons rapporter à l'appui de ce que nous venons d'avancer, l'analyse suivante. Avant le bain un chien exhale, en 5', 0 gr. 86 d'acide carbonique. On le plonge dans un bain à 5°, la température s'abaisse jusqu'à

3°,5; à ce moment l'animal rejette, en 5', 0 gr. 48 d'acide carbonique, chiffre bien inférieur au précédent ; un peu plus tard, la température rectale est descendue à 21°, 3 et le chien exhale 0 gr. M d'acide carbonique.

Enfin d'autres expériences nous montrent que la diminution de l'acide carbonique exhalé, commence à se produire lorsque la température rectale atteint les environs de 26°.

Voici des expériences qui sont démonstratives :

Expérience du 30 décembre faite sur un chien de 7 k. — Influence du bain très froid sur ïexhalation pulmonaire de CO2. Exhalation un peu plus faible lorsque la température rectale est au voisinage de 26°.

Avant le bain, la température rectale est à 39°, 1, la respiration h 18; 25 litres d'air circulent à travers les poumons en 5'45", et l'animal exhale 0 gr. 93 CO2.

On plonge le chien dans un bain à 6°. Après 7' la température est à 34° ; on fait respirer l'animal qui reste plongé dans l'eau. En 6'45", le chien expire 25 litres d'air qui contiennent 1 gr. 02 CO2 ; proportionnellement il devrait en exhaler i gr. 09 ; il y a donc un peu moins d'acide carbonique exhalé.

Notons qu'après ces 6'45", la température rectale est descendue à 26°, la respiration à 16 par minute.

On peut conclure de cette expérience que c'est vers 26° que commence à diminuer l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique.

Expérience du 24 février faite sur un chien del k. — Influence du bain très froid sur V exhalation pulmonaire de CO2.

Avant le bain, la température rectale est à 39°,4, la respiration à 20 par minute.

En 5', l'animal exhale 0 gr. 86 CO2.

A 10 h. 40', on le plonge dans un bain à 5°.

A 11 h., température rectale à 29°.

A 11 h. 10', température rectale à 25°.

A 11 h. 15', température rectale à 33°, 5.

A ce moment, on le retire du bain, on le fait respirer pendant 5', il exhale seulement 0 gr. 49 CO2.

A la fin de cette respiration, la température rectale est à 22°,5.

Au bout d'une demi-heure, la température rectale est descendue à 21°, 3, bien que l'animal soit dans une salle à 15°. On le fait encore respirer pendant 5' et il n'exhale que 0 gr. 41 CO2 ; les respirations sont au nombre de 10 par minute.

Détaché, le chien reste étendu, frissonnant, la respiration très ralentie et la sensibilité très diminuée. Il meurt vers 1 h. de l'après-midi.

Cette expérience démontre que l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique diminue pendant la réfrigération à partir d'un certain degré, qui, chez ranimai, a clé de 23°,5. A partir de ce chiffre, si on abandonne l'animal à lui-même dans les conditions indiquées ci-dessus, on peut être à peu près certain que le chien ne vivra pas.

Expérience faite sur tin chien bien portant. — Influence du bain très froid sur l'exhalation pulmonaire de CO3 et sur les yaz du sang veineux [ventricule droil).

Avant le bain, la température esta 38°,2, la respiration à 18, le pouls à 100.

20 litres «l'air circulent en 8'57", l'exhalation pulmonaire • le l'acide carbonique est de 1 gr. 14, ou 2 gr. 51- en 20', ou 1 gr. 27 en 10'.

L'analyse des gaz du sang du ventricule droit donne les résultais suivants :

9 ce. renferment 4 ce. 9 C02 ou 52 ce. ô 0/0 — — 1 ce. 0 ou 10 ce. 7 0/0

La composition centésimale de l'air expiré en oxygène est de 10 ce. 9.

A 11 b. du matin, on place le chien dans un bain à 11°, 5.

A 3 h. de l'après-midi, la température rectale est de 30", 5.

A 5 h. 30', le pouls est à 2i,.la respiration à 10 et la température reclale à 21°; ranimai exhale 0 gr. 81 d'acide carbonique en 20' ou 0 gr. 105 en 10'.

La composition centésimale de l'air est de 18 ce. 8 0.

L'analyse des gaz du sang du ventricule droit donne les résultats suivants :

9 ce. renferment 4 ce. 4 CO2 ou 47 ce. 3 0/0 — — 1 ce. 5 0 ou 17 ce. 7 0/0

A 6 h. 30', la température rectale est de 19°, 2; Vhyperexcitabilité neuro-musculaire est très accentuée

lorsque la température atteint le chiffre de 20", le moindre choc sur la gouttière détermine des contractions musculaires d'ensemble. 10' après, le chien meurt avec une hypothermie considérable.

Cette expérience montre: 1° la diminution de l'exhalation pulmonaire de CO2 lorsque la température centrale descend à 21°. Avant le bain froid, l'exhalation pulmonaire de GO1 était de 2 gr. 54 en 20', tandis qu'après le bain, au moment où le thermomètre placé dans le rectum marque 21°, le chien exhale seulement 0 gr. 81 dans le même temps; 2° la quantité d'oxygène que renferme le sang veineux pris dans le ventricule droit subit une augmentation. Avant le bain, l'oxygène était de 10 ce. 7 0/0, tandis qu'il a atteint le chiffre de 17 ce. 7 0/0 après le bain, alors que la chaleur est à 21°; 3° l'hyperexcitabilitô neuro-musculaire est très accusée lorsque la température atteint le voisinage de 20°.

D'après la composition centésimale de l'air expiré, l'absorption de l'oxygène subirait les mêmes variations.

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